Jeanne Malivel. De Perros-Guirec à Paris, l’égérie des Seiz Breur à l’honneur

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Jeanne Malivel va de nouveau être à l’honneur lors de trois expositions à Perros-Guirrec et à Paris. L’occasion de redécouvrir l’une des égéries des Seiz Breur, pionnière du renouveau artistique breton.

Jeanne Malivel, de Perros-Guirec à Paris

Artiste prometteuse fauchée en pleine ascension à 31 ans par la maladie, Jeanne Malivel (1865-1926), de Loudéac, aura toutefois laissé derrière elle une œuvre prolifique au patrimoine breton. Pour ceux ne connaissant pas encore les talents cette artiste peintre, illustratrice et graveuse, trois évènements à venir vont leur donner l’occasion de se rattraper.

Un dynamisme que l’on doit à l’Association des Amis de Jeanne Malivel, présidée par sa nièce Gwen Le Coin. Tout d’abord au Musée d’Art Moderne de Paris, où une exposition de céramiques de toutes époques provenant du monde entier a été repoussée à l’année prochaine et se tiendra du 26 mars au 15 août 2021. Une assiette de Jeanne Malivel a été retenue pour l’exposition et y figurera donc en bonne place. De quoi représenter au mieux la Bretagne lors de ce rendez-vous mondial.

Toujours à Paris, une exposition monographique sur Jeanne Malivel prévue en 2022 risque fortement d’être décalée en 2023. C’est à l’Hôtel de Sens, abritant actuellement la bibliothèque Forney, lieu de documentation d’arts appliqués à Paris, que celle-ci sera organisée. Pour l’évènement, trois grandes salles d’exposition seront entièrement dédiées à Jeanne Malivel. L’artiste ayant par ailleurs bien connu les lieux lorsqu’elle fréquenta la bibliothèque en son temps.

Plus proche de nous, à Perros-Guirec, une exposition sur La Femme, égérie des peintres en Bretagne devant se tenir cet été à la Maison des Traouïero a été repoussée à l’année prochaine, du 27 juin au 31 août 2021. Y seront notamment présentés un grand tableau inédit de Jeanne Malivel, Yvonne au parc, d’1 m 20 par 80 cm ainsi qu’un autre, plus petit, Madame Malivel dans les rochers.

Une vie au service de l’art breton

Après une enfance passée à Loudéac, Jeanne Malivel part à Paris pour ses études mais la guerre de 1914 l’oblige à revenir dans sa ville natale où elle sera infirmière bénévole dans un hôpital auxiliaire. Elle repassera le concours d’entrée aux Beaux-Arts de Paris en 1918 avec brio (classée 4ème).

Une fois la guerre terminée, Jeanne Malivel reprend donc de plus belles ses activités de création dans son atelier de Montparnasse. Essayant de se faire tant bien que mal à la vie parisienne, elle se rend vite à l’évidence : sa place est en Bretagne et elle décide d’y rentrer en 1920. C’est la grande époque du style Art Déco et Jeanne Malivel a une ambition bien précise. Elle souhaite sortir du mauvais folklore et des binouiseries l’art populaire breton et, par ses créations, donner ainsi du travail aux femmes de Bretagne en développant les artisanats locaux. Jeanne Malivel appliquera donc, dès 1920, ce Vivre et travailler au pays qui en tiraille encore plus d’un à l’heure actuelle.

Revenue à Loudéac, elle rencontre en 1923 René-Yves Creston, Suzanne Candré et Georges Robin. Ce serait lors du pardon du Folgoët, en septembre de la même année, que l’idée de fonder Ar Seiz Breur (Les Sept Frères, en breton) aurait pris naissance. Un nom en référence aux sept saints fondateurs de la Bretagne. Dans les années suivantes, le cercle des Seiz Breur s’agrandira et comptera dans ses rangs des artistes et des artisans qui souhaitaient mettre leur art au service du quotidien en créant des meubles, des tissus muraux ou encore des faïences. Le tout, en reprenant les fondements de l’art breton et celtique.

Le style Seiz Breur viendra également illustrer de nombreux ouvrages au cours des années 30. Parmi les plus célèbres, les bois gravés de René-Yves Creston dans le livre d’Alphonse de Chateaubriant, La Brière ou ses illustrations dans Kan Da Gornog, ce Chant de l’Occident de Youenn Drezen.

La carrière de Jeanne Malivel, bien que prolifique, sera extrêmement courte. Nous lui devons notamment les illustrations du livre Histoire de Notre Bretagne écrit par Jeanne Coroller-Danio en 1922. Un livre dans lequel son Nominoë triomphant deviendra pas la suite un classique de l’imagerie nationaliste bretonne.

Enfin, concernant l’exposition de 2022 à l’Hôtel de Sens, l’association des Amis de Jeanne Malivel lance aussi un appel à toute personnes qui détiendrait des œuvres ou documents de cette dernière afin de les proposer au catalogue de l’exposition.

AK

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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