Côtes d’Armor. À Saint-Brieuc comme dans tout le département, les prix de l’immobilier s’envolent

A LA UNE

Les chiffres de l’immobilier ne trompent pas : la Bretagne est bien devenue le nouvel eldorado des Français. Le département des Côtes d’Armor n’échappe pas à la tendance, notamment à Saint-Brieuc où le marché est en forte tension.

Immobilier : Saint-Brieuc, de l’ombre à la lumière

Serait-ce le début d’une nouvelle vie pour la préfecture des Côtes d’Armor ? Lorsque Saint-Brieuc faisait parler d’elle au cours des dernières années, c’était bien souvent pour évoquer l’insécurité régnant dans les rues, le nombre incroyable de commerces fermés en plein centre-ville ou encore les algues vertes venant recouvrir les plages de la baie toute proche.

Mais l’année 2020 est arrivée et avec elle, l’énorme pression immobilière qui a touché toute la Bretagne ou presque. En effet, si notre région a été relativement épargnée par le Covid-19, elle l’a été beaucoup moins par l’arrivée de populations en provenance de différentes zones de l’Hexagone, la région parisienne étant bien entendue très représentée.

Cette explosion du marché immobilier costarmoricain a ainsi retenu l’attention du site SeLoger.com, qui s’est donc penché sur le cas de Saint-Brieuc où la demande locale s’est retrouvée en concurrence avec une proportion croissante de néo-Bretons parmi les candidats à l’acquisition.

Cependant, avec une offre beaucoup moins souple que la demande, il s’avère que le stock de biens disponibles a diminué de 32 % en l’espace d’un an à Saint-Brieuc. Cette raréfaction des vendeurs a donc contribué à une importante contraction de la tension immobilière, en augmentation de 114 % en un an sur le marché la transaction.

Cette ruée des Français vers la capitale des Côtes d’Armor n’épargne pas non plus le marché locatif, sur lequel on a observé une hausse de 91 % de la tension locative sur 12 mois.

Le reste des Côtes d’Armor connaît un sort identique

Département le plus rural et le moins peuplé de Bretagne, les Côtes d’Armor pouvaient jusqu’ici compter sur leur relative discrétion par rapport à leurs voisins pour échapper à la pression immobilière, à l’exception du littoral où la spéculation est déjà l’œuvre depuis plus de 20 ans désormais.

Mais l’épisode du confinement au printemps 2020 suivi d’un été où la Bretagne a rencontré un fort succès auprès des touristes français a largement contribué à renforcer la demande immobilière dans le département. Un phénomène auquel on peut ajouter une autre explication : les prix ayant déjà largement augmenté dans les bassins rennais et nantais tandis que les régions Malouines et vannetaises sont elles aussi devenues hors de prix à l’acquisition, les acheteurs prospectent donc logiquement plus à l’ouest.

SeLoger.com confirme par ailleurs l’engouement pour la région en précisant que quelques 1 200 000 visiteurs uniques ont orienté leurs recherches immobilières sur la Bretagne administrative. Concernant le département des Côtes d’Armor, les requêtes liées à l’immobilier augmentent de 13 % entre 2020 et 2019. Des recherches qui, pour 83 % d’entre elles, avaient pour but l’acquisition d’un bien. Un signe supplémentaire, si cela était encore nécessaire, que la Bretagne dispose d’une image rassurante auprès des investisseurs français.

Le site précise aussi que cette tension immobilière s’est propagée à la plupart des villes du département. En citant par exemple le cas de Dinan, où la tension à la vente a augmenté de 67 % en un an, quand elle atteint 86 % à Lamballe. C’est à Lannion que revient la palme départementale : +139 % ! Si la côte (+130 % à Perros-Guirec et +76 % à Binic) est toujours aussi prisée, d’autres chiffres peuvent paraître plus surprenants lorsque l’on apprend par exemple que cette tension du marché a augmenté de 114 % à Guingamp…

La situation est similaire sur le marché locatif ou l’on relève même une hausse de tension atteignant les 171 % à Plérin, ville de la proche périphérie de Saint-Brieuc.

Quant aux prix immobiliers, conséquence logique du rapport offre/demande, le prix au mètre carré a augmenté de 12 % en un an à Saint-Brieuc et s’évalue actuellement à 1 820 €. Sur l’ensemble du département des Côtes d’Armor, ce prix au mètre carré est en moyenne de 2 026 €, reflet d’une hausse de 6 % sur 12 mois.

En définitive, si les difficultés à devenir propriétaire (ou tout simplement à se loger) touchaient, jusqu’à il y a peu, principalement les Bretons des zones littorales et des métropoles de Nantes et Rennes, cette hausse des prix concerne désormais presque toutes les villes bretonnes, y compris celles de taille modeste à l’intérieur des terres (+100 % de hausse de la tension immobilière à la vente à Loudéac en un an).

Un autre sujet d’inquiétude majeure pour l’avenir des Bretons en Bretagne sur lequel les élus et les partis politiques de la région se font très discrets.

Crédit photo : Flickr (CC BY-NC 2.0/Ville de Saint-Brieuc) (photo d’illustration)
[cc] Breizh-info.com, 2021, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

.
- Je soutiens BREIZH-INFO - spot_img

Lannuon : 800 000€ a bellomzerioù-hezoug laeret ha yao d’an 9-3 !

E miz gouere 2020 e klaskas ur vandennad torfedourien laerañ 14 paledad a bellomzerioù-hezoug e takad greantel Pégase e...

Var. Des bénévoles des Restos du coeur démissionnent après avoir été menacés par des migrants

À Fréjus, les bénévoles de l'antenne des Restos du cœur ont collectivement quitté l'association, lassés de devoir apporter une...

Articles liés