Finistère. Le parc lance une étude génétique des Grands dauphins en Iroise.

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Depuis 2010, le Parc naturel marin d’Iroise étudie les Grands dauphins qui vivent dans ses eaux. Pour mieux comprendre le fonctionnement de ces groupes, une étude génétique est lancée en partenariat avec le Muséum National d’Histoire Naturelle, l’occasion de tester un protocole peu impactant pour les animaux.

L’Iroise, un refuge pour le Grand dauphin

L’Iroise a la particularité d’accueillir deux groupes de Grands dauphins côtiers (Tursiops truncatus) : l’un sur l’archipel de Molène et l’autre sur la chaussée de Sein. Un troisième groupe vit au large de la Baie du Mont St Michel, dans le Golfe Normand-Breton. Ces trois groupes sont les seuls connus en France métropolitaine depuis la disparition du groupe côtier d‘Arcachon en 2001. D’autres Grands dauphins fréquentent également l’Iroise. Ils sont dits « océaniques » car ils vivent le plus souvent au large mais font parfois des incursions à la côte.

De la photo-identification au suivi génétique

Depuis 2010, le Parc naturel marin d’Iroise suit ces groupes de Grands dauphins par photo-identification. En photographiant les dorsales qui portent des marques propres à chaque individu, il est possible de reconnaître chaque dauphin et de suivre ainsi les dynamiques de population : les naissances, les disparitions, les nouveaux venus, les déplacements, le nombre d’individus par secteur géographique, etc.. Le groupe de Sein est aujourd’hui estimé à une quarantaine de dauphins, et celui de Molène à plus de 100. Si le groupe de Sein est relativement bien connu, celui de Molène semble nettement plus complexe. S’agit-il toujours d’un même groupe côtier ou de plusieurs ? Est-ce que d’autres Grands dauphins viennent de façon ponctuelle s’intégrer au groupe ? A ce jour, aucun échange entre les groupes de Sein et de Molène n’a pu être établi. De même, aucun élément ne permet de savoir si les Grands dauphins côtiers et océaniques ont des contacts ou se reproduisent entre eux. Une absence de diversité génétique pourrait remettre en question leur survie à long terme. La mise en place d’une étude génétique s’est imposée afin de mieux comprendre ces groupes et leur dynamique, les filiations et les éventuels échanges.

Un nouveau protocole non-invasif

Les études génétiques sur les cétacés sont généralement réalisées avec des prélèvements à l’arbalète permettant de prélever du matériel biologique : peau-lard-muscle. Dans un souci de préservation de ces animaux, le parc n’a pas souhaité mettre en œuvre cette technique. Ainsi, avec l’Université de Bretagne Occidentale – Museum National d’Histoire Naturelle (ISYEB), une technique non-invasive a été développée. Elle consiste à prélever de l’ADN en frottant la peau des dauphins avec des écouvillons fixés au bout d’une perche en bambou ou d’une canne à pêche. Le parc a sollicité les dérogations nécessaires à l’interdiction d’approche des cétacés à moins de 100 mètres. Hormis cette perturbation, le procédé par frottement ne nécessite ni la capture des animaux, ni la perforation de leurs tissus ; et il est suffisant pour récupérer le matériel génétique nécessaire à la réalisation d’analyses poussées. Les premiers résultats sont assez étonnants et semblent montrer que les Grands dauphins océaniques sont peut-être plus présents en Iroise que ce que l’on supposait. Sur les Grands dauphins de l’Iroise, il reste encore tellement de choses à découvrir.

Crédit photo : Cécile Gicquel, office français de la biodiversité
[cc] Breizh-info.com, 2021, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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