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Depuis ces 5 dernières années, l’orpaillage récréatif connaitre un certain intérêt auprès des passionnées de pleine nature. L’orpaillage est à l’origine une activité minière qui consiste à récolter dans les cours d’eau de l’or alluvionnaire à l’aide de matériel exclusivement manuel et de façon artisanale.
Le but de cette activité n’est pas de trouver des kilos d’or (car cela est tout bonnement impossible) mais juste quelques paillettes, pour le plaisir des yeux. Pourtant, bien que cette activité semble peu invasive avec l’utilisation d’une batée, Il n’en demeure pas moins que les chercheurs d’or amateurs ne soient pas forcement les bienvenus en Bretagne. En effet, une grande partie du Morbihan et tout le département du Finistère est interdit à cette pratique.

La Bretagne, un ElDorado
La Bretagne est reconnue, d’après les spécialistes, comme le plus grand réservoir d’or en France métropolitaine. L’or y est présent en quantité et depuis longtemps. En effet, il existe de nombreux filons comme le filon aurifère du Triangle Mûr-Pontivy/Loudéac qui aurait une teneur en or de 1gr/m3. Il a même été trouvé des pépites de plus de 3 grammes. Il y a également le gite aurifère du Sud du Mont-Dol avec une teneur de 0.8 gr/m3. Le filon se situant sur la partie orientale du massif armoricain qui possède une teneur moyenne de 1 gr/m3 et enfin la zone Anger – Pointe du Raz qui représente la plus grande surface aurifère car elle s’étend sur prés de 100 km depuis le Maine jusqu’à la Vilaine. Cela représente donc un potentiel immense pour l’industrie minière Française.
Mais à côté de ces grandes industries minières, se trouve également une activité de passionnés qui recherchent l’or uniquement pour le plaisir et le gout de l’aventure. Ces orpailleurs amateurs pratiquent la prospection aurifère avec un matériel entièrement manuel et artisanal avec pour unique but de pouvoir exhiber auprès de leurs proches les quelques paillettes d’or qu’ils ont pu extraire du sol.

Une interdiction qui surprend tous les orpailleurs amateurs
L’orpaillage en France compte moins d’un demi millier de pratiquants annuels. En Bretagne, ils sont environ une cinquantaine à s’adonner à cette activité ludique et originale. Des petites mains qui cherchent le métal jaune pour passer du bon temps au bord de l’eau avec leurs pelles et leurs tamis. Pour pratiquer l’orpaillage, il est obligatoire de faire une demande à la Direction Départementale du Territoire. Mais hélas pour eux, des cours d’eau voir des départements entiers leurs sont entièrement interdits pour des raisons qui sont :
- Destructions des Radiers par piétinement
- Manipulations des blocs et graviers aboutissant à une mobilisation des sédiments
- La destruction de Frayères impliquant un risque pour la reproduction piscicole
- Risque de propagation de pathogènes en provenance d’autres cours d’eau en contact avec le matériel d’orpaillage
Tels sont les arguments qui ont été donnés par la DDT du Finistère pour justifier leur refus à un orpailleur amateur ayant fait sa déclaration en bon et du forme. Sachant qu’a cela s’ajoute le classement Natura 2000.
Pourtant, lorsqu’on regarde de plus près, il existe d’autres départements qui ont réussi à encadrer l’orpaillage amateur, tel que le Gard, l’Ariège ou la Haute-Garonne, qui ont su mesurer le réel impact de l’orpaillage récréatif et qui l’autorise.

Un groupe d’associations d’orpaillage pour aider les orpailleurs et les préfectures
À l’extrême sud de la France, c’est le travail de 2 associations d’orpaillage (Orpaillage Aventure et Goldline Orpaillage) qui a permis une réglementation équilibrée pour permettre la pratique de l’orpaillage de loisir dans les départements de la Haute-Garonne (31) et de l’Ariège (09). Nous les avons contactés afin de comprendre leur démarche.
« Le but principal était de pouvoir ouvrir et pérenniser l’orpaillage dans ces 2 départements voisins l’un l’autre. Depuis 2016, l’orpaillage en Haute-Garonne n’était plus permis et l’Ariège était également sur la sellette. Cela nous a demandé 3 ans de discussions et de réunions pour apporter certaines explications techniques sur la réalité de l’orpaillage tel que nous le concevons. Un orpaillage ayant pour unique but de passer un bon moment au bord de l’eau et de profiter du milieu naturel tout en le respectant »
Il se trouve que la plus grande crainte des autorités est de voir que les orpailleurs impactent le milieu naturel. Hors, ces 2 associations ont réussi à prouver sur le terrain qu’il était possible de pratiquer un orpaillage propre, peu impactant pour le biotope (surtout en été) et la faune tout en conservant les contraintes environnementales en vigueur.
« Tout est une question d’équilibre entre les pratiquants et l’administration. D’autant que les meilleurs gardiens des cours d’eau sont ceux qui y passent du temps et qui la respectent, vous ne croyez pas ? »
Cette année, l’Ariège et la Haute-Garonne seront les premiers départements en France à mettre en place un arrêté préfectoral encadrant l’orpaillage récréatif. Un exemple qui pourrait être appliqué en Bretagne et ainsi permettre à notre région d’attirer une nouvelle forme de tourisme tout en garantissant en amont le respect de la biodiversité.
Illustration : DR
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