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Selon la formule d’Yves Lacoste, la géographie sert d’abord à faire la guerre et la cartographie est là pour la rendre opérationnelle.
A l’époque où les Européens se partageaient l’Afrique (congrès de Berlin, 1895), ils prenaient un soin extrême à délimiter leurs colonies. Des missions, confiées aux militaires, se chargeaient des relevés géodésiques, dans un climat de suspicion réciproque. Pour mon compte, ayant eu à traiter du passé colonial de la Centrafrique (Oubangui-Chari), j’étais tombé aux Archives diplomatiques sur un épais rapport traitant des frictions entre Français et Belges à propos de la frontière séparant l’Oubangui-Chari du Congo belge, propriété personnelle de Léopold II ( !). Tension, violences, coups bas, marchandages, quelque chose entre Au cœur des ténèbres et Tintin au Congo.
Avec cette collection traitant de la Bretagne, tout est plus mesuré. Disparu cette année, à 86 ans, Claude Gaudillat, finistérien d’adoption a réuni en plus d’un demi-siècle, un demi-millier de cartes anciennes, de plans aussi, un fonds exceptionnel mis en vente le 25 juin 2021 par l’étude Missika-Thilliez, à Drouot.
On pourra y acheter des cartes remarquables comme :
– Carte marine hollandaise, chez Plantin, Leyde, 1580.
– Carte manuscrite de Jacques Fougère, 1590-1600.
– Carte de Romain de Hooghe, Amsterdam, 1693.
– Les neuf évêchés bretons, Amsterdam, 1696.
– Carte manuscrite du comté de Cornouaille, ca 1760.
– Evêché de Léon, carte manuscrite, 1763.
– Golfe de Saint-Malo, légendée en turc ottoman.
– Plan manuscrit de Lorient, 1732.
Et beaucoup d’autres, à des prix souvent très raisonnables. A saisir !
Jean-Joël BREGEON
Ps : pour voir les lots en vente c’est ici
Crédit photo : DR
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