Romain Petitjean (Institut Iliade) : « Nous formons des jeunes gens pour qu’ils deviennent des éveilleurs de peuple » [Interview]

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Nous vous avons rendu compte cette semaine des travaux qui se sont déroulés lors du colloque de l’Institut Iliade, sur la thématique de l’écologie. Pour faire le point une semaine après l’évènement, nous avons interrogé Romain Petitjean, directeur du développement et de la coordination de l’Institut Iliade, animateur du colloque.

Breizh-info.com : Tout d’abord, quelles conclusions tirez-vous du colloque de l’Institut Iliade ? L’affluence a-t-elle été au rendez-vous ?

Romain Petitjean (Iliade) : Le grand amphithéâtre de la Maison de la Chimie était plein à craquer, comme chaque année. Ce colloque est le rendez-vous majeur des Européens debout.

Nous avons dû faire face aux contraintes imposées par l’État pour le respect des sacro-saints « gestes barrière », mais l’événement, contrairement à bien d’autres, a pu se tenir. Ce qui a ravi notre public, qui vient de loin le plus souvent, et qui est là avant tout pour s’enrichir intellectuellement lors d’exposés de fond. Telle est la mission première de l’Institut Iliade.

Breizh-info.com : Quels ont été les grands moments du colloque ?

Romain Petitjean (Iliade) : Je crois que nous sommes parvenus à alterner, à la manière d’un « opéra européen » tout à fait adapté à la beauté des lieux, des interventions magistrales d’un haut niveau intellectuel, des vidéos sensibles réalisées par les auditeurs de la formation Iliade, des tables rondes percutantes et de grands moments d’émotion artistique. Bref, un programme à la fois dense et varié, qui est la marque de fabrique de nos colloques.

L’intervention essentielle d’Henri Levavasseur, pour une anthropologie authentique et réaliste des peuples en vue d’une écologie à l’endroit, me paraît essentielle. Elle doit être lue ou écoutée par tous ceux qui ont compris la supercherie des pseudo-écologistes hors-sol.

La table ronde entre Hervé Juvin et Julien Langella, qui intervenaient tous deux pour la première fois à notre colloque, m’a paru tout à fait pertinente et orientée vers des solutions opérationnelles et d’avenir, comme la défiscalisation de proximité, le choix du localisme, etc.

Comme il est particulièrement difficile de faire vibrer la corde sensible de notre peuple, qui subit le matraquage télévisuel incessant et son lot de vulgarité, je retiens aussi les performances artistiques qu’ont été le récital Chopin donné par la pianiste russe Katerina Verbovskaya ou la déclamation, par Thibaud Cassel, d’un texte très touchant de Dominique Venner : « Rêveries d’un loup-garou ».

Breizh-info.com : Dans le concret, dans la pratique, à quoi vont aboutir les échanges qui ont eu lieu durant cette journée ? Comment une vague écologiste et identitaire peut-elle s’incarner politiquement ?

Romain Petitjean (Iliade) : Au sein de l’Institut Iliade, nous formons des jeunes gens pour qu’ils deviennent des éveilleurs de peuple. Chacun doit prendre ce flambeau et incarner une résistance, en étant porteur d’une alternative radicale à ce système inique. J’ai été particulièrement frappé par la faiblesse de la réponse de notre camp pendant la crise du Covid-19. Tandis que nos ennemis essaient de faire passer l’idée que le problème est global et que seule une solution mondiale peut le résoudre (proposée par un « expert » de leur camp, totalement coupé des aspirations populaires, évidemment…), les militants de notre camp, celui des identitaires et des enracinés, se sont souvent contentés de se plaindre de l’emprise toujours plus grande du système sur nos vies. Mais l’ennemi fait son travail d’ennemi, et il avance ses pions. À nous de proposer des solutions concrètes et naturelles qui auront d’autant plus d’écho en période de crise : frontières, localisme, réenracinement, etc. Ce sont autant de cartouches intellectuelles que l’Institut Iliade fournit à ceux qui veulent bien armer leur fusil !

Nos travaux sont lus par la classe politique, du moins la petite portion qui sait que les idées gouvernent le monde. Pour ma part, je pense que la politique commence le lendemain des élections, surtout en France où, par exemple, les maires « Verts » de grandes métropoles mondialisées comme Lyon, Bordeaux ou Strasbourg sont élus par à peine 10 % de la population inscrite sur les listes électorales.

La politique commence quand on comprend que c’est à nous de nous occuper de notre famille, de notre rue, de notre travail, de notre terre, de notre peuple.

Breizh-info.com : Avez-vous lu l’article à charge de Camille Vigogne Le Coat à votre sujet ? Quelle réaction ?

Romain Petitjean (Iliade) : Oui, et je remercie L’Express pour cet excellent papier, qui permet de faire passer nos idées auprès du plus grand nombre ! C’est même une belle publicité pour notre travail d’élaboration intellectuelle et de formation, qui transcende les chapelles.

L’Express nous a habitués à pire : le ton n’est pas trop agressif, même si la richesse intellectuelle des interventions n’a pas été – sans grande surprise – pleinement retranscrite.

C’est dommage pour la liberté d’expression et le débat intellectuel en France, qui ne cessent de s’effondrer.

J’invite d’ailleurs cette jeune journaliste à une séance de rattrapage grâce aux vidéos des conférences que nous allons mettre en ligne.

Breizh-info.com : Vous avez déjà annoncé le thème du colloque de l’année 2021. Après l’écologie, l’économie. Parlez-nous un peu de ce que vous prévoyez ?

Romain Petitjean (Iliade) : L’économie au service des peuples !

À la suite des bouleversements du « siècle de 1914 » – « le grand suicide européen » disait Dominique Venner –, les valeurs d’argent ont progressivement subverti les hiérarchies traditionnelles, fondées sur des critères éthiques et sur la notion de bien commun : sens de l’honneur, courage, exigence d’excellence, amour du beau, respect du sacré, fidélité aux siens et à la patrie… Tout ou presque est devenu marchandise, y compris ce qui n’a pas de prix. Il en résulte, pour les peuples, une aliénation et une perte d’identité qui prennent des formes multiples : conception de la « vie bonne » remplacée par la consommation frénétique, identités réduites aux marques que l’on porte et aux caprices individuels, disparition des anciens métiers au profit de « bullshit jobs » sans signification, destruction ou effacement de tout ce qui n’a pas d’utilité marchande immédiatement quantifiable : patrimoine, paysages, structures familiales, cultures et nations.

L’objectif de ce colloque est d’appeler à prendre le contre-pied de cette évolution délétère, afin de remettre l’économie au service des peuples.

Il ne s’agit nullement de céder à la tentation du rejet des réalités économiques : une telle attitude serait profondément « impolitique », c’est-à-dire incompatible avec la vie de la Cité. Une économie prospère est l’une des conditions de la grandeur d’une civilisation et de la puissance d’un peuple, souverain sur sa terre. Mais pour être source de grandeur, l’économie doit être mise au service de valeurs plus hautes ; elle doit être ancrée dans un projet de civilisation, devenir porteuse de sens à la fois pour la communauté toute entière et pour chacun de ses membres.

Ce sont ces voies alternatives que nous avons vocation à explorer, afin qu’elles contribuent au réveil des peuples européens.

Propos recueillis par YV

Crédit photo : DR
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