Dassault Systèmes, champion mondial du logiciel, n’appartient pas à « Produit en Bretagne »

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Charlès et Hénaff voient la crise depuis leur fenêtre… Le premier se veut théoricien et le second pratique.

Le discours d’un grand patron et d’un petit n’est pas le même. Ils ne jouent pas dans la même cour et ne possèdent pas les mêmes préoccupations. Pour Bernard Charlès, de Paimpol, directeur général et vice-président du conseil d’administration de Dassault Systèmes, il y a lieu de « prendre conscience de la fragilité de nos systèmes. C’est assez fondamental. Cela doit nous faire notamment réaliser qu’il y a une différence entre la possibilité de prévoir ce type de crise et la capacité de gérer. » On peut bien sûr lui objecter que les catastrophes sont par nature imprévisibles : « Certes, mais le fait qu’un événement soit imprévisible n’empêche pas de le prévenir. Il est important de comprendre ce découplage. La question n’est pas de savoir à l’avance qu’un virus va couper les chaînes d’approvisionnement, mais de penser à ce que l’on fait si les chaînes d’approvisionnement sont rompues, quelle qu’en soit la cause. Cela s’appelle  l’analyse par les perturbations, et cela permet de mesurer la résilience du système. Ce type d’examen ne doit plus se limiter à la sphère financière. Le problème – et je dis cela sans jugement – est que peu d’équipes dirigeantes dans le monde ont une bonne compréhension de cela » (Le Point, 26 mars 2020).

Les soucis de Loïc Hénaff, de Pouldreuzic, président de Produit en Bretagne et PDG du pâté Hénaff, semblent beaucoup plus terre à terre. « Par la force des choses, la production locale ainsi que la livraison à domicile retrouvent de l’intérêt puisque de toute façon on ne peut acheter que localement. Les Bretons se sont mis à fréquenter davantage les magasins locaux. Les supérettes, les magasins bio, les petits supermarchés ruraux connaissent un trafic accru mais qui n’est pas facile à gérer. » Et c’est évidemment l’occasion d’encourager le localisme : « Nous voulons faire prendre conscience à tous que c’est l’économie bretonne en général qu’il faudra faire tourner. Il ne suffit pas d’acheter des fraises et des yaourts bretons. Il va falloir aussi acheter les services des entreprises bretonnes : cabinets conseils, cabinets d’avocats, transporteurs, fabricants, constructeurs » (Le Télégramme, samedi 11 avril 2020).

Il est probable que Charlès et Hénaff n’ont jamais eu l’occasion de se rencontrer. Pourtant un échange de vue entre les deux hommes serait étonnant… et enrichissant.

Bernard Morvan

Crédit photo : DR
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