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Le 14 janvier 2021, la Commission européenne , institution non élue qui fait pourtant la pluie et le beau temps de l’Union Européenne, a décidé d’ignorer la voix de plus d’un million de citoyens de l’UE et celle du Parlement européen concernant l’initiative en faveur des minorités culturelles en Europe.
Ainsi, la Commission a rejeté l’idée de toute législation en faveur de la protection des minorités nationales et linguistiques dans le cadre de l’initiative citoyenne européenne Minority SafePack. Alors que le Parlement européen avait approuvé la pétition citoyenne, La Commission européenne a tout simplement bloqué toute législation, tournant ainsi le dos aux minorités nationales et linguistiques qui peuplent l’Europe. L’initiative citoyenne européenne «Minority SafePack» appellait à l’adoption de toute une série d’actes législatifs afin d’améliorer la protection des personnes appartenant à des minorités nationales et linguistiques et de renforcer la diversité culturelle et linguistique au sein de l’Union.
Voir la réponse officielle de la Commission
Pour faire le point autour de ce sujet sensible, nous avons interrogé Loránt Vincze, Hongrois de Transylvanie, en Roumanie. Il est le Président de l’Union fédéraliste des communautés ethniques européennes (UFCE, en anglais FUEN) depuis 2016, à l’initiative de cette pétition. Il a été élu député au Parlement européen en mai 2019 en tant que candidat de l’Alliance démocratique des Hongrois de Roumanie (RMDSZ).
Breizh-info.com : Pourquoi avez-vous lancé, il y a des années, un safepack pour les minorités ?
Loránt Vincze : Il y a environ 50 millions de personnes dans l’Union européenne qui appartiennent à une groupe linguistique ou minoritaire traditionnel. Leur situation est très différentes selon les États membres dont ils sont citoyens. Allemand, les locuteurs du Tyrol du Sud jouissent d’une autonomie complète, les locuteurs suédois de la Finlande ont une autonomie culturelle, mais en attendant il y a beaucoup de gens dont la situation n’est pas satisfaisante en ce qui concerne l’utilisation des langues, l’éducation ou les droits culturels.
Et puis il y a ceux qui ne sont même pas reconnus par le pays dans lequel ils vivent. Nous voulions créer des objectifs communs pour toutes ces minorités, et nous voulions avoir une voix forte en Europe, c’est pourquoi nous avons lancé l’initiative Minority SafePack en 2012.
Breizh-info.com : Vous avez réussi à récolter toutes les signatures (plus d’un million) nécessaires pour obliger l’UE à prendre soin sur votre pétition. Pourquoi la Commission européenne, jamais élue, a-t-elle refusé d’examiner votre demande ?
Loránt Vincze : La communication officielle de la Commission européenne indique que l’UE a a déjà fait assez dans tous les domaines de notre initiative. C’est une réponse bien éloignée de la vérité, mais nous ne connaissons pas les véritables et obscures raisons qui se cachent derrière leur inaction.
Breizh-info.com : L’Union européenne est-elle encore une institution démocratique ? Quelle est votre réaction ?
Loránt Vincze : Nous avons utilisé les outils de la démocratie participative et représentative pour mener à bien notre mission : nous avons recueilli plus de 1,1 million de signatures, avons franchi le seuil dans 11 États membres, avons obtenu le soutien de nombreux dirigeants politiques et de partis de toute l’Europe – y compris un vote du Bundestag allemand en faveur de l’initiative, et ensuite, 3/4 des députés européens ont également voté en faveur. Rappelons que les députés européens sont des représentants élus des citoyens européens, on devrait donc penser que leurs votes comptent.
Néanmoins, la Commission a décidé de ne pas proposer d’acte législatif. Nous considérons que cette décision est un échec pour la Commission européenne, et non pas pour ceux qui se sont battus pour Minority SafePack.
Breizh-info.com : Allez-vous organiser d’autres actions pour que les minorités puissent être reconnues dans l’Union Européenne ? Des manifestations ?
Loránt Vincze : Nous discutons actuellement des meilleurs moyens de poursuivre nos travaux, mais nous pouvons promettre une chose : nous n’arrêterons pas, ce n’est pas terminé. Nous continuerons à nous battre pour une Europe dans laquelle tous les citoyens sont égaux.
Breizh-info.com : Comment expliquez-vous que la majorité des signatures proviennent de Hongrie, et moins de pays comme la France, l’Espagne, qui comptent nombre de minorités ?
Loránt Vincze : De nombreux Hongrois vivent dans les pays voisins – par exemple, 1,2 million en Roumanie, d’où je viens. La Hongrie a de forts liens avec ces communautés, et en Hongrie tout le monde est sensible à cette question et à cette lutte. En outre, il est indiqué dans la constitution qu’en tant qu’État-parent, la Hongrie est responsable des Hongrois à l’étranger. Il existe également des communautés minoritaires en Hongrie – elles sont plus petites, mais leur opinion compte.
Ainsi, lorsque les représentants de ces communautés ont demandé au parlement hongrois une résolution de soutien du MSPI, tous les partis ont voté la résolution, puis une grande solidarité s’est organisée. C’est ainsi que nous avons réussi à recueillir autant de signatures.
Mais nous avons également franchi le seuil en Espagne, où il y a de fortes Organisations catalanes et basques. Malheureusement, en France, il n’y a pas eu organisations suffisamment fortes ou disposant des moyens financiers pour pouvoir
recueillir des dizaines de milliers de signatures (NDLR ; le seuil a été franchi en Hongrie, au Danemark, en Espagne, en Croatie, en Lituanie, en Lettonie, en Roumanie, en Slovaquie voir les chiffres ici).
Propos recueillis par YV
Crédit photo : DR
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2 réponses à “Minority Safe Pack. Malgré un million de signatures récoltées, la Commission européenne rejette toute législation sur le sauvetage des minorités culturelles en Europe”
Si cette europe actuelle était démocratique et respectait les peuples, ça se saurait.
Pour rappel, elle n’ignore pas que les français avaient voté NON en mai 2005 … et pourtant …
Les preuves de tout ce machiavélisme sont nombreuses et pourtant …
La france se comporte avec ce même dictat envers les Bretons, les Corses etc …
… On subit … jusqu’au jour ou …
[…] Quelle: Breizh-info.com […]