Confinés, vous ne voyez plus la Bretagne que par le petit espace de votre fenêtre ? Seuls quelques Parisiens déambulent dans les rues. Voici 24 idées de lecture pour que confinement rime avec questionnement. « Que faire ? » Lénine aura définitivement posé la question pour les siècles des siècles. Bonne lecture à tous !

NB : les résumés constituent les quatrièmes pages de couverture fournies par l’éditeur et ne reflètent pas forcément l’esprit de la rédaction.

FAUT-IL QUITTER MARSEILLE ? INSÉCURITÉ, CORRUPTION, IMMIGRATION, MARSEILLE PRÉFIGURE-T-ELLE LA FRANCE ?, de José d’Arrigo, L’Artilleur

Le 9 février 2015, le jour de la venue du premier ministre Manuel Valls, les policiers ont été accueillis à la cité de la Castellane par des rafales de kalachnikov. Mauvais concours de circonstances ? Malheureux événement isolé ? José D’Arrigo a passé plus d’un an à interroger des marseillais de toutes origines, de toutes confessions et de tous bords politiques pour se faire une idée du climat réel de cette ville, une idée plus précise que celle que « vendent » à longueur de journées sondeurs et autres responsables politiques adeptes de la stratégie de l’autruche. Qu’en retire-t-il ? L’image d’une ville défaite, rongée par le clientélisme et submergée par le chômage. Non, à Marseille, les communautés ne vivent pas « ensemble ». Elles sont désormais dos à dos. Non, Marseille ce n’est pas la « douceur du sud ». Mais plutôt la capitale de la peur. Cette peur que ressentent les policiers dans les cités dites « réfractaires », cette peur qui hante les marins-pompiers régulièrement visés par des snipers lorsqu’ils interviennent sur les feux de poubelles, la peur des parents qui ne pourront plus transmettre à leurs enfants leur patrimoine immobilier qui ne vaut plus grand chose ou encore cette peur qui des jeunes filles qui se font insulter quand elles osent porter une jupe dans certains quartiers. Enfin et surtout, cette peur des émeutes qui tétanise les élus et cette peur ultime qui assaille les journalistes : la peur de la vérité. Bienvenue à Marseille.

COMMENT PERDRE UNE GUERRE. UNE THÉORIE DU CONTOURNEMENT DÉMOCRATIQUE, d’Élie Baranets, CNRS Éditions

À en croire les spécialistes, les démocraties bénéficient d’un avantage militaire décisif. Cela n’empêche pas ces dernières de connaître des difficultés récurrentes, comme le montrent leurs déboires récents. Pourquoi ? De la guerre naissent des impératifs qui procurent aux gouvernants l’occasion d’accroître leurs pouvoirs. Mais le comportement non démocratique de décideurs qui abusent le public sur la réalité de leurs objectifs finit par se retourner contre eux. Ils se condamnent à élaborer leur stratégie dans l’optique de la maquiller, privilégiant la discrétion à l’efficacité. Ces pratiques nourrissent la contestation en interne, jusqu’à rendre l’effort de guerre insoutenable politiquement. Alors qu’il est courant d’affirmer que la démocratie nuit à la bonne conduite des opérations armées, cet ouvrage montre au contraire que c’est de son déni que provient la défaite. Comment le pouvoir parvient-il à contourner ainsi la démocratie ? Comment les acteurs politiques réagissent-ils face au mensonge et à la dissimulation ? Quels sont les effets concrets de ces stratagèmes sur le cours de la guerre ? C’est en s’appuyant sur une étude méticuleuse des campagnes militaires menées par les États-Unis au Vietnam et par Israël au Liban qu’Élie Baranets répond à ces questions aussi cruciales qu’actuelles.

COMMENT PARLER DES LIEUX OÙ L’ON N’A PAS ÉTÉ, de Pierre Bayard, Les Éditions de Minuit

L’étude des différentes manières de ne pas voyager, des situations délicates où l’on se retrouve quand il faut parler de lieux où l’on n’a pas été et des moyens à mettre en œuvre pour se sortir d’affaire montre que, contrairement aux idées reçues, il est tout à fait possible d’avoir un échange passionnant à propos d’un endroit où l’on n’a jamais mis les pieds, y compris, et peut-être surtout, avec quelqu’un qui est également resté chez lui.

PLUS UN POISSON D’ICI 30 ANS ? SURPÊCHE ET DÉSERTIFICATION DES OCÉANS, de Stéphan Beaucher, Les Petits matins

Si nous ne changeons rien, nous aurons vidé les océans de tous leurs poissons avant le milieu du siècle. 80 % des stocks sont actuellement en limite d’exploitation, en cours d’effondrement ou déjà disparus.
Quels mécanismes ont conduit à cette situation ? Pourquoi les États ne jouent-ils pas un rôle de régulateurs ? En quoi les subventions publiques encouragent-elles le pillage des ressources ? Pourquoi les fameux quotas sont-ils inefficaces ? Pourquoi l’aquaculture, loin d’être la panacée, constitue-t-elle une impasse ravageuse pour l’environnement ? Cet ouvrage brosse un panorama mondial de la surpêche ; il avance aussi des solutions pour sauver la ressource autant que l’emploi, notamment par l’inscription de l’activité dans des schémas de développement locaux et non plus dans des logiques industrielles. Pour un tiers de l’humanité, la mer constitue l’unique source de protéines animales. C’est donc bien d’un enjeu de survie qu’il s’agit.

COMMENT PEUT-ON ÊTRE PAÏEN ?, d’Alain de Benoist, Albin Michel

 Entre le paganisme et le christianisme, quelles sont au fond les différences essentielles ? De nombreux historiens avaient avant moi retracé l’histoire de l’affrontement entre les systèmes religieux de l’Europe ancienne et la religion nouvelle qui, surtout à partir du IVe siècle, s’est peu à peu imposée sur le continent européen. De cet affrontement, quelles étaient véritablement les causes ? Sur quels points précis s’opposaient les façons de croire, les théologies, les conceptions du monde ? Les chrétiens, quant à eux, ont au fil des siècles adopté vis-à-vis du paganisme des attitudes assez contrastées. Après s’être attaquée frontalement au paganisme, qualifié d' »idolâtrie » diabolique, l’Église a réalisé qu’elle parviendrait mieux à ses fins en recourant à plus de souplesse. C’est alors que les évêques et les prêtres, suivant les instructions des papes, se sont employés à « récupérer » des lieux de culte traditionnels en leur affectant une destination nouvelle, à attribuer à des saints légendaires des attributs ou des hauts faits qu’on attribuait auparavant à des héros ou à des dieux, à donner aux pèlerinages qui se pratiquaient depuis la nuit des nuits une signification conforme à l’espérance de salut, à greffer sur l’ancien calendrier liturgique des commémorations ou des solennités d’un genre nouveau. Aujourd’hui encore, l’attitude des chrétiens reste ambivalente. D’un côté, le paganisme est à l’occasion toujours décrié et honni. De l’autre, il ne manque pas de bons esprits pour assurer que le christianisme a repris à son compte, et finalement mieux exprimé que lui, « ce qu’il y avait de meilleur » dans le paganisme. Cette idée que le christianisme européen est peu à peu devenu un « pagano-christianisme » n’est pas entièrement fausse, à condition de bien distinguer la théologie des pratiques populaires, mais elle n’est pas sans contribuer à entretenir l’équivoque. C’est pour dissiper cette équivoque que Comment peut-on être païen ? a été écrit.

LE SUD POUVAIT-IL GAGNER LA GUERRE DE SÉCESSION ?, de Vincent Bernard, Economica

La Confédération sudiste pouvait-elle gagner la guerre de Sécession qui ravage les États-Unis de 1861 à 1865, faisant plus de 700 000 morts ?Si oui, comment ? Et quelles cartes n a-t-elle pas su jouer ? À ces questions simples en apparence, des générations d historiens ont diversement tenté de répondre depuis 150 ans, depuis le mythe romancé de la cause perdue jusqu à la froide analyse militaro-militaire en passant par toutes les déclinaisons du « what if » et de la fiction. Cet ouvrage tente de leur apporter, pour la première fois en français, un éclairage aussi complet que possible.

COMMENT TRAUMATISER VOTRE ENFANT. 7 MÉTHODES INFAILLIBLES POUR EN FAIRE UN ÊTRE INDAPTÉ MAIS GÉNIAL, de Jen Bilik et Jamie Thompson Stern, Robert Laffont

Parce qu’il est inévitable de traumatiser son enfant, autant le faire délibérément et en finesse. Et comme à chaque génération doit correspondre un saut qualitatif, pour éviter de reproduire bêtement le traumatisme hérité de ses propres parents, ce petit livre pratique et illustré propose un large éventail de techniques. Chaque parent pourra définir son style, qu’il soit narcissique (moi d’abord), humiliateur (qui anéantira toute assurance chez son enfant), tyrannique (avec harnais de sécurité et caméra baby-sitteuse), copain (qui initiera son enfant à l’alcool et aux drogues) ou négligent (qui, en cas de mauvaises notes, saura consoler son enfant avec des vêtements ou du matériel high-tech).
L’enfant traumatisé fera un adulte complexe et attachant, il aura assez de matière pour écrire un jour ses mémoires. Même s’il risque au début de se révolter contre ces méthodes éducatives, le moment viendra où il comprendra toute l’énergie que vous avez investie dans cette tâche et vous saura gré de l’avoir traumatisé avec un tel dévouement.

EST-IL PERMIS DE CRITIQUER ISRAËL ?, de Pascal Boniface, Robert Laffont

Un livre politiquement incorrect destiné à faire polémique. « Je sais qu’il y a des gens qui, sans me connaître, me haïssent. Le pire c’est que certains sont de bonne foi, car ce qu’ils savent de moi, ce sont des propos déformés et non mes positions réelles. » Auteur, en 2001, d’une note et d’un article sur le conflit israélo-palestinien, Pascal Boniface a été la cible d’une véritable campagne organisée qui a fait beaucoup de bruit dans la presse. Il met ici au jour une réalité singulière: l’impossibilité de critiquer le gouvernement Sharon sans encourir les accusations les plus extravagantes et des mesures de rétorsion qui s’apparentent au terrorisme intellectuel. Les juifs de France sont divers, beaucoup d’entre eux critiquent le gouvernement d’Israël et se rattachent au parti de la paix, tandis que la droite et l’extrême droite ont lancé sur la « communauté » une OPA intolérante visant à rallier tous les juifs français à un soutien inconditionnel envers la politique de la droite israélienne. Dès lors, toute critique de la politique israélienne, toute tentative de traiter du conflit israélo-palestinien, est assimilée à une volonté de détruire Israël et à une position antisémite. Pascal Boniface analyse ce mécanisme dangereux qui risque d’importer en France le conflit du Proche-Orient. Enfin, il donne des informations et des réflexions propres à rétablir une vision équilibrée sans laquelle aucune négociation de paix ne sera possible.

COMMENT FAUSSER COMPAGNIE Á SES GEÔLIERS ALLEMANDS. MANUEL D’ÉVASION, de Géraud de Bonnafos, Pierre de Taillac Éditions

Très concrètement,s’évader implique de quitter le camp au péril de sa vie, de voyager pendant plusieurs jours en terre ennemie, au milieu d’une population hostile dont on peut ne pas maîtriser la langue et de traverser des frontières ou des lignes de démarcation, parfois des mers.  » Après avoir combattu héroïquement lors de la bataille de France, en 1940, Géraud de Bonnafos est fait prisonnier par les Allemands et interné dans un camp pour officiers. Mais son caractère, et les valeurs militaires qu’on lui a enseignées, le poussent à résister, et à entreprendre tout ce qui est en son pouvoir pour s’évader. Il réalise plusieurs tentatives malheureusement infructueuses. Ses conditions de détention se détériorent et son état de santé se dégrade. Sa vie est en danger et, en 1942, il est libéré pour raison sanitaire, les Allemands jugeant impossible que ce mourant reprenne un jour le combat. Le lieutenant de Bonnafos continuera la lutte à sa manière : en enseignant les techniques d’évasion ! Ce manuel est tiré d’une conférence qu’il a prononcée pendant la guerre dans un sanatorium. Il y détaille les conditions de détention et toutes les techniques d’évasion qu’il a vu réussir. Surprenant et plein d’humour, ce texte fait découvrir l’incroyable ingéniosité dont ont fait preuve ces soldats français qui ont réussi à s’échapper…

COMMENT MASSACRER EFFICACEMENT UNE MAISON DE CAMPAGNE EN DIX-HUIT LEÇONS, de Renaud Camus, Privat

Dès les premières lignes, Renaud Camus donne le ton de cet ouvrage à la fois polémique et teinté d’une bonne dose d’humour. De l’ajout d’une véranda à la suppression des crépis, sans oublier l’achat
de meubles de jardin en matière plastique, il nous délivre, en dix-huit leçons, tous les secrets et astuces pour rendre  » méconnaissable, hideuse, cauchemardesque […] une maison proprement délicieuse « . Que l’on soit riche ou désargenté, le massacre de maison de campagne est une activité où tout le monde a les mêmes chances de réussite. Il suffit pour cela de faire preuve d’une  » ingéniosité toute joueuse, d’esprit d’invention dans le gâchis et de sûreté dans le mauvais goût « …

COMMENT GAGNER SA VIE Á LA CAMPAGNE. S’INSTALLER, PRODUIRE, VENDRE, de Christine Delbove, Grimal Éditions

En 2008, selon une étude du Centre national d’aménagement des structures et exploitations agricoles, 8 millions de personnes vivant dans des agglomérations de plus de 100 000 habitants aspirent à s’installer à la campagne. 3 millions d’entre elles ont l’intention de le faire dans les cinq ans à venir. Les deux tiers de ces personnes ont moins de 50 ans et sont cadres ou employés du tertiaire. Une sur quatre a un projet précis. Ce livre été conçu pour tous ceux qui souhaitent améliorer leurs conditions de vie sur une exploitation agricole existante sans avoir la possibilité de s’agrandir et à tous ceux qui veulent s’installer à la campagne et créer leur propre entreprise. Très pratique et contenant de nombreux témoignages, cet ouvrage aborde la réglementation, les montages financiers, les aides, les formations, la commercialisation et donne aussi de nombreuses pistes pour augmenter ses revenus : gîtes ruraux, fermes auberges, élevages (chevaux, poneys, chiens, porcs, escargots, etc.), ou produits fermiers (miel, lait de jument, fromages, fruits, mohair, etc.).

COMMENT REMPORTER UNE COURSE CYCLISTE ?, de Peter Cossins, Marabout

Comment gagner au sprint ? Comment bluffer ses rivaux ? Comment s’imposer en montagne ? Comment survivre au gruppetto ? Comment savoir s’échapper ? Comment gagner une classique ? Comment gagner le Tour de France ? Comment courir sous le vent ? Comment gagner un contre-la-montre ? Comment remporter une course cycliste ? Rien n’est aussi sublime qu’un coup de bluff bien préparé et joué à la perfection, lorsqu’un coureur tente quelque chose qui laisse ses adversaires sur place. A partir d’exemples concrets issus de la course cycliste des premiers Tours de France à aujourd’hui et des témoignages des plus grands coureurs et de directeurs sportifs, Peter Cossins décrypte le cyclisme de l’intérieur : les stratégies, les tactiques, les coups de bluf… En un mot, l’art de la course.

COMMENT DEVENIR LE NOUVEAU MARC LÉVY, d’Arnaud Demanche, Jungle

Un ouvrage caustique et grinçant pour apprendre à écrire un best-seller, celui qui vous fera gagner des millions ! Toutes les ficelles pour construire une intrigue réussie, selon le genre de prédilection (littérature pour enfants, mummy porn, thriller…) Des tests pour définir votre profil d’écrivain Que faire si vous écrivez mal ? Choisir une couverture efficace et poser de manière cool et décontractée (devant un arbre, avec une écharpe, pipe ou pas pipe, devant une bibliothèque, quels vêtements choisir : les « bien » et les « pas bien »…). Se comporter dans les médias et faire le buzz.

FAUT-IL MANGER LES ANIMAUX ?; de Jonathan Safran Foer, Points

Convoquant souvenirs d’enfance, données statistiques et arguments philosophiques, Jonathan Safran Foer interroge les croyances, les mythes familiaux et les traditions nationales avant de se lancer lui-même dans une vaste enquête. Entre une expédition clandestine dans un abattoir, une recherche sur les dangers du lisier de porc et la visite d’une ferme où l’on élève les dindes en pleine nature, J.S. Foer explore tous les degrés de l’abomination contemporaine tout en se penchant sur les derniers vestiges d’une civilisation qui respectait encore l’animal. Choquant, drôle, inattendu, ce livre d’un des jeunes écrivains américains les plus doués de sa génération a déjà suscité passions et polémiques aux Etats-Unis et en Europe.

POURQUOI LES NUITS PARISIENNES SONT NULLES (ET NE CRÉENT PAS D’EMPLOI), de Christian Harbulot, François Bourin Éditeur

Paris s’ennuie la nuit et se provincialise. Une étude, commandée en 2009 par la Mairie de Paris – entre autres -, et conçue par l’Ecole de guerre économique, formation de 3e cycle (ESLS-CA), l’atteste : le « rapport sur la compétitivité nocturne de Paris » face à d’autres capitales européennes telles que Berlin, Amsterdam, Londres et Barcelone, met la capitale française sous éteignoir. Comment en est-on arrivé là, après les flamboyantes années 1970-1990 ? Les rédacteurs de l’EGE ont utilisé une technique des sciences commerciales pour mieux comprendre le phénomène parisien : celle d’une comparaison avec d’autres métropoles euroépennes selon « l’analyse SWOT », à savoir l’établissement d’un carré des forces (Strengths), des faiblesses (Weahnesses), des opportunités (Opportunities) et des menaces (Threats). Les auteurs ont découvert chez nos voisins européens, une réelle stratégie qui fait de la nuit un levier de croissance pour la culture, l’emploi et l’économie. Les nuits parisiennes créeront-elles de l’emploi ?

COMMENT TRUQUER UN MATCH DE FOOT ? DES RÉSULTATS DE MATCH DE LA COUPE DU MONDE ÉTAIENT CONNUS D’AVANCE…, de Declan Hill, Florent Massot Éditeur

De la Coupe du monde aux plus grands championnats, une enquête exclusive sur les mafias du football. Comment truquer un match de foot ? est la plus explosive histoire de corruption sportive de notre temps. Poussé par son amour inconditionnel du football et le besoin de savoir ce qui se passe réellement dans le sport le plus populaire du monde, Declan Hill se retrouve face à face avec l’industrie illégale du jeu asiatique et les milliards de dollars qui y sont brassés. Plus de deux cents personnes sont interviewées : parieurs illégaux, tueurs à gages de la mafia, flics en civil, joueurs de foot internationaux de haut niveau, arbitres et officiels sportifs. Il rencontre des hommes qui déclarent avoir réussi à truquer les résultats des plus grands matchs. D’abord extrêmement sceptique, Hill voyage aux quatre coins du monde pour corroborer leurs dires. Il découvre des ligues de football où plus de 80 % des jeux ont été truqués par des gangsters. Dans ce livre, Hill décrit la structure et les mécanismes des mafias du jeu, ce que joueurs de foot et arbitres font (ou ne font pas) pour influencer les résultats de leurs matchs. Pourquoi des athlètes qui bénéficient d’un statut prestigieux et de bons revenus prennent part à des trucages, comment et pourquoi les responsables de clubs achètent leurs adversaires ? Ce livre modifiera pour toujours la façon dont vous voyez le sport de haut niveau d’aujourd’hui. Pour que cela change demain.

FAUT-IL ARRÊTER LE TOUR DE FRANCE ?, de Béatrice Houchard, Larousse

Depuis 1968, des vainqueurs du Tour de France ont contrevenu, à un moment ou à un autre de leur carrière, à la réglementation antidopage. Ces dernières années, le rêve a tourné au cauchemar : équipes exclues, coureurs déclassés… Mais le dopage n’est-il pas vieux comme le Tour – cette compétition qui est aussi une fête, et un peu de la France elle-même ? Et pourquoi s’en prendre au seul cyclisme, alors que d’autres sports connaissent les mêmes dérives ?

QUE FAIRE DES CORPS DES DJIHADISTES ? TERRITOIRE ET IDENTITÉ, de Riva Kastoryano, Fayard

Que faire des restes de corps des auteurs des attentats suicides de New York (2001), de Madrid (2004) et de Londres (2005) ? Cet ouvrage analyse la réponse apportée à cette question par les États-Unis, l’Espagne et la Grande-Bretagne à partir des rapports officiels qui retracent les trajectoires de ces djihadistes entre 2001 et 2005 en Occident, mais aussi d’entretiens menés dans chacun des pays avec des autorités publiques, des acteurs locaux, des représentants des communautés locales dans le pays d’immigration et dans le pays d’origine. Pour ces États, l’enterrement des bombes humaines explosées sur leur territoire n’est pas un enjeu : ni juridique, ni politique, ni diplomatique. Leur réaction vis-à-vis de ces corps a une portée symbolique et morale. Elle renvoie à la légitimité de l’ennemi et à la reconnaissance de sa cause comme de sa mort. L’enterrement de ces jeunes qui, animés par une narration identitaire sur leur appartenance à l’Oumma – une nation globale sans frontières –, rejettent tout attachement à une terre, pose la question du territoire comme appartenance. Les trois cas étudiés ici renvoient en fait à la notion de guerre non territoriale, avec le corps comme arme échappant au contrôle de l’État et rendant la justice inapplicable.

COMMENT PEUT-ON ÊTRE BRETON ? ESSAI SUR LA DÉMOCRATIE FRANÇAISE, de Morvan Lebesque, Points

La démocratie française existe-t-elle ? Ou bien nous a-t-on leurrés : le mot France et le mot démocratie sont-ils même compatibles ? Telle est l’autre face d’un problème que Morvan Lebesque entreprit d’exposer, parce qu’il l’avait vécu dans son cœur, celui de la bretonnité. La France et la Bretagne peuvent-elles aller de pair ? Du récit de son enfance nantaise, de la honte et de l’honneur d’être breton, à la conception d’une Europe qui regrouperait non les Etats-casernes, mais les vrais peuples qui la constituent, l’ancien chroniqueur du Canard enchaîné conte et raconte l’histoire d’une oppression culturelle. Dans cet ouvrage devenu une référence, il réclame pour sa patrie bretonne une reconnaissance pleine et entière, et, pour les Français, la liberté.

COMMENT NE PAS PAYER SES DETTES Á SON BANQUIER AVEC LA LOI, de Serge Maître, Librio

Incidents de fonctionnement, agios, frais d’intervention… La lecture d’un relevé bancaire tient de la traduction d’une langue étrangère ? Si tel est le cas, ce guide vous intéresse. Loin d’être un ouvrage jargonneux destiné aux juristes spécialisés en droit bancaire, il vous apprendra que vous avez des droits et vous expliquera comment les faire valoir, exemples à l’appui. Comment suspendre des échéances sans frais ? Comment gérer un découvert ou alléger les traites de son prêt ? A quoi sert une commission de surendettement ? Serge Maître répond à toutes ces questions, et à bien d’autres, en livrant des modèles de lettres de réclamation, une liste des décisions judiciaires citées, et un lexique pratique des termes bancaires et juridiques.

LE COMMUNISME EST-IL SOLUBLE DANS L’ALCOOL ?, d’Antoine et Philippe Meyer, Points

« Quelle est l’histoire la plus courte ? – Le socialisme. – Et la plus longue ? – Le chemin vers le socialisme. » Courtes ou longues, gaies ou amères, quelquefois triviales et souvent subtiles, les histoires qui courent les pays de l’Est sont la réponse des peuples aux vérités officielles des États-partis. Plus insaisissables que Radio-Prague libre en 1968, « Radio Bonne-Femme » ou « Radio-Erevan », qui les diffusent sans émetteur ni récepteur, sans horaires ni programme, ne se tairont que le jour où disparaîtront la dictature et la corruption des appareils, l’omniprésence policière et la vigilance de la censure, les absurdités de la bureaucratie et l’internationalisme des tanks. Recueillies de la bouche de dissidents et de voyageurs, les histoires que regroupe ce livre font éclater le burlesque propre au système communiste, en même temps que la force des peuples dictateurs malgré eux : « Cette mâle gaieté, si triste et si profonde… »

SUFFIRAIT-IL D’ALLER GIFLER JEAN D’ORMESSON POUR ARRANGER UN PEU LA GUEULE DE LA LITTÉRATURE FRANÇAISE ?, de Romaric Sangars, Pierre Guillaume de Roux

Car qui incarne Jean d’Ormesson ? Tout compte fait presque rien. Ce qu’il a produit n’est qu’un incessant bavardage dénué du moindre style mais glaviotant avec gourmandise une érudition de surface n’ayant d’autre effet que de se donner un air de philosophe et charmant à l’heure du thé, entouré de trois vieilles filles du centre droit, sans s’apercevoir, ravi de gloussements divers, qu’à l’extérieur le monde s’écroule. Dès qu’il est question de gouffre ou de points fondamentaux, Jean d’Ô s’éclipse, sceptique, avec un sourire poli et s’en va prendre le thé ailleurs. S’il s’agissant d’insouciance… Non, nous ne vieillirons pas avec Jean d’Ormesson, la fausse valeur l’on nous fait gober sous les jupons dorés de « La Pléiade ». Non, nous n’irons plus au bois. Les lauriers sont truqués.

CORSE : DE QUOI LA MAFIA EST-ELLE LE NOM ?, de Sampiero Sanguinetti, Albiana

Depuis plusieurs années, et aujourd’hui plus que jamais, revient dans le débat insulaire la question d’une criminalité souterraine. « Une mafia » régnerait en maître sur l’île. Mais qu’entend-on exactement par « mafia corse » ?

COMMENT UN ADOLESCENT MANIACO-DÉPRESSIF INVENTA LA FRACTION ARMÉE ROUGE AU COURS DE L’ÉTÉ 1969, de Frank Witzel, Grasset

Un adolescent de treize ans et demi, enfant de chœur souffrant de troubles mentaux, durant l’été 1969. En 98 chapitres et autant de formes littéraires (monologue intérieur, récit d’aventure, traité philosophique, etc.), le romancier allemand Frank Witzel nous raconte son histoire, et à travers elle, celle de la République Fédérale d’Allemagne de l’après-guerre, jusqu’à l’irruption de ce groupuscule terroriste tristement célèbre nommé Fraction Armée Rouge. Un livre-somme, un livre-monde qui relève du roman psychologique autant que de la fresque historique.

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