Quelle va être la politique du nouveau gouvernement en matière d’immobilier ?

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L’absence d’un ministre de plein exercice en charge du logement au sein du nouveau gouvernement de Mme Élisabeth Borne suscite les interrogations des professionnels du secteur. Ces questionnements, légitimes, viennent renforcer un sentiment de défiance ressenti par les acteurs de l’immobilier au cours du précédent quinquennat. Les déclarations du Président de la République, réputé peu favorable à « l’argent qui dort », et assimilant l’immobilier exclusivement à de la « rente» font craindre que le secteur ne soit pas assez au cœur des ambitions du gouvernement pour le mandat qui s’annonce.

Un choix qui interroge Sylvain Lefèvre, Président de la Centrale de Financement, pour qui « l’accession à la propriété offre pourtant des opportunités et des solutions aux Français confrontés aux enjeux de pouvoir d’achat, d’inflation, et à des difficultés financières durant leurs retraites ».

Pour cet expert du secteur, auteur de « achetez, empruntez, maintenant », « l’immobilier ne peut pas être qu’une simple variable d’ajustement pour les politiques économiques du gouvernement. »

Il convient selon lui de mettre en place une feuille de route différenciée pour chaque catégorie de population, pour inciter l’ensemble des ménages à devenir propriétaires et ainsi renforcer le pouvoir d’achat des Français.  Une politique incitative en direction des jeunes serait une bonne chose, car « plus l’accession à la propriété est faite jeune, plus l’augmentation des salaires en cours de carrière permet de désensibiliser la valeur du crédit que l’on rembourse » rappelle Sylvain Lefèvre.

Dans un contexte inflationniste persistant, avec des revenus qui augmentent, le recours à un crédit à taux fixe pour l’achat d’un bien permet à tous les ménages de dégager de la liquidité et d’accroitre leur consommation.

Cette opportunité est « précieuse pour les futurs retraités qui n’auraient pas encore accès à la propriété » explique Sylvain Lefèvre qui rappelle que « le logement est la première dépense des Français. Avoir terminé de rembourser un crédit lorsque survient la retraite permet de disposer d’argent supplémentaire pour la vie de tous les jours. C’est une des réponses à la paupérisation des nombreux seniors de demain ».

Sylvain Lefèvre souhaite également alerter le gouvernement sur le nouveau DPE et le taux d’usure, deux dispositifs qui freinent l’accession à la propriété.

Les effets pervers à craindre du DPE

Le Diagnostic de Performance Energétique (DPE) est un outil mis en place depuis 2006 pour inciter à la rénovation énergétique des biens immobiliers. Depuis 2022, il est devenu contraignant pour les propriétaires de logements en location : un bien avec un mauvais DPE ne pourra désormais plus être mis en location. S’il protège les locataires et alerte les acquéreurs des passoires énergétiques, le durcissement des conditions d’accès au prêt ne permet pas toujours d’envisager une rénovation énergétique. Cela peut mener au risque que des acquéreurs renoncent à l’accès à la propriété pour s’orienter vers le marché locatif ou qu’ils aient recours à des circuits parallèles pour se financer. Cela pourrait de fait conduire à une raréfaction de l’offre immobilière.

Le Taux d’usure : une protection qui manque de souplesse

Le taux d’usure désigne le taux annuel effectif global (TAEG) maximal auquel les banques et autres établissements de crédit peuvent prêter de l’argent en France, fixé par le ministère de l’économie. Il comprend le taux d’intérêt de base, les frais, et les primes d’assurance emprunteur et a pour objectif de mieux protéger les consommateurs pour leur éviter un surendettement. Cependant, dans un contexte ou l’inflation augmente très rapidement, et où le taux d’usure, calculé par rapport au taux d’intérêt, n’est réévalué que tous les trois mois, cela conduit les banques à refuser davantage de prêts à des ménages parfaitement éligibles en temps normal. Un moratoire ou une suspension temporaire en cas de hausse des taux seraient de nature à éviter ces effets pervers.

Crédit photo : DR

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