Nanoparticules. Nos assiettes empoisonnées ?

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L’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de L’Alimentation (ANSES) dresse un état des lieux de la présence des nanoparticules dans l’alimentation. De très nombreux produits du quotidien sont concernés. Les enfants sont en première ligne : ce sont les aliments pour enfants qui sont les plus concernés avec le lait infantile, les confiseries et les céréales du petit-déjeuner. L’agence a indiqué qu’il a été difficile de collecter des informations sur le dossier. Ceci est certainement lié au manque de collaboration des industriels et des infractions massives à l’obligation d’étiquetage.

Nanoparticules, qu’est-ce que c’est ?

Le site Novethic.fr donne une définition précise :

Les nanoparticules, également appelées particules ultrafines (PUF), sont des molécules dont la taille varie entre 1 et 100 nanomètres (1 nm = 10-9 m = 0,000000001 m). Elles sont donc plus grandes que des atomes et plus petites qu’une cellule. On distingue les nanoparticules « élaborées », fabriquées artificiellement, et les « émissions secondaires », sous-produits d’une réaction, comme les particules présentes dans la fumée de cigarette ou les émissions de diesel.

Les nanoparticules artificielles sont fabriquées soit par fractionnement d’un matériau massif (approche descendante), soit par agglomération d’atomes (approche ascendante). Elles se présentent sous la forme de poudres, de gel ou de solutions. Leur intérêt réside dans leur taille qui leur confère des propriétés physico-chimiques inédites. Une même molécule peut d’ailleurs être inactive à l’échelle microscopique (10-6 m), et devenir très efficace à l’échelle nanoscopique.

Il existe des nanoparticules de n’importe quel matériau : carbones, céramiques, métaux, etc. On ne peut donc pas parler de façon générique des nanoparticules : chacune a ses propres caractéristiques, notamment en ce qui concerne la toxicité et la pénétration. Elles sont aujourd’hui utilisées dans de nombreux domaines : électronique, cosmétique, automobile, chimie, textile, pharmacie, agroalimentaire, optique, etc.

Les nanoparticules peuvent représenter un risque pour la santé à cause de leur petite taille. Les nanoparticules ont une taille qui les place entre la matière macroscopique et l’échelle moléculaire, elles sont dangereuses pour l’organisme, car elles sont plus petites que nos cellules. Elles sont si petites qu’elles traversent notamment sans difficulté la barrière encéphalique chez les humains.

Leur impact n’est pas encore bien connu, car l’usage des nanomatériaux ne date que des années 1990. L’évaluation des risques liés aux nanotechnologies a du retard. Et si les experts sont unanimes sur la nécessité d’augmenter les recherches, l’ampleur de la tâche est titanesque. Des centaines de nanomatériaux différents sont déjà sur le marché français. La recherche publique française consacre aujourd’hui moins de 5 % de son budget « nano » à cette question des risques. Plusieurs associations réclament une contribution financière des entreprises.

Les nanoparticules peuvent également avoir un impact négatif sur l’environnement, car à cause de leur taille, elles ne sont pas filtrées dans l’eau ou dans l’air et se répandent directement dans la nature.

La législation en matière de nanoparticules n’est pas encore très précise. En France, depuis la loi Grenelle 2 de 2013, les fabricants, ainsi que les importateurs et les distributeurs doivent déclarer tous les ans les quantités et les usages des nanoparticules qu’ils manipulent auprès de l’ANSES (Agence Nationale de Sécurité Sanitaire).

Des nanoparticules dans nos assiettes ?

 Le travail d’expertise mené par l’Agence a permis de recenser les principaux usages des nanomatériaux manufacturés dans le domaine alimentaire :

  • En tant qu’additif, pour améliorer l’aspect et l’appétence du produit alimentaire (en modifiant la structure, la couleur, la texture, par ex. les additifs E 341iii – phosphates tricalciques -– ou E551 – silice amorphe) ;
  • En tant que matériaux au contact des aliments, pour leurs fonctions d’améliorations de la sécurité du conditionnement (par ex. fonction anti-microbien assurée par le nano-argent) ;
  • Enfin, il a été identifié la présence d’ingrédients à vocation nutritive, pouvant se trouver à l’état nanoparticulaire (ex. du carbonate de calcium utilisé dans les laits infantiles pour atteindre une teneur suffisante en calcium).

Voici ce que l’on peut lire sur le site de l’Anses :

À partir de données publiées dans la littérature scientifique, l’Agence a référencé 37 substances, utilisées en tant qu’additifs ou ingrédients alimentaires et pour lesquelles elle considère que la présence de nanoparticules est avérée (7 substances : le carbonate de calcium, le dioxyde de titane, des oxydes et hydroxydes de fer, le silicate de calcium, les phosphates tricalciques, les silices amorphes synthétiques, des composés organiques et composites) ou suspectée (30 substances dont : l’aluminium, l’argent, l’or, le phosphates de magnésium, le citrate d’ammonium ferrique, les sels de sodium, de potassium et de calcium d’acides gras, etc.).

En effet, il est possible de caractériser la présence de nanomatériaux dans les aliments grâce aux technologies analytiques avancées, comme la microscopie électronique. L’usage de tels moyens permet d’identifier les nanomatériaux manufacturés, ajoutés de manière volontaire sous la forme d’additifs alimentaires, ou quand ils sont intrinsèquement présents dans les ingrédients. Cependant, l’hétérogénéité physico-chimique (taille, distribution granulométrique…) observée pour une même substance ainsi que le manque d’information relatif aux déclarations et à l’étiquetage ne permettent pas d’extrapoler la présence de nanomatériaux à l’ensemble des lots et des produits finis contenant cette même substance.

À partir des bases de données de l’alimentation (OqaliGNPD), près de 900 produits alimentaires intègrent au moins un additif ou un ingrédient répondant à la classification « substances pour lesquelles la présence de nanomatériaux manufacturés est avérée ». Pour autant, cela ne peut être assimilé à une présence de nanomatériaux dans chaque produit ou lot. Les sous-secteurs alimentaires les plus concernés sont le lait infantile (25,6 %), les confiseries (15,6 %), les céréales du petit déjeuner (14,8 %), les barres céréalières (12,9 %), les viennoiseries et desserts surgelés (10,9 %). L’Anses souligne que ce recensement a été effectué avant la suspension en France du E171.

À ce stade de l’expertise, l’Anses a établi un état des lieux de l’utilisation des nanomatériaux dans l’alimentation. La prochaine étape consistera à étudier les risques sanitaires que pourraient représenter ces substances pour les consommateurs.

Compte tenu des incertitudes sur les risques que représentent les nanomatériaux dans l’alimentation, l’Anses réitère les recommandations de ses précédentes expertises sur le sujet. Elle incite notamment à limiter l’exposition des consommateurs en évitant les usages superflus de nanomatériaux dans l’alimentation et en favorisant les produits sûrs, dépourvus de nanomatériaux, et équivalents en termes de fonction et d’efficacité.

Grâce à son travail d’expertise, l’Anses a déterminé les principaux usages des nanomatériaux manufacturés dans le domaine alimentaire. Tout d’abord, ils sont utilisés comme additif visant à améliorer l’aspect et l’appétence du produit. Ils permettent, par exemple, de modifier la structure, la couleur, la texture grâce aux additifs E 341iii (phosphates tricalciques) ou E551 (silice amorphe). Par ailleurs, ils agissent également comme matériaux au contact des aliments en améliorant la sécurité du conditionnement (par exemple: fonction anti-microbien assurée par le nano-argent). Dernier usage, leur présence a été identifiée comme ingrédients à vocation nutritive, pouvant se trouver à l’état nanoparticulaire. C’est par exemple le cas du carbonate de calcium utilisé dans les laits infantiles pour atteindre une teneur suffisante en calcium.

Pour Magali Ringoot d’Agir pour l’environnement : « On marche sur la tête ! Des années après avoir introduit massivement des substances non évaluées et pour la plupart que l’on sait à peine mesurer, on commence tout juste à savoir où elles se trouvent, comment les caractériser et à réfléchir à des méthodes d’évaluation ! Il aurait fallu faire les choses dans le bon ordre ! Bien qu’arrivant presque avec deux ans de retard, cet avis de l’ANSES n’aborde toujours pas la question de la toxicité des nanoparticules dans l’alimentation, renvoyant à la publication d’un avis définitif à fin 2020/début 2021. Il est également regrettable que l’agence ait exclu de ses travaux le vaste dossier des auxiliaires technologiques et n’ait pas mené ses propres analyses. »
Ceci étant, l’ANSES rejoint la position des ONG et de nombreux scientifiques, en recommandant de « limiter l’exposition des consommateurs, en évitant les usages superflus de nanomatériaux dans l’alimentation et en favorisant les produits sûrs, dépourvus de nanomatériaux, et équivalents en termes de fonction et d’efficacité »

Crédit photo : DR
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