« Nos impôts redistribués aux partis : Touchez pas au grisbi »

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Parce que le taux des prélèvements obligatoires est passé de 30 % à près de 50 % entre 1960 et 2020, on peut donc parfaitement considérer que la France vit en régime semi-collectiviste. Et, à ce titre, le pluralisme politique (comme le pluralisme de la presse) ne peut survivre que grâce à une redistribution des prélèvements. Cette façon de faire a le double avantage, pour le gouvernement, d’entretenir la fiction d’une vraie liberté politique et d’une vraie liberté de la presse, mais dans les faits de créer une dépendance.

Qui plus est, à Présent nous sommes bien placés pour savoir que l’interprétation des textes peut par exemple nous priver des aides légales, et en favoriser d’autres. De même, il faut savoir qu’un journal condamné en raison des lois contre le prétendu racisme est privé des aides légales pendant les cinq ans qui suivent. Valeurs actuelles, Minute et Rivarol en ont fait les frais dans le passé (Valeurs actuelles pour « provocation à la haine contre les Roms », Minute pour « incitation à la haine homophobe », Rivarol pour « provocation à la haine antisémite »). C’est donc la décision de juges qui permet de priver des journaux de ces aides légales, mais curieusement l’apologie de la pédophilie, de la haine contre la police ou contre la France ne privera le média d’aucune de ces aides. On voit le biais utilisé pour faire taire la presse d’opposition.

En est-il de même pour ce qui concerne l’aide aux partis politiques ? Les systèmes d’attribution des aides légales se veulent a priori moins arbitraires, plus transparents.

Cette année, les partis politiques vont se partager un peu plus de 66 millions d’euros. Cette redistribution de nos impôts s’opère en deux fractions. La première fraction (environ 32 millions d’euros) tient compte du nombre de voix recueillies. En Marche se taille ainsi la part du lion, avec 10 millions d’euros d’aide. Le RN reçoit moins de la moitié de cette somme, Les Républicains un million de moins, suivis par La France insoumise (3,7 millions), le PS 2,6 millions, le mouvement de Bayrou 1,8 million (ce qui doit représenter 100 000 euros par adhérent…), les écolos, les radicaux et les communistes environ un million chacun. Le reste est partagé entre sept partis, qui sont en fait de vrais chasseurs de subventions, comme Lutte ouvrière ou le Parti animaliste.

Mais beaucoup plus choquant est le mode de répartition de la seconde fraction (34 millions). Celui-ci est en effet basé uniquement sur le nombre d’élus à l’Assemblée nationale et au Sénat. Quand les partis de gauche réclament un front républicain, c’est non seulement pour faire battre les candidats anti-système, mais aussi pour priver les organisations non conformistes des aides légales.

Par le biais de cette seconde règle, les « marcheurs » vont recevoir, au titre de 2021, 10,8 millions de plus, Les Républicains 9,2 millions, le PS 3,2 millions, les radicaux trois millions, le PC plus d’un million, les écolos 900 000 euros, les mélenchonistes 600 000 euros, les radicaux de gauche 400 000 euros, le RN 300 000 euros, et Debout la France 100 000 euros. Nous avons là un correctif pervers qui minimise volontairement certaines composantes de la vie politique. Que le PC, avec ses 2 % de voix, obtienne un million d’euros et le RN trois fois moins démontre en effet l’habileté de ces systèmes. •

Francis Bergeron

- Sécession la première parution de Yann Vallerie, rédacteur en chef de Breizh-info -

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