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Au festival d’Angoulême, le Prix international de la Bande dessinée chrétienne a cette année été attribué à Foucauld, une tentation dans le désert.
En 1880, riche aristocrate désabusé, le jeune Charles-Eugène de Foucauld de Pontbriand dilapide sa fortune en offrant, à ses camarades de l’école spéciale militaire de Saint-Cyr, de somptueuses fêtes. Il y croise ainsi Philippe Pétain, de la même promotion. Il fume, boit, mais s’ennuie terriblement. Trente-six ans plus tard, pendant la Première Guerre mondiale, il est devenu prêtre puis ermite dans le désert saharien. Venant en aide aux populations locales, il vit dans la pénitence et le dénuement. Kaocen, un chef rebelle local, lui sauve la vie et devient son ami. Mais Ghebelli, un autre chef, veut sa mort. Charles de Foucauld meurt ainsi en martyr à Tamanrasset, en 1916, en pleine rébellion Touareg.
Plutôt que de dresser une biographie exhaustive de Charles de Foucauld (1858-1916), le prolifique scénariste Jean Dufaux (Complainte des landes perdues, Murena, Giacomo C.…) s’intéresse à la fin de sa vie, d’où une ellipse de plus de trois décennies. Saint-cyrien puis officier de cavalerie à la fin du XIXe siècle, il ira au Maroc, quittera l’armée, puis rentrera dans les Ordres en 1890. Il vit avec les Berbères, prêchant l’amour de Dieu non pas par des sermons, mais par son exemple. Il pense que l’évangélisation passe par la compréhension des cultures locales. Charles de Foucauld voit dans la colonisation une mission civilisatrice au bénéfice des populations locales, afin de mieux les évangéliser. Il considère impossible l’assimilation des musulmans tant qu’ils ne deviennent pas chrétiens.
Par un dessin d’une grande sensibilité, Martin Jamar (Double masque, Vincent un saint au temps des Mousquetaires) ajoute au récit une véritable touche d’humanité. Sa colorisation lumineuse restitue la chaleur du désert.
Charles de Foucauld a été béatifié en 2005 par le pape Benoît XVI.
Kristol Séhec
Foucauld, Une tentation dans le désert, Dargaud, 14,99 €.
Illustrations : DR
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