Présidentielle 2022. Valérie Pécresse ne brille que pour le prologue

Pécresse

Les électeurs de droite ont la chance d’avoir une bonne candidate à l’élection présidentielle : Valérie Pécresse. Comme dans le Tour de France, on commence par le prologue ; elle arrive en tête. La première place lui revient pour le nombre de parrainages : 2 636 ; elle devance aisément Emmanuel Macron (2 098). La première place lui revient également pour l’importance du patrimoine : 9,7 millions d’euros ; elle devance avec la même facilité Eric Zemmour (4,2 millions d’euros). La présidente de la Région Ile-de-France possède en effet « trois maisons et des terres agricoles, pour une valeur totale de plus de 4,1 millions d’euros. Avec son mari, elle détient près de 6,5 millions d’euros en assurances-vie, plan d’épargne, actions, comptes courants et produits d’épargne, ainsi que 60 000 euros d’œuvres d’art, dont une lithographie de Joan Miro évaluée à 14 000 euros. La candidate rembourse cependant 1 million d’euros de prêt immobilier » (Le Figaro, jeudi 10 mars 2022).

La Bretagne peut s’enorgueillir de participer de belle manière au patrimoine de Valérie Pécresse. En effet elle possède avec son mari deux villas à La Baule (près du casino). Le 11 octobre 2003, « le couple achète à La Baule, sur le très chic front de mer, une villa de style 1930 comprenant « un rez-de-chaussée et trois étages », avec six chambres et un jardin, pour 1 million d’euros payé cash (…) Avec l’évolution des prix locaux, la valeur de cette baraque s’approche aujourd’hui des 2 millions d’euros… ». En mai 2014, « nouvelle emplette bauloise : le couple craque pour la villa d’à côté, déjà divisée en trois appartements et cinq studios. Montant de cet investissement destiné à la location saisonnière : 1,995 million d’euros, dont 1 million issu d’un prêt bancaire. » (Le Canard enchaîné, 2 février 2022)

Mais pour les sondages portant sur les intentions de vote, ça ne marche pas fort ; on a l’impression d’une glissade. Sondage du 24 au 27 février : elle est créditée de 12,5 % ; elle arrive en quatrième position et devance Jean-Luc Mélenchon (11,5 %). Sondage des 2 et 3 mars : 11,5 % ; elle arrive en cinquième position et se trouve devancée par Jean-Luc Mélenchon (12 %), tandis que Emmanuel Macron fait largement la course en tête avec 30,5 % des intentions de vote (Ipsos, Le Monde, dimanche 6-lundi 7 mars 2022). Une semaine plus tard, aggravation de la situation avec une enquête réalisée par Ipsos entre le 9 et le 12 mars : 11 % pour Valérie Pécresse ; elle occupe toujours la cinquième place, derrière Jean-Luc Mélenchon (12 %), Eric Zemmour (13,5 %), Marine Le Pen (16 %) et Emmanuel Macron (30,5 %). Selon Brice Teinturier, directeur général d’Ipsos, la candidate de LR « ne mobilise que 44 % des électeurs de François Fillon au premier tour de 2017 » (Ipsos, Aujourd’hui en France, dimanche 13 mars 2022). Ces mauvais chiffres n’empêchent pas Mme Pécresse de conserver le moral : « Si je suis dans cette campagne, c’est pour la gagner, et donc je serai au deuxième tour » (Franceinfo, vendredi 4 mars 2022) ; c’est comme si c’était fait !

Une femme « indomptable »

Ses proches espèrent que les Français vont comprendre que seule leur candidate est taillée pour battre Emmanuel Macron et mener les réformes indispensables au pays. C’est ce que croit Maël de Calan (LR), président du conseil départemental du Finistère récemment revenu dans la campagne : « La mesure magique n’existe pas. Il faut des dispositions cohérentes, simples et compréhensibles et c’est ce que nous avons. » Pour lui, Valérie Pécresse fera la différence, car « c’est une candidate qui a de la profondeur » (Le Monde, vendredi 11 février 2022). Elle a surtout du patrimoine ! Et elle sait montrer l’exemple : « Je veux faire une France de propriétaires. » (Le Figaro, lundi 24 janvier 2022). « Valérie va s’appuyer sur sa connaissance des dossiers, l’expérience qu’elle a accumulée depuis des années, sa solidité », assure Franck Louvrier (LR), maire de La Baule et ancien conseiller communication de Nicolas Sarkozy (Le Monde, vendredi 11 mars 2022).

Pour ce qui est des « dossiers », elle aura de quoi s’occuper prochainement. On peut citer l’affaire des chargés de mission auprès des élus au conseil régional d’Ile-de-France ; « employés officiellement par l’administration du conseil régional, une trentaine d’entre eux étaient en fait utilisés comme petites mains par les vice-présidents de la majorité » (Libération, vendredi 11 mars 2022). Mais aussi des « soupçons de prise illégale d’intérêts » la rattrapent ; en effet des élus écolos ont saisi le procureur de la République : « Valérie Pécresse a-t-elle été en conflits d’intérêts en cumulant la possession, avec son mari, d’actions Alstom, et sa casquette de présidente d’Ile-de-France Mobilités (IDFM) ? » En effet « la présidente de la région Ile-de-France a déclaré, en février 2020, détenir plus de 80 000 titres Alstom (pour une valeur de 732 325 euros) avec son mari » (Libération, jeudi 24 février 2022), Jérôme Pécresse, ancien vice-président d’Alstom et président de sa branche énergies renouvelables (GE Renewable Energy). « Depuis le début du premier mandat régional de la présidente LR de région, IDFM a commandé près de 2,4 milliards d’euros de matériel roulant à Alstom. » (Le Monde, mercredi 23 février 2022). Les juges d’instruction auront de quoi s’occuper. Heureusement qu’on peut compter sur le chien Douglas – un électeur fidèle – pour détendre l’atmosphère…

Bernard Morvan

Crédit photo : DR

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