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Début janvier, le Kosovo-Métochie a été le théâtre d’un évènement climatique d’une extrême violence dont vous n’avez peut-être pas entendu parler. Alors que le territoire fait également face à la pandémie de COVID-19, des inondations dévastatrices ont durement frappé plus de la moitié des enclaves serbes où intervient l’ONG Solidarité Kosovo. Leurs équipes sont mobilisées depuis le début de la catastrophe pour accompagner les foyers sinistrés et resteront encore plusieurs semaines à pied d’œuvre pour les aider à retrouver une vie « normale ».
Un spectacle d’une tristesse infinie
Au Kosovo, l’année commence sous eau. Des pluies torrentielles ont fait sortir de leur lit de nombreux cours d’eau entraînant des inondations de grande ampleur. Les communes les plus durement touchées sont celles de Gračanica, Donja Gušterica, Laplje Selo, Preoce, Ugljare, Lepine, Skulanevo, Radevo, Livađa i Kuzmina. Sur ces territoires, les vagues de boue ont été d’une extrême violence et ont ravagé des habitations, mais aussi des écoles, comme à Laplje Selo où l’établissement scolaire « Miladin Mitić » a été enseveli par les eaux. Ailleurs, des centaines d’animaux fermiers ont été emportés par les courants et des hectares de terres agricoles sont détruits ou gravement endommagés, laissant des familles sans moyens de subsistance.
Après le déluge, une dizaine de familles ont été évacuées. Selon le maire de Gračanica, Serdjan Popovic : « Il s’agit des pires inondations que le Kosovo ait connu depuis cinquante ans ». Seule lueur dans ce noir tableau, aucune vie n’a été perdue. Et pourtant, les villages plus que jamais isolés sont toujours en alerte.
Opération nettoyage : répondre aux besoins immédiats des plus vulnérables
Solidarité Kosovo a déployé un dispositif conséquent pour accompagner les familles en les aidant à nettoyer, vider les habitations de leurs meubles souillés, et en leur apportant un soutien matériel et psychologique de première urgence. Une dizaine de bénévoles mobilisés autour du Père Serdjan ont mené des opérations de nettoyage dans plusieurs communes sinistrées. C’est le cas notamment dans le village de Laplje Selo, particulièrement dévasté et dont la population est profondément choquée par cette tragédie. Là-bas, une semaine durant, nos volontaires étaient en poste dès 8 heures du matin balais, pelles et seaux en mains.
« Les familles sinistrées sont en situation de grande détresse, explique Milovan, correspondant du bureau humanitaire, qui s’est rendu dès les premières heures du drame sur le terrain. Elles ont perdu le peu qu’elles avaient. Tout leur a été pris. Les familles craquent moralement et savent pas par où commencer tant les dégâts sont importants. »
Aux côtés des sinistrés
« Cela faisait deux jours que je nettoyais mais je n’en voyais pas le bout, confirme Jovanka, une septuagénaire de la commune de Gračanica. Il y avait 20 centimètres de boue dans la maison, je ne m’en sortais pas, c’était un travail sans fin. Et puis, les bénévoles de Solidarité Kosovo sont arrivés et ils ont tout nettoyé. Si vous saviez comme ça donne du baume au cœur de voir à nouveau ma maison propre ! »
Milan, un voisin, a vécu lui aussi « trois jours avec de la boue partout, explique-t-il, on n’en pouvait plus ! On était à la maison quand c’est arrivé, on ne pouvait plus ouvrir la porte, on a dû s’échapper par la fenêtre. Les inondations nous ont pris au dépourvu et nous avons perdu toutes nos affaires, même la charrette que j’utilisais pour travailler ».
Quelques jours après les intempéries, la tâche reste immense. De nombreux bénévoles prêtent main-forte aux personnes sinistrées aux côtés de l’équipe mobile de Solidarité Kosovo qui parallèlement poursuit les évaluations. Au fil de ses déplacements, elle découvre encore des sites inondés et s’assure qu’aucune personne ne s’y trouve. « La multiplicité des sites touchés est impressionnante », explique le Père Serdjan qui a sillonné tout le territoire. En moyenne, une quinzaine de bénévoles sont à pied d’œuvre sur le terrain chaque jour. Mais il faudra encore beaucoup d’énergie et de mobilisation avant de retrouver un semblant de normalité dans le paysage dépouillé des enclaves serbes.
Pour l’heure, l’urgence est au ravitaillement alimentaire et en bois de chauffage en faveur des familles sinistrées dont toutes les réserves, appelées « zimnice », qu’elles avaient soigneusement confectionnées durant l’été dernier en préparation de l’hiver ont été anéanties en quelques heures.
C’est un véritable drame pour ces foyers qui ont vu périr leurs précieuses caves à légumes. Dans cette pièce souterraine, des provisions sont entreposées tels des conserves, des confitures, des patates, des navets et des carottes, etc. Mais aussi des réserves de bois pour se chauffer. Hélas, rien de ces précieux stocks n’a échappé aux pluies diluviennes.
Solidarité Kosovo lance un appel au don d’urgence pour pourvoir à l’achat d’aliments de première nécessité ainsi que de bois de chauffage sec afin de permettre aux familles de se nourrir et de se chauffer durant ces prochaines semaines d’hiver.
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Photo d’illustration : DR
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