Pour Franck Darcel, « les Rennais ne veulent plus être des provinciaux » et il milite en faveur de l’identité bretonne à Rennes.

Aux élections municipales de mars 2014, une militante bretonne, Caroline Ollivro, épouse du professeur Jean Ollivro, avait dirigé une liste baptisée « Rennes – Bretagne – Europe ». Il ne fallait pas s’attendre à des miracles : 2261 voix, soit 3,82% des exprimés. Autant dire qu’on ne pouvait pas compter sur l’État pour obtenir le remboursement des frais de campagne ; c’est peut-être pour cette raison qu’en 2020, on ne retrouve pas Mme Ollivro sur la ligne de départ.

Franck Darcel reprend le flambeau

Le flambeau est repris par Franck Darcel, guitariste d’un groupe de rock, Marquis de Sade. Avec la même enseigne : Rennes – Bretagne –Europe. Et un programme très autonomiste : « On est dans une position infantile, vis-à-vis de Paris », dénonce-t-il, expliquant que « nos impôts passent par Bercy avant de nous revenir sous forme de dotations ». La culture a aussi sa place dans les préoccupations de Franck Darcel qui préconise la création d’un musée du patrimoine ducal et une maison des langues patrimoniales, « car l’histoire bretonne, à l’image du mythe arthurien, n’est pas mise en valeur. Il faut que la Bretagne brille » (Ouest-France, Rennes, jeudi 12 décembre 2019).

Le candidat breton va même jusqu’à proposer un changement radical de nos institutions. « La Bretagne mérite mieux que le traitement qu’on lui fait », explique-t-il en voulant s’inspirer du système fédéral pratiqué dans d’autres pays. «  Ce qui devient pesant, c’est l’exception française, avec son système centralisé. Nous sommes rackettés par l’Ile-de-France. Je préfère l’exception bretonne, avec davantage d’autonomie. » (Ouest-France, Rennes 1 – 2 février 2020). Il insiste donc : « Tout le monde veut réveiller Rennes. Mais les autres candidats ne se rendent pas compte qu’on ne peut rien faire : Paris contrôle tout ! » (Libération, lundi 17 février 2020).

Légaliser la vente de cannabis

Le musicien règle la question de la sécurité à sa manière. À Rennes, « on sait que la plupart des tirs d’armes à feu sont liés à des règlements de compte entre dealers. C’est pourquoi nous proposons que l’on légalise la vente du cannabis, afin d’assécher les revenus de la pègre ». Ainsi la police pourrait « se concentrer sur des drogues autrement plus dangereuses » (Ouest-France, Rennes, 15 – 16 février 2020).

Pour le premier tour de ces municipales, le coût de la campagne de la liste dirigée par Franck Darcel est prévu à 9 000  euros (Ouest-France, Rennes, 29 février – 1er mars 2020). Or, d’après L 242 et L 243 du Code électoral, l’État rembourse « aux candidats le coût du papier, l’impression des bulletins de vote, affiches et circulaires, ainsi que les frais d’affichage » à la condition qu’ils aient « obtenu au moins 5% des suffrages exprimés ». Il est donc conseillé aux membres des petites listes de disposer de « réserves financières ».

Bernard Morvan

Crédit photo : Franck Darcel,  Kergoulay/Wikimedia (cc)
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