Saint-Étienne-de-Baïgorry (Pays Basque) : fresque d’hommage aux martyrs d’Ipparetarrak

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Ipparetarrak ou IK. Le nom fleure bon les années 70 et 80 même si l’organisation séparatiste basque a continué ses actions jusque dans les années 2000.

Le temps a passé et chacun peut penser ce qu’il veut de la pertinence de la lutte armée au Pays Basque mais Ipparetarrak a bénéficié d’un véritable soutien au Pays Basque Nord durant ses années de poudre et le secteur de Saint-Étienne-de-Baïgorry en Basse-Navarre a été quasiment sous occupation militaire pendant des mois, avec fourgons de CRS dans le village qui avait vu naître les frères Bidart, dont Philippe, leader historique d’Ipparetarrak.

Car, et c’est ce qui se dit ouvertement au Pays Basque, sans Ipparetarrak, le Pays Basque nord serait aujourd’hui un simple bronze-cul pour parisiens en espadrilles et l’intérieur du pays, une zone sinistrée et débasquisée.

C’est pour garder le souvenir de ces années de lutte et clore un chapitre qu’une fresque a été dévoilée le samedi 26 avril à Saint-Étienne-de-Baïgorry. Rassemblés autour de Philippe Bidart et de ses soutiens, les habitants du cru ont ainsi pu découvrir le visage des 6 militants de l’organisation morts en opération : Txomin Olhagarai et Ramuntxo Arruiz, tués dans l’explosion de leur bombe en mars 1980; Didier Lafitte, abattu d’une balle dans le dos par la police française à Bayonne en 1984; Maddi Hegi, percutée par un train en juin 1987 alors qu’elle fuyait un contrôle de police; Kristof Isteque, tué dans l’explosion accidentelle de sa bombe en 1987 et, bien entendu, Jean Louis Larre dit Popo, disparu en août 1983 après une fusillade avec la police française dans un camping landais et dont le corps n’a jamais été retrouvé. Popo Larré a clairement été une victime de la guerre sale qu’ont livré les polices françaises et espagnoles aux nationalistes basques pendant les années 80 et 90.

La fresque surmontée de l’inscription « Herriak Bizi Behar Du » (Ce pays doit vivre -slogan phare des années Iparretarrak) est l’oeuvre de l’artiste Xabi Xabxab Tapia d’Urrutia et a été dévoilée la veille de la « Nafarroaren Eguna » ou Journée de la Navarre », évènement très suivi et fêté des deux côtés de la frontière, en Basse-Navarre (au nord) comme en Navarre (au sud) jusque dans le moindre village basque.

Philippe Bidart a fait 19 ans de prison pour la cause basque. Et il continue toujours à militer à 72 ans.

Crédit photo : DR
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Une réponse à “Saint-Étienne-de-Baïgorry (Pays Basque) : fresque d’hommage aux martyrs d’Ipparetarrak”

  1. Raymond Neveu dit :

    J’ignorais que la lutte fut aussi féroce en terres basques mais outre les problèmes linguistiques nous eûmes l’exode rural, les masses populaires allaient se parisianiser à Paris et revenaient sur les genoux de mamm gozh pour apprendre le breton d’Ofis ar Gôchiasted, divlas tout ar yezh g’ar re se. Enfin en Pays Basque on est loin de notre bon vieux FLB qui recevait l’onction sainte de curés du Trégor.

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