Pénurie de masques et d’équipements de protection : policiers, médecins et infirmiers seuls face au coronavirus

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En première ligne face au coronavirus, policiers, médecins et infirmiers constatent à leurs dépens combien le gouvernement a été incapable de se préparer un minimum à la pandémie. Pas de masques – voire interdiction d’en porter, pas d’équipements de protection, peu ou pas de consignes… résultat les contaminations augmentent.

Des policiers contaminés ou confinés par dizaines

En première ligne, les policiers se voient parfois intimer l’ordre de ne pas porter de masques. Ainsi, ceux qui sont chargés de faire les contrôles à Paris, ou ceux qui filtrent les entrées du marché de Talensac à Nantes, n’en n’ont pas. La fin des dépistages depuis le 13 mars a agravé les choses : résultat, cinquante policiers de la compagnie départementale d’intervention de Loire-Atlantique sont confinés, ainsi que trois policiers du commissariat de Rezé en contact avec une personne testée positive, et un groupe du centre d’information et de commandement – le personnel qui gère les appels police secours et les effectifs du terrain.

Sur l’ensemble du pays, de plus en plus de policiers et de CRS feraient usage de leur droit de retrait face à cette situation – à l’appel notamment du syndicat Alliance Police, qui s’impatiente. Car pour l’ensemble du pays, il n’y a guère qu’un demi-million de masques pour l’ensemble des policiers. Et si les gendarmes ont demandé 1.25 millions de masques et 120.000 litres de gel, ils n’ont été dotés – de façon très limitée – que dans l’Oise. Les pompiers d’Ile-de-France n’en n’ont que 8000, le SAMU francilien 2000…

Plus de 1000 policiers et gendarmes confinés, et ce n’est pas fini…

Le 16 mars, déjà 625 policiers et 350 gendarmes étaient confinés en France, dans divers endroits, après avoir été en contact avec des cas suspects, toute suspicion valant confinement depuis la fin des dépistages le 13 mars dernier.

Ce nombre ne cesse d’augmenter : ainsi à Toulouse, 30 policiers municipaux sont confinés après que l’un d’eux ait été testé positif, à Paris 400 policiers de la brigade des réseaux franciliens – chargés notamment de la sécurité du métro et du RER – sont confinés après que 7 d’entre eux aient été testés positifs, une vingtaine de policiers de Rouen, du Havre et de Dieppe sont confinés après un cas positif à Rouen, cinq agents confinés à Cambrai etc.

L’administration pénitentiaire s’assoie sur les mesures de confinement ?

Quant aux prisons, sur des millions de masques demandés, 100.000 auraient été distribués… mais avant les policiers, ce qui a le don d’énerver leurs syndicats. Le syndicat UFAP de la maison d’arrêt d’Angers s’impatiente aussi, ce 17 mars : « L’UFAP demande l’application immédiate de l’ensemble des consignes présidentielles. Notre direction ne veut pas appliquer ces mesures du fait que la DAP ne les préconise pas, quand bien même les services judiciaires ont pris des mesures exceptionnelles de réduction de leur activité pour protéger leurs agents.

[…] Il faut notamment limiter drastiquement les contacts afin de ne pas propager le virus. Notre direction nous dit qu’il ne faut pas tenir compte de ces consignes, qu’il ne faut pas tomber dans la psychose et que « ce n’est pas le Président qui nous gère » !! Elle demande aux personnels administratifs d’aller en cellule, de détenus en détenus, sans aucune mesure de protection, avant de rejoindre nos collègues puis nos familles !! »

Infirmières et médecins sous-équipés : des cas de contamination au coronavirus

Du côté des infirmières, ce n’est guère mieux. « Une de mes collègues utilise pendant cinq heures un masque, puis elle le lave, le repasse, et pendant ce temps elle met l’autre, et rebelote », explique une infirmière parisienne, « pas mieux lotie ». Dans un cabinet médical du centre de Nantes, « on en a enfin eu hier [le 18 mars] Mais pas beaucoup, donc on fait durer ». Les infirmières libérales sont en première ligne : sous-équipées, elles pratiquent le système D pour continuer les soins sans se contaminer.

Dans le Canard Enchaîné (19/3/2020), Jacques Battistoni, président du syndicat MG France explique « en réalité le ministère n’avait aucun stock de masques FFP2. Il nous en promet maintenant, car les commandes passées il y a trois semaines commencent à arriver ». Pis, « au CHU de Grenoble le 13 mars, la direction a adressé un mail aux soignants pour qu’ils confectionnent eux-mêmes leur masque avec ‘’deux couches de tissu de coton et une couche de molleton’’ au milieu. Un patron de couture accompagnait même le tuto », écrit encore le Volatile.

« Nous n’avons droit qu’à un masque FFp2 toutes les douze heures, contre quatre heures en temps normal, raconte une médecin réanimatrice du CHU. Nous sommes abasourdis, nous sommes les fantassins du XXIe siècle ! », écrit encore le Canard Enchaîné. Un sous-équipement qui commence à causer des premières victimes : à Paris, un médecin étudiant appelé en renfort serait en réanimation, quatre autres médecins de moins de quarante ans hospitalisés en état grave après avoir été infectés par le coronavirus.

Louis-Benoît Greffe

Crédit photo : DR
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