Xavier Moreau : « La gauche française finira par s’écrouler victime de ses propres contradictions » [Interview]

La gauche française prétend depuis son apparition sur la scène politique française à la supériorité morale non seulement sur une droite conservatrice rarement représentée mais sur le peuple français en tant que tel.

Elle en serait le guide vers un meilleur des mondes progressiste. Pourtant lorsque l’on regarde les accomplissements de la gauche depuis 1792, on y perçoit sur l’essentiel qu’une succession de crimes et de trahisons dont à aucun moment elle n’a eu l’intention de s’amender. C’est cette histoire sans concession de la gauche française qui est retracée dans ce livre signé Xavier Moreau, qu’une partie de nos lecteurs connaissent sans doute en tant qu’animateur principal de la chaine Stratpol.

Nous l’avons interrogé à la découverte de son nouvel ouvrage, incisif et sans concession.

Breizh-info.com : Pouvez vous vous présenter à nos lecteurs ?

Xavier Moreau : Je suis un homme d’affaires basé à Moscou depuis 22 ans. J’ai simultanément suivi un cursus militaire (Saint-Cyr puis officier parachutiste) et universitaire (DEA à Paris IV Sorbonne).

Breizh-info.com :Pourquoi avoir décidé d’écrire ce livre noir de la gauche française ? Ne devrait-on pas plutôt parler de gauches au pluriel, tant celles-ci, de la gauche libertaire, aux communistes, en passant par les socialistes, sont différentes, y compris idéologiquement parlant ?

J’ai voulu précisément remonter à la source de ces idéologies en démontrant qu’elles avaient toutes une origine commune remontant à la Révolution et même au-delà, puisque j’en situe l’apparition lors de l’instauration du premier régime totalitaire en Europe, celui de Calvin à Genève au milieu du XVIe siècle. Je démontre également que même les formes les plus radicales de la gauche française finissent par être intégrées au sein de ce que j’appelle la gauche bourgeoise, qui est au pouvoir en France de manière quasiment continue de 1877 jusqu’à nos jours.

Breizh-info.com : Vous dites que l’histoire de la gauche française est une succession de crimes et de trahisons… n’y allez vous pas un peu fort ?

Je ne fais pourtant qu’énoncer des faits historiques incontestables, dont d’ailleurs la gauche n’est pas fière puisqu’elle en rejette systématiquement la responsabilité sur d’autres courants politiques, « l’extrême droite » en premier lieu. Le cas de la collaboration avec l’Allemagne nazie est le plus révélateur car elle fut le fait de la gauche française issue de la IIIe république. L’historiographie officielle accuse les nationalistes français alors que ce sont eux qui ont résisté.

Breizh-info.com : Quels sont les exemples marquants de ces crimes et trahisons ?

Je viens de citer la collaboration, mais l’on en vient naturellement à parler de la répression puisque de la guillotine aux Gilets-Jaunes, jusqu’au QR code policier, la gauche bourgeoise française a toujours exercé une violence sans limite contre le peuple français, aussitôt que celui-ci refusait de lui obéir. L’expansionnisme idéologique et militaire est aussi ce qui la caractérise, depuis la déclaration de guerre aux Tyrans en 1792 jusqu’à l’absurde et ruineuse conquête coloniale. En ce moment, ce bellicisme se manifeste par une véritable déclaration de guerre économique à la Russie, « quoi qu’il en coûte » à la France et à son économie, alors que notre pays n’a aucun intérêt ni en Ukraine, ni en mer noire.

Breizh-info.com : Comment cette gauche française a-t-elle fait, malgré les faits qui lui sont reprochés, pour dominer la scène politique, moralement, et même politiquement au regard de ses idées qui ont pénétré y compris les milieux de droite depuis plusieurs décennies ?

La gauche française était sur le point de s’effondrer dans sa totalité avant la Seconde Guerre mondiale et fut en fait sauvée par cette dernière. Les gauches bourgeoise et communiste qui étaient responsables de la Défaite et de la Collaboration réussirent grâce à l’épuration et à un véritable terrorisme intellectuel à s’emparer du pouvoir en France et pour longtemps. A côté de cela la droite conservatrice ou nationaliste s’enferma, à un moment dans une impossible restauration monarchique, puis par la suite, dans un combat absolument vain pour conserver le ruineux empire colonial au nom d’une grandeur factice et d’un anticommunisme incapacitant.

Breizh-info.com : Comment expliquer dès lors la soumission culturelle, intellectuelle, idéologique, de la droite à la gauche, malgré les tâches, sanglantes, que celle-ci a laissées dans notre histoire récente ?

Il n’y a pas de parti de droite en France au sens étymologique et doctrinal du terme. Il y a des partis de nuances de gauche qui ont tous accepté le carcan idéologique gauchiste qui s’est imposé dès la Révolution puis sous la IIIe république. Pour exister politiquement en France il faut accepter l’essentiel de cette idéologie et de ce récit pseudo-historique, qui ont été réorientés à partir des années soixante vers une déconstruction totale de notre Nation.

Breizh-info.com : Malgré le lourd passif que vous attribuez à la gauche, elle fait encore aujourd’hui, bien que son influence électorale soit réduite, la pluie et le beau temps idéologique en France. Ainsi, le wokisme, l’égalitarisme, le féminisme, l’antiracisme ont largement pénétré, y compris les strates entrepreneuriales et décideuses de notre société…Quelles solutions pour y remédier ?

Tout d’abord la gauche française – comme le capitalisme selon Marx – finira par s’écrouler victime de ses propres contradictions, à savoir la mise en place simultanée d’une société libertaire LGBT+ et d’une société diversitaire composée de populations africaines ou moyen-orientales très peu tolérantes vis-à-vis de la première. Cette aberration se produit en outre dans une France au bord de la banqueroute. Ensuite les nouvelles générations de Français seront soit complètement abruties par le système, ce qui les rendra inopérants politiquement, soit en rupture totale avec celui-ci et si cette énergie est captée par des élites compétentes et déterminées tout deviendra possible.

Propos recueillis par YV

Illustrations  : DR
[cc] Breizh-info.com, 2022, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

0 réponse

  1. J’ apprécie et admire beaucoup Xavier Moreau pour ses interventions sur Stratpol (que j’ ai découvert il y a peu, depuis la riposte apparemment magistrale de la Russie à l’ agression permanente des Etats-Unis d’ Amérique ). Je trouve que son appartenance politique (droite catholique décomplexée ?) n’ enlève rien au professionnalisme et à l’ honnêteté de son travail de réinformation. Mais, bien que ce ne soit pas le moment, j’ aimerais attirer son attention sur le fait que la collaboration avec l’ Allemagne nazie (avant, pendant et même après (*) l’ Occupation) a concerné l’ ensemble de la classe politique française, à l’ exception des communistes et de toutes petites minorités appartenant aux autres familles. A’ mon avis incontournables à ce propos sont les ouvrages denses, précisément documentés (références archivistiques innombrables) de l’ historienne Annie Lacroix-Riz ( « Industriels et banquiers français sous l’ Occupation « , « Le choix de la défaite « ,  » De Munich à Vichy « , « Les élit
    es françaises entre 1940 et 1944  » et « La non-épuration en France » ). Communiste affirmée, elle rend volontiers justice aux quelques grands bonshommes de droite et d’ extrême-droite qui ont préféré la défense de la patrie à celle de leur porte-feuille, mais, sur la question de la collaboration, les archives sont impitoyables : de l’ extrême-droite aux socialistes auto-proclamés, tous furent concernés .
    (*) « Après l’ Occupation  » : du sauvetage par les Occidentaux de très nombreux criminels nazis à la présentation des dirigeants allemands d’ après-guerre comme des démocrates insoupçonnables .

    1. Heureusement que vous citez Annie, dont j’apprécie son œuvre, mais il ne pas oublier que son appartenance communiste fait que celle-ci soit amnésique à ce point de la collaboration pourtant avérée des apparatchiks bolchéviques, appelés communistes maintenant.
      Bien évidemment que tous les électeurs dits « communistes » n’ont pas collaboré, puisque patriotes dans leur cœur.
      Mais voilà, Hitler lançait l’opération Barbarossa,, en s’attaquant aux troupes russes en Pologne orientale, puis en poursuivant son offensive vers Moscou.
      Hitler rompait ainsi le pacte de non agression « germano-soviétique », donc de non agression des bolchéviques !
      Tout comme ces collabos socialistes, déjà liés au socialiste Hitler dans son projet social-démocrate (!) « Das Neue Europa », ce 3e Reich qui devait faire revivre ce Saint Empire germanique, et cela puisque la France était sous hégémonie socialiste depuis les années20 !
      La grande propagande à l’encontre de la population de confession juive était bien organisée par ce Pouvoir socialiste qui tenait toutes les ficelles !
      Faut-il rappeler que ce Saint Empire germanique avait déjà trahi la chrétienté et le Pape, puisque à l’origine des deux grands schismes chrétiens, le premier entre l’Église d’Orient et celle d’Occident lors de la 1ère Croisade, et le second schisme avec l’émergence du protestantisme gothique anglo-saxon, tout en passant par l’arrestation des croisés par Philippe le Bel.
      Pour faire court, je ne développerai pas d’avantages.
      Les communistes élus et les apparatchiks et autres « électeurs » obéissant au dogme, ont bel et bien collaboré jusqu’au 22 juin 1941 , soit pendant près de deux ans sur les six années du conflit !
      Il est évident qu’il ne faut surtout pas se baser sur l’œuvre de Praxton, qui donne un récit flatteur pour cette social-démocratie anglo-saxonne décadente !
      Aujourd’hui, la doxa régnante en France, toujours la même si vous avez compris le livre de Xavier Moreau, judiciarise et sanctionne toute recherche d’une vérité historique discordante de la doxa anglo-saxonne.
      En matière de recherche, la remise en question du récit est pourtant une règle.
      J’ajouterai que l’armée nazie avait été vaincue dans leur conquête à Stalingrad en novembre 1943 par l’URSS, qui poursuivi les perdants jusqu’en Allemagne.
      Ainsi, de 1941 à 1945, 80 % des pertes de la Wehrmacht sont subies sur le front russe !
      En outre, les pertes militaires de l’Union soviétique représentent 85 % du total des pertes alliées en Europe (Royaume-Uni 3,7 % ; France 2,9 % ; États-Unis 2,6 %).
      Il faut comprendre que sans la quasi défaite nazie contre les soviets et « Pearl Harbor » dans le pacifique, qui peut affirmer de l’entrée en guerre de l’alliance anglo-saxonne en Europe ?
      Les américains se battaient plutôt pour leur hégémonie dans le pacifique !
      Les débarquements alliés se firent donc contre une machine de guerre nazie bien affaiblie.
      C’st pourtant le récit de l’américain Praxton que l’on impose en France, et ailleurs en Europe !
      Aujourd’hui, ce sont toujours ces mêmes anglo-saxons belliqueux qui s’en prennent à la Russie, utilisant un théâtre d’opération en Ukraine, obligeant une réaction russe de « service d’ordre armé » afin d’anticiper un génocide envers les populations russophones d’Ukraine, et plus particulièrement une invasion du Donbass programmée par une Garde Nationale dite « Ukronazie », d’où l’expression par Poutine de « dénazification ».

    2. Pour la collaboration des communistes avant l’invasion allemande de l’URSS, il suffit de se rappeler que l’Humanité est paru à Paris (y compris en zone occupée) jusqu’à l’invasion de l’URSS, Donc les communistes français ont préféré jusqu’à l’attaque de l’URSS leur alliance avec l’Allemagne National-Socialiste par fidélité au Parti à leur fidélité à la France.

  2. Un livre excellent. Il a raison, au lycée, certains professeurs dans les années 70, nous vantaient leur appartenance à la gauche et nous prônaient la pédophilie au nom de l' »éducation » des enfants.

  3. il a fallu plus d’un siècle pour que la colonisation des peuples « inférieurs » par les jules de la 3è république soit mentionnée; la mitterrandie s’est vite affirmée comme corrompue (urba etc) aujourd’hui la macronie accueille tous les gugusses de gauche

- Sécession la première parution de Yann Vallerie, rédacteur en chef de Breizh-info -

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