A la découverte des Saints Bretons. Le 26 juillet, c’est la Sainte Anna (Anne)

Nous vous proposons dans cette rubrique de découvrir l’histoire des Saints Bretons. Les saints bretons désignent des personnalités bretonnes vénérées pour le caractère exemplaire de leur vie d’un point de vue chrétien. Peu d’entre elles ont été reconnues saintes par la procédure de canonisation de l’Église catholique (mise en place plusieurs siècles après leur mort), mais ont été désignées par le peuple, leur existence même n’étant pas toujours historiquement attestée. La plupart des vitae de saints bretons qui nous sont parvenues datent en effet des ixe et xe siècles ou ont été réécrites dans le contexte de la réforme grégorienne qui induit parfois les clercs à remodeler les documents hagiographiques, issus de traditions orales transmises aussi bien dans le vieux fond populaire que dans le milieu savant, dans leur intérêt (légitimation de la figure épiscopale, du bien-fondé d’une réforme d’une communauté monastique). Le développement du culte de ces saints se développe au Moyen Âge tardif lorsque plusieurs familles de l’aristocratie bretonne s’approprient les légendes hagiographiques en justifiant par des arguments généalogiques, de la protection particulière d’un saint ou de son adoption comme ancêtre de substitution dans leurs lignages.

Les historiens actuels éprouvent encore beaucoup de difficultés pour distinguer entre imaginaire et réalité. L’historicité des épisodes de la vie de ces saints reste ainsi souvent douteuse car ces épisodes se retrouvent dans l’hagiographie tels qu’ils apparaissent dans les coutumes ou dans le folklore. La structure même du récit des vitae se rencontre dans d’autres Vies de saints dont les auteurs reprennent généralement des « conventions littéraires d’un modèle biblique qui façonnait leurs modes de pensée et d’expression ».

En 2022, environ 170 saints bretons sont représentés, chacun par une statue, à la Vallée des Saints, en Carnoët.

Le 26 juillet c’est la Sainte Anna (Anne)

Le culte de sainte Anne en Bretagne vénère Sainte Anne, qui est la mère de Marie, et qui fait partie des saintes bretonnes de l’Armorique par syncrétisme avec des religions antérieures au christianisme. Voici ce que nous indique le journal Ar Gedour sur le sujet :

« Sainte Anne n’est pas sainte en Bretagne parce qu’une autorité l’aurait reconnue comme telle mais par un culte populaire très ancien. D’où viendrait ce culte ? En effet, il n’est nulle part fait mention de la grand-mère de Jésus dans les quatre évangiles. Seul le protévangile de Jacques, qui est le plus ancien des apocryphes, en parle.

Le culte offert à Sainte Anne est enraciné dans cette terre bretonne depuis très longtemps, et il suffit de se référer au culte d’Anne d’Auray pour se rendre compte de cela : sainte Anne demande à Nicolazic de reconstruire la chapelle qui lui avait été dédiée sur les lieux, 924 ans et six mois plus tôt (soit donc dans les années 700). De même, le culte de Sainte Anne au sanctuaire de Sainte Anne-la-Palud est très ancien. Wikipédia rapporte à tort que ce culte à la grand-mère de Jésus en Armorique ne remonte pas au-delà du XIIe siècle, se référant au fait que Sainte Anne ne figure au calendrier qu’à partir de 1382 puis à la bulle de Grégoire XIII (1584) instaurant la fête de Sainte Anne au 26 juillet. Or un document attesté du VIè siècle, rédigé à Saujon, près de Saintes, totalement écrit en latin franc, mentionne qu’il existait un culte ancien à Sainte Anne répandu en Gaule à cette époque et antérieurement. Ce texte intitulé « De Virtutes Apostolorum » (de la vertu des apôtres) ou encore « Pseudo Abdias » servira notamment de base à la Légende Dorée de Jacques de Voragine ou encore à Grégoire de Tours qui lui aussi a accès à ce document (il en parle dans ses vies de saints). La Bretagne a alors conservé ce que d’autres lieux ont perdu »

Ce culte à Sainte Anne, déjà attesté au Proche-Orient au IIème siècle et à Byzance au Vème siècle, serait apparu en Bretagne vers le IIIème siècle, résultat d’un syncrétisme alliant le culte pour la déesse Dana et une christianisation gauloise ayant eut lieu avant l’arrivée des Brittons. Le culte de Dana qui existait dans l’antiquité bretonne correspond au culte de Bretagne insulaire pour Briga (Brigitte). Briga, c’est « celle qui est élevée ». Dana, c’est la déesse. Mais il s’agit du même culte typique qui expliquera, avec la pensée missionnaire de l’époque, le syncrétisme qui peu à peu se métamorphosera en culte unique à la grand-mère de Jésus, culte qui imprégnera pour longtemps la terre armoricaine. Il n’y a aucun problème derrière cette métamorphose, cette christianisation de cette divinité antique, si l’on se réfère aux « semences du Verbe » de Justin (cf note ci-dessous), qui seront reprises notamment dans les actes du Concile Vatican II. Pour Justin, avant le Christ, qui est la plénitude de la Vérité, les hommes avaient accès à des vérités partielles, car tous ont reçu des « semences du Verbe ». Et, sauf dans les esprits de ceux qui ne comprendraient pas la pensée chrétienne et l’histoire de l’Eglise, cela ne peut remettre en question l’apparition de Sainte Anne d’Auray : il y avait là, dans cette terre bretonne, un terreau propice à l’accueil de la grand-mère de Jésus. Qu’elle ait donc choisi d’apparaître à Yvon Nicolazic est donc dans l’ordre des choses.

Par la suite, le culte se développera à travers l’ensemble de la Bretagne. Le 26 juillet 1914, répondant à l’invitation des cinq évêques de la Bretagne historique, le pape Pie X déclarait officiellement sainte Anne « Patrona Provinciae Britanniae » (patronne de la province de Bretagne)Le 26 juillet 1954, le pape Pie XII terminera son message radiophonique aux pèlerins de Saint Anne en disant : « Re vo melet Santez Anna, Patronez vad er Vretoned ! ». Le même jour, les évêques bretons consacrèrent la Bretagne au Coeur Immaculé de Marie »

Crédit photo : wikipedia (cc)

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3 réponses

  1. nous savons et honorons la Mère de MARIE oui SAINTE ANNE merci de nous avoir donné une bonne mère

  2. Corrigez « le 26 juillet » et non le 25.

    Un tableau de Michel-Ange représente Sainte Anne avec la Vierge Marie et Jésus.

  3. Ste ANNE , oh bonne mère , toi que nous implorons , entend notre prière et bénit tes Bretons.

Les commentaires sont fermés.

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