Julien Quemener. Quand un policier noir tuait un jeune Blanc, en France, dans l’indifférence médiatique

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La presse mainstream blanche et française se prend à fantasmer plus que de raison sur la « révolte » de Noirs aux USA à la suite de l’affaire Georges Floyd. Outre les statistiques, qui démontrent que les Noirs américains sont majoritairement tués par d’autres Noirs (et qu’ils commettent 51 % des homicides en ne représentant que 13 % de la population des USA), il est intéressant de rappeler une affaire qui n’avait pas ému plus que cela les journalistes français, il y a quelques années, en 2006. L’affaire Julien Quemener.

Le 23 novembre 2006, après une victoire chez les Nord-Irlandais de Derry City (2-0) et un bon nul en Roumanie, face au Rapid Bucarest (0-0), le PSG accueille l’Hapoël Tel-Aviv en Coupe d’Europe et s’incline finalement 4-2. Une humiliation dans le stade, et un drame à venir Porte de Saint-Cloud, à l’extérieur du Parc des Princes.

À la sortie du stade, la situation se tend entre supporteurs parisiens et supporteurs du club israélien. Un supporteur de confession juive est alors coursé (Yaniv Hazout, 23 ans) par d’autres alors qu’il rentre chez lui avec des amis.  « Je me suis mis à courir quand je me suis senti menacé par les personnes qui couraient derrière moi », témoigne-t-il à l’époque sur les ondes de RMC.

De faction sur la place de la Porte de Saint-Cloud, Antoine Granomort, policier en civil au service régional de la police de transports parisiens, intervient alors. Le fonctionnaire sort de sa voiture, mais sans brassard au bras, qui indiquerait alors son appartenance aux forces de police. Il est alors mis à terre par des supporteurs qui ne le croient pas, ce dernier n’ayant à aucun moment prouvé qu’il était policier. Paniqué et perdant tout sang froid malgré sa formation présumée, il tire une balle qui touche deux personnes, deux fans du PSG : Mounir Douchaer, qui sera gravement blessé, et Julien Quemener, 25 ans, technicien en électro-ménager, qui décèdera sur le coup.

À la suite de la mort de Julien Quemener, une longue marche réunissant quelques jours plus tard supporteurs nantais et parisiens, à Nantes, se déroulera. Aucune émeute, aucun incident. Aucune déclaration politique fracassante. Et aucune compassion dans la presse mainstream, certains journalistes allant même jusqu’à salir Julien Quemener car membre de la tribune Boulogne.

Judiciairement, l’affaire sera vite enterrée alors que rien ne permet d’affirmer que la « victime » était en danger. Réfugiée dans un fast-food, celle-ci était ensuite rentrée tranquillement chez elle en ignorant tout du drame qui venait d’arriver. Le policier impliqué, quant à lui, était dans le collimateur de sa hiérarchie : impliqué dans une escroquerie à la carte bancaire, il sera limogé un an plus tard de la police.

Finalement, Antoine Granomort a bénéficié d’un non-lieu, la justice ayant estimé qu’il avait agi en état de légitime défense et cela malgré d’importantes zones d’ombre et de doutes.

Un flic noir, un supporter blanc du PSG et un autre de l’équipe de Tel-Aviv : forcément, c’était classé d’avance par la justice et par la presse. Les parents de Julien Quemener, eux, n’ont jamais obtenu justice. Quand un policier noir tuait un jeune Blanc, en France, dans l’indifférence médiatique…

Illustration : DR
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