Cinéma. Squid game : criard et surcôté

Il parait que Hwang Dong-hyuk, le créateur de Squid Game, a mis 10 piges avant de réussir à placer son produit.

Ce n’est pas tellement étonnant vu sa banalité. Le monde n’avait pas encore assez involué pour se lasser happer par quelque chose d’aussi peu original et à la profondeur d’un message de biscuit chinois.

Mais 10 ans plus tard, aujourd’hui donc, nos jeunes sont prêts à avaler n’importe quoi du moment que c’est bien marketé et suffisamment moche pour faire croire que cela sort de l’ordinaire.

Alors de quoi parle la série dont tout le monde parle ? En gros, des gens ayant des problèmes d’argent acceptent de participer à un concours pour en gagner. En quoi consiste le concours en question ? En des épreuves inspirées de jeux enfantins comme 1,2,3 soleil ou le tir à la corde. Mais attention ! Les éliminés meurent, ce qu’ils ne savaient pas en acceptant de participer.

Bref du jamais vu ! A part dans Battle Royale, Hunger Games, Marathon man, Running Man, Liar Game, Gambling Apocalypse, As the Gods Will, Saw et des paquets et des paquets d’autres.

Après, dans l’absolu, il n’est pas vraiment nécessaire d’avoir une idée originale pour raconter une histoire intéressante. Après tout, on n’a pas inventé grand-chose depuis Tristan et Iseult et pourtant il existe de nombreuses magnifiques histoires d’amour.

Mais si en plus de n’avoir aucune originalité, l’histoire est mal racontée, alors il n’existe à peu près aucun intérêt de dépenser son précieux temps, la seule chose qu’on ne peut pas récupérer, pour être diverti par une telle bouse.

Une fois la surprise de l’ultraviolence passée, il ne reste rien à tirer de cette série. Mais c’est dans l’air du temps, une chose chasse l’autre et ne laisse pas plus de traces dans le monde que les ondes à la surface d’une mare dans laquelle on aurait jeté un caillou. En ce sens, squid game est tout à fait comparable à un porno. Il appuie sur les bons ressorts neuronaux et hormonaux pour que les gens regardent, mais une fois le mécanisme de récompense déclenché, tout le monde se sent vaguement honteux et on l’oublie vite.

Et c’est bien le problème, il n’y a en fait pas grand-chose à dire sur ce produit markété pour les 8/21 ans et qui fait croire aux plus jeunes que la violence est subversive et aux plus vieux de cette tranche d’âge qu’il porte un discours intelligent et profond sur l’argent qui « pourrit tout ».

Les « surprises » se voient venir à des kilomètres, n’importe qui avec un quotient intellectuel supérieur à celui d’un chimpanzé sait dès le premier épisode tout ce qui se passera ensuite, retournements de situation compris à part peut-être les intrigues secondaires qui n’ont aucun intérêt et semblent avoir été ajoutées au pied de biche pour augmenter le nombre d’épisodes.

Le pire étant que l’on peut prévoir tout ce qui se passe parce que cette série est coupable de la pire faute pour un récit qui est de ne pas respecter ses propres règles. Sans divulgacher les derniers épisodes, tout est cousu de fil blanc parce qu’il est plus simple justement de ne pas obéir aux règles qu’on s’est fixées que de produire un récit cohérent.

Et pourtant, malgré tous ses défauts évidents et dignes d’une rédaction de collégien se fantasmant en nouveau Quentin Tarantino, cette série est le « phénomène culturel » du moment et nous voici en train d’en parler pour profiter un peu de sa lumière blême. 

Les enfants y jouent dans la cour de récréation, des jeunes abrutis se battent pour accéder au café/salle de jeux squid game à Paris, des gens s’habillent comme dans la série et nous vivons donc dans le monde de squid game. 

Il n’y a pas de quoi se réjouir.

- Sécession la première parution de Yann Vallerie, rédacteur en chef de Breizh-info -

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