Carhaix, Quimperlé, Guingamp, Callac….la colère des agriculteurs monte

Ils le disent tous, ils sont asphyxiés : ils ont beau travailler comme des acharnés, toute l’année, la plupart des agriculteurs qui manifestent actuellement ne parviennent pas à boucler les fins de mois, hormis à s’endetter encore et toujours plus.

Plongés dans une spirale infernale (souvent encouragée par quelques banques) depuis des décennies, d’investissements en subventions, et donc en perfusions, tout en subissant les conséquences de la mondialisation, le monde agricole, notamment en Bretagne, est à l’agonie. Et il le fait savoir

Samedi 19 février 2022, les jeunes agriculteurs des Côtes-d’Armor ont mené des actions coups de poing dans les supermarchés Carrefour, Leclerc et Intermarché pour protester, entre autres, contre les prix toujours plus bas auxquels les grandes surfaces achètent leurs produits. Certains évoquent même l’agriculteur biologique, dans laquelle ils se sont lancés pour s’adapter à la demande. Visiblement, dans ce domaine, la grande distribution multiplierait ses marges par 4 par rapport au prix d’achat. Et s’en mettrait plein les poches sur le dos des agriculteurs comme des consommateurs.

Autre raison de la colère ? La viande étrangère présente dans les supermarchés en Bretagne. On pourrait certes rétorquer à certains agriculteurs en élevage intensifs que eux aussi, produisent en quantité pour exporter de la viande, et de la volaille, dans d’autres parties du monde. Ce qui n’a aucun sens d’ailleurs…non plus !

Quoi qu’il en soit, la colère gronde. Des actions ont été menées également à Quimperlé, à Callac. A Carhaix, un camion citerne livrant du lait au groupe Sodiaal, monstre du marché, a été contraint de vider l’intégralité de la citerne sur la route par des individus cagoulés.

A Quimperlé, un cortège composé d’une quinzaine de tracteurs s’était donné rendez-vous en fin de matinée au supermarché Aldi. Ils sont ensuite entrés dans le magasin avec l’objectif de vérifier les provenances des produits frais vendus.   Les engins agricoles ont ensuite pris la route pour traverser Quimperlé direction le Leclerc, où la même opération a été conduite en début d’après-midi. Ils ont déversé pneus et terre sur le parvis du Leclerc, puis ont décidé d’aller vers le Lidl de Quimperlé.

La question est maintenant de savoir si comme trop souvent, les agriculteurs syndiqués se contenteront, après quelques blocages, de prendre le chèque que sortent souvent les autorités ou les régulateurs du marché dans ces situations, ou bien si une remise en cause globale du système agricole, en Bretagne comme dans d’autres régions, sera étudiée, sur la table, pour permettre aux agriculteurs de vivre dignement de leur travail (et sans dépendre des subventions), et aux consommateurs de bien manger, ici, chez nous, sans se préoccuper de nourrir la planète entière et d’engraisser quelques riches sociétés cotées en bourse.

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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