A la découverte des Saints Bretons. Le 10 juillet c’est la Saint Pasker (Pasquier)

Nous vous proposons dans cette rubrique de découvrir l’histoire des Saints Bretons. Les saints bretons désignent des personnalités bretonnes vénérées pour le caractère exemplaire de leur vie d’un point de vue chrétien. Peu d’entre elles ont été reconnues saintes par la procédure de canonisation de l’Église catholique (mise en place plusieurs siècles après leur mort), mais ont été désignées par le peuple, leur existence même n’étant pas toujours historiquement attestée. La plupart des vitae de saints bretons qui nous sont parvenues datent en effet des ixe et xe siècles ou ont été réécrites dans le contexte de la réforme grégorienne qui induit parfois les clercs à remodeler les documents hagiographiques, issus de traditions orales transmises aussi bien dans le vieux fond populaire que dans le milieu savant, dans leur intérêt (légitimation de la figure épiscopale, du bien-fondé d’une réforme d’une communauté monastique). Le développement du culte de ces saints se développe au Moyen Âge tardif lorsque plusieurs familles de l’aristocratie bretonne s’approprient les légendes hagiographiques en justifiant par des arguments généalogiques, de la protection particulière d’un saint ou de son adoption comme ancêtre de substitution dans leurs lignages.

Les historiens actuels éprouvent encore beaucoup de difficultés pour distinguer entre imaginaire et réalité. L’historicité des épisodes de la vie de ces saints reste ainsi souvent douteuse car ces épisodes se retrouvent dans l’hagiographie tels qu’ils apparaissent dans les coutumes ou dans le folklore. La structure même du récit des vitae se rencontre dans d’autres Vies de saints dont les auteurs reprennent généralement des « conventions littéraires d’un modèle biblique qui façonnait leurs modes de pensée et d’expression ».

En 2022, environ 170 saints bretons sont représentés, chacun par une statue, à la Vallée des Saints, en Carnoët.

Le 10 juillet c’est la Saint Pasker (Pasquier)

Saint et évêque de Nantes, il est le fondateur du monastère de Saint-Hermeland.

Il vécut au septième siècle, était un enfant de la ville de Nantes, ainsi que l’ont remarqué nos anciennes légendes du Bréviaire. Toutes brèves qu’elles sont, il est facile d’entrevoir, en les lisant, que le saint évêque fut spécialement cher à nos aïeux, comme appartenant à l’une des familles chrétiennes de la cité nantaise. Ses concitoyens l’avaient vu grandir sous leurs yeux, donnant d’admirables exemples de vertu, et se consacrant à toutes les bonnes oeuvres. Il était, disent ces anciennes légendes que nous rappelions tout à l’heure, fort par la foi, patient par l’espérance, brûlant de zèle par la charité. Ses aumônes se répandaient sur les pauvres avec abondance ; la pureté de sa vie, sa mortification, sa douceur étaient merveilleuses. Fuyant le monde et tout ce qui tient au monde, il ne voulait rien avoir de commun avec lui. Ses vertus le firent choisir pour évêque, avec le suffrage unanime des Nantais. Saint Pasquier, malgré ses résistances, dut se soumettre à la volonté divine et accepter humblement la charge pastorale.

Aucun événement remarquable ne signala son épiscopat. Il fut le bon pasteur, tout entier appliqué au soin de son bercail, et pour le peindre, nous ne pouvons mieux faire que de reproduire le texte même du Bréviaire : « Afin de ne pas encourir le reproche adressé au serviteur négligent, le saint évêque exerça une vigilante sollicitude sur le troupeau qui lui était confié et il travailla de toutes ses forces à faire fructifier le talent que le Seigneur lui avait donné. Il rendait à Dieu dans la personne des pauvres les richesses terrestres qu’il avait reçues de lui, ne songeant qu’à soulager les nécessités des indigents, des veuves et des orphelins. Il visitait les prisonniers, il consolait les malades par sa présence et par ses paroles, et donnait partout l’exemple des bonnes oeuvres. Il marchait à la tête des brebis que le Sauveur avait remises entre ses mains et les nourrissait par la prédication de la parole sainte ».

La grande oeuvre de l’épiscopat de saint Pasquier fut la fondation du monastère d’Aindre, par saint Ilermeland, qu’il envoya chercher à la célèbre abbaye de Fontenelle, dans le diocèse de Rouen. Le saint évêque, en procurant l’établissement d’un ordre religieux dans son diocèse, avait voulu mettre sous les yeux des fidèles l’exemple de la perfection évangélique et leur faciliter les moyens de la pratiquer. Excités par les paroles et les encouragements du pieux pontife, les Nantais se portèrent avec ardeur à cette fondation. Ils avaient confiance dans la bonté divine, dit le biographe de saint Hermeland, et ils espéraient que de saints religieux, en venant habiter parmi eux, attireraient par leurs prières les bénédictions de Dieu sur toute la contrée, lors même que leurs exemples ne devraient pas trouver de nombreux imitateurs. Il y a dans le récit du vieil historien un trait qui fait connaître saint Pasquier et l’affection dont ses diocésains l’entouraient. L’abbé de Fontenelle hésitait à accorder quelques-uns de ses religieux aux députés envoyés par l’évêque de Nantes ; il craignait que le nouveau monastère ne fût pas fondé dans des conditions de sécurité suffisante. Ne craignez rien, lui répondirent les députés de Nantes, vous pouvez avoir pleine confiance dans la bonté de Pasquier, notre père. Ce saint évêque mourut en paix, après une vie pleine de mérites et de bonnes oeuvres, sans qu’on sache l’année précise de sa mort (Les Bollandistes, au 10 juillet). (extrait d’un ouvrage de Mgr. Richard, 1898).

Crédit photo : wikipedia (cc)
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Une réponse

  1. Le 19 juillet auront lieu à la Vallée des Saints l’inauguration par le Maire de Pléneuf Val André et le Directeur Général de la Vallée des Saints puis la bénédiction par Mgr Denis MOUTEL Evêque de St Brieuc et Tréguier de la statue de St Symphorien. Ce projet comporte deux statues du même Saint, l’une à Pléneuf Val André où il aurait débarqué au VIème siècle venant de Cornouailles anglaise et l’autre à la Vallée des Saints. C’est un cas unique parmi les 170 statues existantes. Je vous adresse une note et un flyer à ce sujet
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