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Fléau habituel des temps de Pâques et de Ramadan, les vols de moutons se multiplient à nouveau en Loire-Atlantique. Le confinement n’empêche pas les voleurs d’aller parfois très loin dans le département, voire dans les départements limitrophes puis de ramener leur butin sur Nantes.
Dans la nuit du 7 au 8 avril, des voleurs se sont ainsi introduits à la CAVEB, à Châtillon-sur-Thouet dans les Deux-Sèvres, et se sont emparés de 44 agneaux ainsi que de trois brebis dans une ferme voisine, ainsi que de 40 litres de carburant. Les trois monospaces des voleurs sont repartis par Bressuire puis par la RN249. Ils ont été repérés par la gendarmerie équipée d’un hélicoptère à Vertou, à 120 km de là – deux des trois véhicules ont pu être stoppés, et 39 des 44 agneaux récupérés, dont 18 étaient morts depuis le début du vol. L’exploitation estime le préjudice à 8 000 €.
Dans la même nuit, 14 brebis et 23 agneaux ont été volés à Saint-Étienne-de-Montluc. D’autres ont été signalés à Sion-les-Mines, Trans, Saint-Mars-du-Désert et Nozay. Et ce bien que le gigot semble avoir moins la cote avec le confinement – 20 à 30 euros par bête pour les éleveurs, avec un prix moyen à 6,50-7 € le kilo. Pour déjouer les vols, les éleveurs utilisent des caméras, font des rondes – les gendarmes d’Ancenis également – voire se tournent vers d’autres activités, lassés des vols à répétition.
Depuis le 17 mars, plus de 150 moutons ont été volés en Loire-Atlantique – plus du double même selon des estimations parvenues aux services d’enquête. Des vols ont été relevés dans les environs de Ligné, d’Ancenis, Trans-sur-Erdre, Héric, dans l’agglomération nantaise. À Ligné même, la gendarmerie a empêché le vol de 25 bêtes pré-emballées – avec les pattes arrières entravées par du fil de fer, prêtes à être chargées. Ce sont principalement les agneaux de trois semaines qui sont visés, les plus gros.
Ce dimanche 12 avril, rebelote, les voleurs frappent de nouveau. Vers 2h20, équipés de trois Monospace là encore, ils frappent un élevage de Trans-sur-Erdre. Pris en chasse par les gendarmes, ils sont poursuivis sur 40 km jusque sur le périphérique nantais, à 170 km/h. Un véhicule est récupéré sur le pont de Bellevue – les passagers sont en fuite, mais le conducteur âgé de 27 ans est interpellé et trois moutons récupérés. Un autre est récupéré à Saint-Herblain, avec 4 moutons dedans et 7 dehors, mais aucun passager. Un dernier a réussi à semer les gendarmes avec son chargement et ses complices.
Des carcasses de mouton ont aussi été constatées dans une tranchée à la lisière d’un camp de Roms, près de la Janvraie à Nantes, en marge d’une affaire de refus d’obtempérer et d’une course-poursuite ce dimanche. D’autres vols de moutons pourraient avoir lieu pendant la période de Ramadan, du 24 avril au 23 mai. « Les mosquées sont fermées, mais ça n’a rien à voir avec la pratique cultuelle. Y a tout un trafic qui est lié à ça, et chaque année on bat des records de vols, même si ça se passe essentiellement en zone gendarmerie, les clients sont ici, à Nantes et autour, à Saint-Nazaire aussi, un peu. Et puis il faut reconnaître que la tradition de recevoir à Pâques a plutôt été respectée aussi, confinement ou pas, alors… » relève un policier nantais. En théorie, le confinement strict est censé durer jusqu’au 11 mai…
Louis Moulin
Illustration : DR
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