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Malgré le coronavirus, les « Bretons » de Kercado sont fidèles au poste. Ce sont de vrais commerçants, pas des postiers… Ont-ils voté Robo aux dernières élections municipales ?
« Les européennes, c’est la guerre électronique : on voit ça de loin, à la télé. Alors que, les municipales, c’est un combat de rue. Et ça peut créer des inimitiés pour trente ans », avait expliqué Édouard Philippe lors d’un petit déjeuner de la majorité à Matignon (Le Canard enchaîné, 3 juillet 2019).
Premier « combat de rue » : « l’investiture macroniste accordée à Vannes au doyen de la fac de droit, Patrick Le Mestre, contre David Robo, le maire sortant, un LR qui a pourtant soutenu Nathalie Loiseau aux européennes » (Le Canard enchaîné, id.). Pourtant Robo faisait figure de Macron – compatible… Mais il faut croire que Jean-Yves Le Drian n’était pas de cet avis ! En Bretagne, pour tout ce qui concerne les affaires de la majorité, le ministre des Affaires étrangères a forcément son mot à dire. Et comme Le Drian a de la mémoire, il se souvient évidemment qu’aux élections régionales de décembre 2015, c’était la guerre entre les deux hommes. Le Drian dirigeait la liste dite « de gauche », tandis que Robo était rallié à Marc Le Fur qui conduisait celle « de droite ». Robo avait aggravé son cas en occupant la première place de la « section Morbihan » de la liste Le Fur. « Robo ? « C’est un petit con. Je vais le cogner. J’irai au régionales pour ça », avait confié Jean-Yves Le Drian avant le scrutin, dans un Falcon ministériel l’emmenant à Niamey (Le Télégramme, Bretagne, samedi 15 juin 2019).
À la vérité, David Robo n’est plus tout à fait « LR » puisqu’il avait annoncé en septembre 2017 qu’il ne reprendrait pas sa carte chez les Républicains. « Mais je reste divers droite », annonçait-il (Ouest-France, Bretagne, vendredi 1er septembre 2017). Il a démontré, lors de ces élections municipales, que le leader de la droite vannetaise, c’était bien lui. En effet sa liste (« Vannes c’est vous ») l’emporte dès le premier tour (50,92% des suffrages exprimés), devançant aisément celle de la gauche (20,53%) et celle des Marcheurs (15,97%). Mais 140 voix en moins auraient suffi pour que Robo soit invité à participer au second tour.
On notera qu’en Bretagne, Vannes est la seule ville moyenne où la question des municipales a été réglée en un seul tour. Les électeurs de Saint-Nazaire, Quimper, Lorient, Saint-Herblain, Saint-Malo, Saint-Brieuc et Rezé, auront, eux, droit à un second dimanche.
Autre motif de satisfaction pour David Robo, le petit commerce local maintient son activité ; on ne faiblit pas. C’est ce que nous montrent les « Bretons » de Kercado qui participent à « l’attractivité » de la ville. « En ce moment, les dealers du quartier de Kercado, à Vannes, ne lésinent pas sur les spots promotionnels sur le réseau social Snapchat : « Nous sommes les seuls en poste à Vannes, oubliez les autres lieux de vente, ils ont été éteints par le corona. Ces [sic] au bâtiment 6 que tout se passe », y écrivent-ils. A l’appui de leurs dires, ils proposent des réductions sur les achats groupés et offrent même un jeu à gratter pour deux sachets de « beuh » (herbe) achetés. Par les temps qui courrent, tout est bon pour attirer le chaland » (L’Obs, 2 avril 2020).
Conclusion : Vannes est une ville où il fait bon vivre. Avec un maire content de lui : « Je suis un pragmatique, un réaliste », déclarait Robo au soir du premier tour (Ouest-France, Morbihan, lundi 16 mars 2020).
Bernard Morvan
Photo : DR
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