Chronique littéraire. Applaudissez-moi de Philippe Zaouti

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Ce court roman au petit format et à l’écriture serrée est l’œuvre du dirigeant de la filière environnementale d’un grand groupe bancaire. L’auteur a déjà publié 3 romans dont l’un, les refus de Grégori Perelman, a obtenu en 2017 le prix spécial du jury du concours tangente. Il a également fait paraître 4 essais sur la finance, verte, responsable et positive dont l’un s’est agrémenté d’une préface de Jacques Attali.

Ce livre est bien écrit, ce qui de nos jours est rare. Les auteurs en effet prennent plaisir à bousculer notre langue, à l’abâtardir en un sabir confus. Tel n’est pas le cas de Philippe Zaouti.

Son héros Samuel K parle à la première personne, mais c’est une convention prise lors d’une garde à vue. Banquier qui a vécu le traumatisme de la crise de 2008 et la faillite de la banque Lehmann Brothers, il a alors fui en Afrique et a mené, pendant 2 ans, de la Namibie au Kenya une existence à l’écart de sa famille à laquelle il ne donnait que peu de nouvelles. Il était alors en pleine dépression. Stabilisé à Nairobi, il a alors fréquenté des fonctionnaires de l’ONU, ce qui lui a donné l’idée d’un fonds d’investissement éthique. Il achète les actions des entreprises respectueuses de l’environnement et de leurs employés et il vend celles des autres, les premières étant censées être plus rentables que les seconds. Il cherche donc la synthèse entre la morale et le capitalisme. C’est en effet la mode actuellement de privilégier une telle démarche , sans qu’on sache précisement quelle est la part de sincérité et d’hypocrisie dans cette façon de faire. Le fonds de Samuel K prospère, il a de nombreux employés sous ses ordres, des jeunes attirés par l’aspect « éthique » de leur métier. Samuel K gagne bien sa vie, il achète un magnifique appartement de 200 m2 près de l’île Saint-Louis. Il a une amie, Chiara une chercheuse.

Tout va bien dans sa vie jusqu’à ce que la pandémie la dérègle. Le krach du début de 2020 le surprend, il subit par la suite le confinement dans son appartement parisien, tandis que Chiara reste à Genève. Si au début Samuel tente de réconforter ses employés, très vite il sombre dans une grande apathie. Il n’intervient plus dans la gestion de son fond qu’il délègue à son adjointe. Il ne sort plus et retombe dans sa dépression de 2008. Seul acte non égoïste, il propose gratuitement une de ses chambres à une infirmière venue en renfort de province pour juguler l’épidémie de Covid à Paris.

Quand la pandémie régresse, il reprend contact avec ses employés. Ceux-ci ont bien géré le fond en son absence, son entreprise reste prospère. C’est là que germe en lui une idée qu’il finira par mettre en musique et qui lui vaudra d’être convoqué par la brigade chargée de la répression de la délinquance  financière.

Applaudissez-moi est pétri de bons sentiments et de moraline : le capitalisme c’est mal, le monde est régi par des castes figées, les riches détestant quand des enfants d’origine modeste se glissent parmi eux, le peuple est en première ligne contre lutter contre le covid, alors que les élites se planquent et préservent leur fortune. Tout n’est pas faux, mais tout n’est pas aussi tranché que l’auteur le sous-entend. Le monde est bien plus nuancé que l’auteur veut nous le faire croire.

Applaudissez-moi de Philippe Zaouti les éditions Pippa 15 € 130 pages.

Christian de Moliner

Crédit photo : DR
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