Covid-19. Loïc Dombreval (LREM) écrit à Emmanuel Macron pour intégrer des vétérinaires dans son Conseil scientifique

A LA UNE

Voici le courrier adressé au Président de la république par Loïc Dombreval, député LREM des Alpes Maritimes pour lui demander d’intégrer des vétérinaires dans son conseil scientifique contesté.

Ce sont des vétérinaires qui ont découverts les Coronavirus et ils sont déjà associés à la gestion de la crise sanitaire COVID-19 en Allemagne,  Italie,  Chine, Belgique, pour ne citer que quelques exemples. Et ils dirigent même la gestion de crise en Allemagne et en Chine.

Monsieur le Président,

Sur 1 407 agents pathogènes affectant l’être humain, plus de 60% sont d’origine animale, dont un quart capable d’une transmission potentiellement source d’épidémie ou de pandémie, à l’instar des virus Influenza et Ebola.

Parallèlement, 75% des maladies infectieuses émergentes sont d’origine animale.
C’est le cas des coronavirus comme le SARS-CoV1, le MERS-CoV ou le SARS-CoV2 (COVID-19). Leur point commun réside dans le franchissement de la barrière d’espèces pour arriver à l’Homme.

Devant cette menace d’ampleur croissante, une meilleure compréhension et gestion des réservoirs animaux d’agents infectieux, mais aussi de leurs voies de transmission et d’adaptation à l’humain, s’avère indispensable au contrôle des zoonoses et des futures épidémies.

Pour le Professeur Didier Sicard, ancien Président du Comité Consultatif National d’Éthique, « la recherche se focalise sur les traitements et les vaccins, mais elle néglige l’origine animale de l’épidémie ».

L’Académie vétérinaire de France, l’Académie nationale de médecine et l’Académie de pharmacie ont récemment indiqué que la pandémie actuelle était l’occasion, pour la préservation de la santé de l’humanité, de mettre concrètement en pratique le concept « One health – Une seule santé », héritier de la biopathologie comparée initiée par les travaux de Louis Pasteur et par le père de la médecine vétérinaire, Claude Bourgelat.

Nous sommes ainsi en face d’une impérieuse nécessité : celle de repenser le paradigme sanitaire au travers d’une approche transdisciplinaire, en décloisonnant les médecines humaine et vétérinaire pour espérer mieux prévenir et mieux contrôler de telles épidémies.

Il est à ce titre intéressant de noter combien les vétérinaires sont associés à la gestion de la crise sanitaire COVID-19 dans certains pays : Allemagne,  Italie,  Chine, Belgique, pour ne citer que quelques exemples. Ils dirigent même la gestion de crise en Allemagne et en Chine.

Dans ces deux derniers pays, on peut constater par exemple que les tests ont été effectués précocement en mobilisant largement les laboratoires vétérinaires et que les mesures barrières, dont le port du masque, ont été mises en place dès le début de l’épidémie.

Monsieur le Président, un premier signal fort du décloisonnement indispensable des médecines humaine et vétérinaire au niveau national serait d’enrichir votre Conseil scientifique en y intégrant des vétérinaires.
Leur grande connaissance des coronavirus (les vétérinaires les ont découverts), leur connaissance de l’épidémiologie prédictive et populationnelle, leur maîtrise des dynamiques de diffusions microbiennes qu’ils utilisent quotidiennement dans la course contre la montre que représente la lutte contre une épidémie animale, vous seront d’un grand apport.

Le deuxième signal serait la promotion par la France de la stratégie « One health » au niveau européen et international.

Je demeure à votre disposition et je vous prie de croire, Monsieur le Président, à l’assurance de ma très haute considération.

Loïc Dombreval
Député, docteur vétérinaire

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2020, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

.
- Je soutiens BREIZH-INFO - spot_img

Littérature pour enfants. Madame la Chouette vous propose sa sélection de Noël [Partie 1]

Madame la Chouette est de retour, pour vous proposer sa sélection de Noël afin de gâter vos enfants, petits...

Territoires perdus | Histoire du trafic de drogue Partie 3

Comment, deux siècles durant, les pouvoirs en place ont fait naître et prospérer le commerce des drogues, envers occulté...

1 COMMENTAIRE

  1. Bon post.
    Une zoonose est plutôt une maladie. COMMUNE à l’homme et aux animaux PLUTÔT que transmise par les animaux à l’homme. Sinon pour le fond du courrier je ne dis pas autre chose depuis fin MARS 2020.
    Ne pas oublier les écologues, ethnologues, zoologistes…,, agronomes, épidémiologistes comme Serge MORAND ou SICARD en équipes pluridisciplinaires.

Il n'est plus possible de commenter cet article.

Articles liés