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Faire du Tartare rue Ker-végan, au cœur de l’ile Feydeau à Nantes, fallait oser ; cela fait presque onze ans que le Falstaff relève le défi, et propose aux papilles des nantais cinq tartares différents, ainsi qu’une carte saisonnière élaborée avec des produits frais.
Pour cette chaude journée d’été, nous optons pour un plat qui porte l’un des noms les plus étranges du patrimoine culinaire français – la cervelle de canut ; en fait, il s’agit de fromage blanc battu aux herbes qui constituait l’essentiel des repas des canuts, ouvriers tisserands de la soie lyonnaise – une entrée légère et parfumée parfaite pour l’été.
Puis, entre les divers tartares, nous optons pour le Gengis Khan, à la moutarde, à l’huile de sésame, au gingembre, poivre, miel et coriandre. Il y a aussi le Kerguelen (haricots de mer, oignons de Roscoff, sauce Worcestershire, whisky breton, graines de sarrasin), le Pancho Villa (tabasco, épices mexicaines, poivrons, avocat, oignons rouges…), le Marco Polo (olives noires, anchois, tomates confites, parmesan, basilic) et le Jules Verne (échalotes, cornichons, oignons, câpres) puisqu’on est tout de même à Nantes, capitale de la Bretagne et de tous les possibles. On notera au passage la grande qualité des frites, souvent éternelles parentes pauvres des tartares – mais pas au Falstaff.

Quant au dessert, nous optons pour l’aérienne brioche vendéenne à la crème citronnée et à la compotée de pêches, généreusement saupoudrée d’amandes grillées – de quoi réinventer une cuisine vendéenne que l’on connaît très réaliste et ancrée dans le terroir, mais parfois assez lourde.
L’addition est très raisonnable pour la qualité – l’entre, le plat et le dessert sont à 15.5€ (+3.5€ pour un tartare au lieu d’un des deux plats à la carte du midi). On s’en sort donc, café et eau compris, pour 20 €. Une bonne adresse, donc, à retenir au cœur historique de Nantes.
Y aller : 1 bis rue Kervégan, 44000 Nantes ; 02-40.20.09.10
Transports en commun : Commerce (lignes 1, 2, 3), Bouffay (ligne 1), Hôtel-Dieu (C2, C3, 11, 26)
Louis Moulin
Crédit photo : breizh-info.com
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