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Contrairement à ce qui est souvent affirmé, J’accuse, réalisé à la fin de la Première Guerre mondiale, n’est pas un film pacifiste. Son réalisateur, Abel Gance, y dénonçait les profiteurs de la guerre qui avaient méprisé le sacrifice des poilus.

Été 1914, dans un village de Provence. Jean Diaz (Romuald Joubé), joyeux poète à la santé fragile, rencontre au cours d’une fête traditionnelle la belle Edith (Maryse Dauvray). Celle-ci est mariée à François Laurin (Séverin-Mars), paysan jaloux et brutal, qui la rend malheureuse. Ils sont attirés l’un vers l’autre mais ne trompent pas François. La guerre éclate. Au front, Jean et François apprennent à s’estimer. Courageux, Jean réalise seul un exploit militaire. Mais Édith, réfugiée dans les Ardennes, est violée par des soldats allemands. Elle finira par rentrer chez elle, avec un enfant né du viol. Réformé, Jean a des visions macabres : il voit passer le cortège des mères en deuil et des blessés. François meurt à l’hôpital de ses blessures. Lors d’une nouvelle vision de Jean, les morts se mettent en marche pour vérifier que leur sacrifice n’a pas été vain. En leur nom, Jean accuse les femmes infidèles et ceux qui se sont enrichis de la guerre…

J’accuse est un film français d’Abel Gance sorti le 25 avril 1919. Les soldats se battaient encore au front lorsque Gance a tourné J’accuse, l’un des premiers films sur la Première Guerre mondiale.
Le véritable sujet du film n’est pas le trio amoureux mais la Grande Guerre. D’une durée de 2h46, ce long film montre chaque étape de la guerre : la joyeuse mobilisation, l’entrée en guerre, la vie dans les tranchées, les pilonnages de l’artillerie… Comme la plupart des films de cette période, l’Allemand est décrit comme une brute.

Sur le plan artistique, on reste surpris par la modernité de ce film : montage dynamique, mouvements de caméra… Son réalisme laisse souvent la place à un aspect mythique. Ainsi en est-il de la scène nationaliste du chef gaulois, symbole de la résistance à l’invasion étrangère, qui vient soutenir les poilus dans leur combat. Une autre scène est restée célèbre : les morts joués par des gueules cassées se lèvent et marchent vers les civils pour les accuser de s’être mal comportés pendant la guerre : les femmes infidèles, les profiteurs de guerre…

Après avoir tenté d’adapter Voyage au bout de la nuit de Louis-Ferdinand Céline, Gance réalise une seconde version de J’accuse, parlante, en 1938, lui donnant un sens pacifique qu’elle n’avait pas à l’origine. En 1919, les morts se réveillent pour vérifier que leur sacrifice n’a pas été inutile. En 1938, ils se réveillent pour condamner la guerre.
Extrait
https://www.youtube.com/watch?v=SNDwVK7Gwlw
Kristol Séhec
Crédit photos : DR
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Une réponse à “« J’accuse » d’Abel Gance, chef-d’œuvre du cinéma muet, a 100 ans !”
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