Cyclisme. Roglic en jaune, Pinot dans le rouge, le point sur un Tour de France 2020 plus ouvert que jamais

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Le Tour de France marquait une pause ce lundi 7 septembre, la première journée de repos pour les coureurs, avant de reprendre la route direction le Massif Central, puis les Alpes dans les deux prochaines semaines. L’occasion pour nous de faire un point sur cette première semaine, au bout de laquelle un leader est en jaune : Primoz Roglic, le Slovène de la Lotto Jumbo, vainqueur d’une étape, et qui s’est emparé de la tunique de leader sans vraiment avoir démontré quoi que ce soit (alors même qu’il semble avoir eu plusieurs fois l’occasion de faire très mal à ses concurrents).

Le premier enseignement de la semaine, c’est qu’on se demande s’il n’aurait pas mieux fallu permettre à Arnaud Démare de participer au Tour et de ne pas tout miser sur Pinot, quand on voit la forme actuelle du premier et les errements récurrents du second, qui ne parvient pas, année après année, à vaincre sa poisse récurrente. Une poisse qui ne vient forcément pas de nulle part, et dont il est difficile pour un observateur de tirer des conclusions. Néanmoins, les poissards en général, tout le monde les fuit, c’est bien connu.

Pourquoi Arnaud Démare ? Car finalement, entre la première étape remportée par Kristoff, la 3ème par Ewan, la 5ème et la 7ème par Van Aert, on se dit que Démare aurait pu décrocher plusieurs fois la timbale, et être un sérieux concurrent au maillot vert. Il n’en a pas été ainsi, c’est comme ça.

Le second enseignement, c’est que les étapes de montagne avec arrivée au sommet ne déclenchent plus les mêmes bagarres qu’il y a vingt ans, et qu’au final, on a bien plus vibré lors de la deuxième étape remportée par Alaphilippe, lors de la 7ème remportée par Van Aert, que dans la première étape des Alpes remportée avec brio par Peters.

Mention spéciale tout de même à la 9ème étape, dimanche, qui aurait dû voir le Suisse Hirschi l’emporter après un numéro à la Chiappuci, mais qui malheureusement pour lui, s’est fait rattraper, puis battre au sprint, par deux Slovènes plus forts que lui et sur qui il faudra compter à l’avenir : Roglic et Pogacar (UAE), un jeune dont on a vraiment hâte de le retrouver dans une course (d’un jour ou à étape) avec Van Aert en leader, Evenepoel rétabli, Alaphilippe, et Van der Poel. Car cette jeune génération semble bien plus attaquante que celles qui se sont succédé depuis le début des années 2000 et qui ont été paralysées par les oreillettes, les consignes des directeurs sportifs qui subissent la pression de leurs sponsors, et une façon de courir parfois très curieuse stratégiquement (l’exemple incarné étant celui de la Movistar, personne n’étant jamais vraiment parvenu à comprendre la stratégie de course de cette équipe, qui passe au travers des épreuves quasi systématiquement).

Parmi les jeunes Français pleins de promesses, on notera les Madouas, les Gaudu (bridés à cause de Pinot, espérons que cela change car ce dernier a largement usé de toutes les chances données), mais également les Martin, Cavagna, Peters… pour ne citer qu’eux. De leur côté, Alaphilippe et Bardet, avec leurs qualités respectives, font un bon début de tour, tout comme Guillaume Martin.

On se demande bien pourquoi Barguil s’est mis au service d’un Quintana dont rien ne dit qu’il n’explosera pas rapidement, le passé l’ayant déjà démontré.

Et le classement alors ? On retrouve 8 coureurs en une minute (Roglic, Bernal, Martin, Bardet, Quintana, Uran, Pogacar, Yates) et quelques distancés capables de grandes chevauchées (s’ils en ont le courage), comme des Lopez, Landa, Porte ou encore Mollema. Ils n’ont plus grand chose à perdre alors pourquoi attendre pour déclencher les hostilités ? À la fin, s’ils ne font rien, ils pourraient rentrer à Paris sans victoire d’étape, ni maillot distinctif. Ils seront les oubliés de l’histoire du Tour de France, qui ne garde en mémoire que les vainqueurs et les attaquants de panache.

On va avoir de la bagarre pour le maillot vert, entre Sagan qui est sur le déclin mais toujours là, Benett, et pourquoi pas Van Aert et Coquard, mais aussi une bagarre pour les pois, avec Cosnefroy qui devrait rapidement être éclipsé à moindre de prendre des échappées, Peters derrière, mais aussi Zakarin, et pourquoi pas Pogacar ? Pour le meilleur jeune, on retrouve Bernal, suivi de Pogacar, et Mas.

Quoi de neuf au programme cette semaine ? Dès ce jour une course qui pourrait être folle, entre allures de classiques et possibilité de bordures, entre Oléron et l’île de Ré. Cela peut en faire une étape plus intéressante que toutes celles de haute montagne, que les coureurs vendangent chaque année un peu plus au plus grand malheur des spectateurs. Pour cette étape inédite, le peloton aura une étape très plate sur 168,5 km avec un parcours enchaînant château d’Oléron, Royan, Rochefort, La Rochelle, des vues sur l’Ile d’Aix, Fort Boyard et Saint-Martin-de-Ré.

Suivra une arrivée à Poitiers promise aux sprinteurs, une autre Sarran entre sprinteurs, puncheurs et échappés, avant une belle étape pour aventurier qui se terminera au sommet du Puy Mary, étape promise à un Lutsenko, un Hirschi, un Formolo, un Alaphilippe pourquoi pas.

L’étape entre Clermont et Lyon devrait sourire à une échappée avec quelques grimpeurs, mais le dernier sommet est très loin de l’arrivée, à moins qu’Alaphilippe fasse le spectacle dans les pentes de la Croix-Rousse. Enfin, dimanche, avant le repos, place à l’explication d’avant dernière semaine, avec l’enchaînement Selle, Biche, Grand Colombier. Génial sur le papier, aux coureurs de faire le travail pour lequel ils sont payés désormais.

Tout est encore possible dans ce Tour de France 2020, alors en avant les coureurs !

YV

Crédit photo : DR
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