Pollutions, algues toxiques : les côtes françaises marquées par les fermetures de plages cet été

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Tandis que les touristes se sont rués vers les côtes de l’Hexagone durant la belle saison pour tenter d’oublier un temps la crise sanitaire, de nombreuses plages ont fait l’objet de fermetures plus ou moins longues en raison de pollutions ou encore, phénomène inédit, de la présence d’une algue toxique sur la côte basque.

Des plages fermées pour des bactéries à Saint-Malo

En cet été 2021, plusieurs épisodes de fermeture des plages sont venus obscurcir le ciel sur le littoral français, sans même parler de celles condamnées en raison de la présence d’algues vertes.

Le 15 juillet, les sauveteurs hissaient le drapeau violet sur les plages du Pont et de La Hoguette à Saint-Malo. La raison ? Les analyses des eaux de baignades avaient alors fait apparaître la présence de deux bactéries (Escherichia Coli et Entérocoque) mettant en danger la sécurité des baigneurs.

Rapidement, au cours de cette même journée, un arrêté municipal est affiché sur les cabanes de surveillance des plages concernées : « Suite à la découverte de ces bactéries lors des analyses effectuée par l’ARS (Agence régionale de santé) et Véolia, baignade et pêche à pied sont interdites à compter de ce jeudi 15 juillet, et jusqu’à réouverture de la zone au public, lorsque les résultats d’analyses des prélèvements de contrôle sanitaire des eaux de baignade le permettront ».

Quant à l’origine de cette pollution, la ville de Saint-Malo, par le biais d’un communiqué, l’attribuera « aux conditions climatiques [des] derniers jours et notamment les fortes pluies survenues » le week-end précédent.

Trégastel, station balnéaire également concernée

Dans le Trégor, la station balnéaire prisée de Trégastel a également connu des désagréments à la mi-juillet. Le 14 du mois, la plage du Coz Pors a été interdite à la baignade en raison d’un seuil élevé d’entérocoques dans l’eau selon des prélèvements réalisés par l’agence régionale de santé. L’origine de la pollution n’avait alors pas été expliquée par la mairie.

Durant l’été 2019, Trégastel avait déjà bénéficié d’une mauvaise publicité lorsque, le 19 juillet, les analyses de l’ARS dans les eaux de la plage de Toul Bihan révélaient la présence de bactéries escherichia coli. En conséquence, les plages de l’anse de Kerlavoas furent provisoirement fermées à la baignade et à la pêche. Une interdiction qui s’étendit sur quatre jours.

Cinq plages finistériennes interdites de baignade durant tout l’été

Outre les fermetures temporaires, certaines plages étaient déjà scellées sur leur sort avant même le début de la période estivale. C’était notamment le cas de cinq plages finistériennes où la baignade fut déclarée interdite pour l’ensemble de la saison 2021 en raison d’une piètre qualité de l’eau : il s’agissait des plages de la Croix et de Barrachou, à Guissény, de la plage du Lerret, à Kerlouan, de la plage du Château, à Landunvez, et de la plage du Mazou, à Porspoder. Des plages déjà frappées de la même interdiction au cours des années précédentes…

Hormis une cause climatique telle des chutes de pluie importantes, plusieurs raisons diverses peuvent expliquer une fermeture de plage. Une pollution bactérienne des eaux de baignade peut notamment résulter d’une mauvaise gestion des eaux usées sur un territoire avec parfois des réseaux de collecte vieillissants.

Une microalgue toxique sur la côte basque

Plus généralement, de nombreuses fermetures de plages pour des problèmes de pollution des eaux de baignade ont été relevées en plusieurs endroits du littoral français depuis le début de l’été 2021, de Saint-Nazaire à Marseille en passant par la Côte d’Azur.

Mais des interdictions de baignade, aux origines plus surprenantes, ont retenu l’attention sur la côte basque. En effet, plusieurs plages furent fermées les 8 et 9 août en raison de la présence d’une algue, Ostreopsis. Ce fut notamment le cas à Biarritz mais aussi à Bidart et à Saint-Jean-de-Luz. Cette microalgue toxique peut provoquer des irritations et des états grippaux chez l’Homme.

Ces interdictions sur une côte qui est le bastion du surf en France ont notamment fait réagir la Surfrider Foundation Europe qui, par le biais d’un communiqué, déclara que l’apparition de ces algues toxiques « en Méditerranée comme sur la côte Atlantique nous questionne fortement sur les dérèglements de la biodiversité dus au changement climatique et nous inquiète pour la santé des usagers de la mer. » Inquiétant, c’est le mot…

Des symptômes grippaux proches du Covid-19

Ironie de l’histoire, les symptômes présentés par les personnes intoxiquées par l’algue Ostreopsis, « bénins » et qui « passeraient tout seuls », seraient proches d’un état grippal et donc du Covid-19 avec des troubles respiratoires potentiels pour les baigneurs, les surfeurs mais aussi les promeneurs puisque la cytotoxine incriminée peut aussi être transportée par les embruns… Face à cette ressemblance, le maire de Bidart Emmanuel Alzuri précisait alors qu’il était demandé aux personnes ayant ces symptômes « d’aller d’abord se faire tester pour le Covid et, si c’est négatif, de consulter un médecin ».

Si « la présence de cette algue est une première à Biarritz », comme l’a souligné la mairie le 9 août, des cas infections similaires avaient cependant déjà été signalés du côté d’Hendaye au mois de septembre 2020. Auparavant, ces algues n’étaient observées que dans les eaux tropicales.

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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