Musique. Patti Smith, la poésie du punk

Punk dans l’âme, guitare saturée pointée comme une arme, Patti Smith n’a jamais succombé aux sirènes de la célébrité et continue de déconstruire les codes en convoquant un imaginaire foisonnant teinté de poésie. En cinquante ans de carrière, la prêtresse chamanique a créé sa mythologie sans compromis. Un portrait grisant à l’occasion de ses 75 ans. Été 1967, en pleine vague du « flower power », Patricia Lee Smith, 20 ans, quitte son New Jersey rural pour Manhattan, capitale incandescente de la réinvention de soi. Dans la valise de celle qui se perçoit enfant comme une « alien » et se rêve artiste, « Les illuminations » de Rimbaud et un carnet de croquis. » Bad boy » en rupture, Robert Mapplethorpe, pas encore photographe, vaut à l’aventurière son premier coup de foudre.

Avec lui, ex-amant devenu ami, Patti part à la conquête d’une Big Apple où se croisent, dans une déferlante de créativité, Andy Warhol, Janis Joplin et Jimi Hendrix.

Dans les couloirs du Chelsea Hotel, haut lieu de la contre-culture et de l’utopie, la jeune poétesse aiguise sa plume auprès de William Burroughs, Allen Ginsberg et Gregory Corso. Après des lectures remarquées de ses textes et un single autoproduit, ses concerts révèlent une bête de scène à l’énergie furieuse, son écriture et son chant imposant une radicalité nouvelle. Avec son look androgyne et sa rage de vivre mêlée d’une intériorité mélancolique, l’égérie punk du New York underground percute avec fracas la planète rock. Signé par Clive Davis sous le label Arista en 1975, son premier album, « Horses », fait l’effet d’une détonation, avant l’envers de la gloire, quand la chanteuse frôle la mort après une chute de la scène.

Icône libertaire nageant à contre-courant, amoureuse, de Sam Shepard à son mari, le guitariste Fred « Sonic » Smith, disparu en 1994, avec lequel elle signe « People Have the Power », l’artiste assume avec classe tous ses désirs : musique, littérature, photographie. De concerts-performances survoltés en puissantes confessions, Sophie Peyrard et Anne Cutaia retracent, au fil d’archives rares et de séquences animées, le parcours d’une passionnée de mots, qui revendique l’art comme force politique. L’épopée fantastique d’une fille pas comme les autres, qui a révolutionné le rock.

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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