Viktor Orban : « Le PPE est devenu une annexe de la gauche européenne »

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Le parti au pouvoir en Hongrie, le Fidesz de Viktor Orban, a annoncé mercredi 3 mars qu’il quittait le groupe du Parti populaire européen (PPE). Le Premier ministre hongrois s’est expliqué sur ce départ dans une lettre, publiée sur Internet, et que nous avons traduit ci-dessous.

Le Fidesz a quitté le groupe du Parti populaire européen au Parlement européen. Il refuse que les droits des députés européens – et donc les droits des électeurs hongrois – soient limités par une modification des statuts du groupe.

Alors que nous, en Hongrie – et d’autres dirigeants dans leur propre pays – menons littéralement un combat de vie ou de mort contre le coronavirus, le PPE se livre à des jeux de pouvoir au sein de la bulle des bureaucrates à Bruxelles. C’est inacceptable.

Notre sortie du Groupe ouvre également une nouvelle perspective dans la politique européenne. Il est de notoriété publique que nous, Hongrois, voulions rendre au PPE – qui bat continuellement en retraite, abandonnant ses valeurs politiques, comme un dirigeable qui coule – son ancienne position de première force intellectuelle et politique de l’Europe. Nous voulions qu’il redevienne une grande formation de droite, forte et démocratique, capable de rassembler les partis démocrates chrétiens centristes, conservateurs et traditionnels et leurs électeurs au sein d’une grande maison politique commune.

Hier, cette opportunité a été perdue. Le PPE est enfin devenu une annexe de la gauche européenne. Sur les questions de migration, de valeurs familiales et de souveraineté nationale – en d’autres termes, les grandes questions de notre époque – il n’y a plus de différence entre le PPE et la gauche européenne. Les partis de la gauche européenne et leurs dirigeants ont de bonnes raisons d’allumer des feux de joie pour célébrer cet événement : ils comptent un nouveau parti dans leurs rangs.

Notre mission est claire. Maintenant – sans le PPE – nous devons construire une droite démocratique européenne qui offre un foyer aux citoyens européens qui ne veulent pas de migrants, qui ne veulent pas de multiculturalisme, qui ne sont pas tombés dans la folie LGBTQ, qui défendent les traditions chrétiennes de l’Europe, qui respectent la souveraineté des nations, et qui voient leurs nations non pas comme faisant partie de leur passé, mais comme faisant partie de leur avenir.

Le moment est venu. Vive la droite démocratique ! Fortes Fortuna adiuvat !

Conséquence de ce départ, 12 élus en moins pour le PPE perd au Parlement européen. Le groupe reste la première force et va passer de 26,52 % des sièges à 24,82 % avec 175 eurodéputés. Mais, indique Ouest-France, cette défection pourrait entraîner une forte recomposition au Parlement européen, en fonction de là où les troupes de Viktor Orban pourraient atterrir. L’extrême droite est divisée en deux groupes : le groupe ECR (pour Réformistes et conservateurs européens, 62 élus, où siège le PiS ultraconservateur de Jaroslaw Kaczynski) et celui de ID (Identité et démocratie, 76 élus, où siègent les élus du Rassemblement national et des élus italiens de la Lega).

Du point de vue numérique, le ECR pourrait passer devant les Verts en accueillant les élus du Fidesz et deviendrait le cinquième groupe du Parlement européen. Cela aurait des conséquences sur leur accès à certains postes et rapports clés qui sont automatiquement accordés aux groupes politiques en fonction de leur importance, au nom du respect de leur poids dans la représentation démocratique.

Mais avec potentiellement 150 élus dans un groupe unifié, les patriotes européens deviendraient la deuxième force politique sur les bancs de l’hémicycle européen, devant les sociaux-démocrates. Le moment de faire alliance ?

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2021, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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2 réponses à “Viktor Orban : « Le PPE est devenu une annexe de la gauche européenne »”

  1. Courivaud dit :

    Je trouve votre conclusion bien optimiste et vous faites passer les propos de M. Orban « comme une lettre à la poste ».
    1) M. Orban est à la Hongrie et au PPE ce que M. de Villiers fut à la France et au parti UDF, européise, puis opportuniste et enfin souverainiste. C’est un point de vue que le doctorant que vous avez interviewé il y a quelques mois, M. Thibault Gibelin ne devrait pas démentir (je me rappelle fort bien ses propos) ; nous pourrions dire a minima « mieux vaut Léotard que jamais », mais c’est peu brillant, vous en conviendrez.
    2) M. Orban joue les matamores de la liberté, mais tout de même, il s’est « collé à la ligne » suivie par les autorités communautaires (donc il fait du « mainstream »), donc s’est montré partisan de la dictature sanitaire que, par exemple, son pays et le nôtre subissent.
    3) une « fédération des souverainistes » en perspective ? Vous rêvez, j’espère ? Regardez les contorsions actuelles de « La Ligue » italienne sur le plan européen, lorsqu’elle en est venue à donner un blanc-seing à M. Draghi qui, lui, est peut-être keynésien, mais pas souverainiste. De ce point de vue, les « Frères d’Italie » se sont montrés plus cohérents en refusant l’investiture de cette personnalité en qualité de président du Conseil. Et ne parlons pas des « variations » du Rassemblement national vis à vis de l’Europe communautaire, sous l’égide de Mme Le Pen.

    Remettons les choses à l’endroit.

  2. SiOmnesEgoNon dit :

    C’est le moment où les opportunistes vont choisir leur camp ce qui permettra aux vrais partis souverainistes et réactionnaires (synonyme de propre, droit et sain) de se débarrasser de leurs parasites, taupes et autres déchets idéologiques qui les ralentissent leur accession du pouvoir.
    Je partage malgré tout les commentaires précédents sur le fait qu’il soit peu probable que de véritables alliances se fassent jour à l’aune de la réorganisation des groupes parlementaires Européens. C’est hélas le pécher originel de la droite et consorts : ils partagent souvent les mêmes idées mais jamais leur indépendance organique et cela est presque génétique. Donc peu d’espoir de renverser la tendance et encore moins la table. Il nous faudrait un Trump Européen mais sœur Anne ne vois-tu rien venir …

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