A la découverte des Saints Bretons. Le 17 Novembre, c’est la Saint Agnan (Inan)

Nous vous proposons dans cette rubrique de découvrir l’histoire des Saints Bretons. Les saints bretons désignent des personnalités bretonnes vénérées pour le caractère exemplaire de leur vie d’un point de vue chrétien. Peu d’entre elles ont été reconnues saintes par la procédure de canonisation de l’Église catholique (mise en place plusieurs siècles après leur mort), mais ont été désignées par le peuple, leur existence même n’étant pas toujours historiquement attestée. La plupart des vitae de saints bretons qui nous sont parvenues datent en effet des ixe et xe siècles ou ont été réécrites dans le contexte de la réforme grégorienne qui induit parfois les clercs à remodeler les documents hagiographiques, issus de traditions orales transmises aussi bien dans le vieux fond populaire que dans le milieu savant, dans leur intérêt (légitimation de la figure épiscopale, du bien-fondé d’une réforme d’une communauté monastique). Le développement du culte de ces saints se développe au Moyen Âge tardif lorsque plusieurs familles de l’aristocratie bretonne s’approprient les légendes hagiographiques en justifiant par des arguments généalogiques, de la protection particulière d’un saint ou de son adoption comme ancêtre de substitution dans leurs lignages.

Les historiens actuels éprouvent encore beaucoup de difficultés pour distinguer entre imaginaire et réalité. L’historicité des épisodes de la vie de ces saints reste ainsi souvent douteuse car ces épisodes se retrouvent dans l’hagiographie tels qu’ils apparaissent dans les coutumes ou dans le folklore. La structure même du récit des vitae se rencontre dans d’autres Vies de saints dont les auteurs reprennent généralement des « conventions littéraires d’un modèle biblique qui façonnait leurs modes de pensée et d’expression ».

En 2022, environ 170 saints bretons sont représentés, chacun par une statue, à la Vallée des Saints, en Carnoët.

Le 17 Novembre, c’est la Saint Agnan (Inan)

Ce saint peu connu est le patron de Saint-Aignan (56). Vient de « agnus » qui signifie agneau, soit pur. Éponyme de Saint-Aignan, également évêque d’Orléans au 6e siècle.  A l’origine la commune de Saint-Aignan, à côté de Pontivy, portait le nom de Saint-Iunan (Saint Breton). Par la suite Saint-Aignan fut adopté. Aignan était évêque d’Orléans au VI Siècle et est connu pour avoir combattu Attila et les Huns. Le nom de Aignan ou Agnan se retrouve d’ailleurs dans le nom d’une trentaine de villes ou villages français. Saint-Aignan est un démembrement de l’ancienne paroisse de Cléguérec. L’évêque de Vannes, Saint Morvan, fut probablement enterré sur le territoire de Saint-Aignan au VIIème siècle.

Le nom de Saint-Iunan est mentionné par Alain III de Rohan dès 1184 dans la charte de fondation de l’abbaye de Bon-Repos. Sous l’Ancien Régime on trouve des petites seigneuries telles que La Villéon et Du Fou. D’abord trêve de la paroisse de Cléguérec, Saint-Aignan est érigé en paroisse en 1802 et en commune en 1790.

Saint Aignan ou Agnan (Anianus) (358-453) est un évêque d’Orléans qui défendit cette ville contre Attila en 451 avec l’aide d’Ætius, général romain.

Saint Aignan a défendu par la prière la ville d’Orléans en 451 contre les Huns. Attila, sans doute trop fatigué et amoindri, avait décidé de ne pas attaquer la ville et de la contourner.

Les Orléanais rendirent honneur à leur évêque. Chaque jour, l’évêque montait en haut d’une tour pour scruter l’horizon en surveillance des Huns. L’histoire retiendra que les habitants de la ville questionnaient l’évêque en ces termes : « Saint Agnan, ne vois tu rien venir ? » ; l’expression fut reprise dans le conte de Barbe-Bleue de Charles Perrault : « Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ? ».

Au XIe siècle, le roi Robert II (fils de Hugues Capet) décide la constuction d’une crypte pour abriter les reliques de Saint-Aignan. Cette crypte remaniée au XIVe siècle est l’une des plus grandes de France. on peut encore y admirer les chapiteaux sculptés du XIe siècle.Sur la place du cloitre étaient organisées les foires de Saint Aignan le 17 novembre, plus communément appelé la foire au cochon.

Une chapelle Saint Aignan est bâtie au XIIe siècle, en 1166 sur l’île de la Cité à Paris tout près de Notre-Dame. Cette construction est dûe à Étienne de Garlande, doyen de Saint Aignan d’Orléans et chancelier de Louis VI le Gros. On peut aujourd’hui encore observer les vestiges de ce site dans les murs du 19, rue des Ursins.

Il a également une église à son nom à Saint-Agnan en Moselle : l’église de Saint-Agnan.

Crédit photo : DR

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