A la découverte des Saints Bretons. Le 25 Novembre, c’est la Sainte Katell

Nous vous proposons dans cette rubrique de découvrir l’histoire des Saints Bretons. Les saints bretons désignent des personnalités bretonnes vénérées pour le caractère exemplaire de leur vie d’un point de vue chrétien. Peu d’entre elles ont été reconnues saintes par la procédure de canonisation de l’Église catholique (mise en place plusieurs siècles après leur mort), mais ont été désignées par le peuple, leur existence même n’étant pas toujours historiquement attestée. La plupart des vitae de saints bretons qui nous sont parvenues datent en effet des ixe et xe siècles ou ont été réécrites dans le contexte de la réforme grégorienne qui induit parfois les clercs à remodeler les documents hagiographiques, issus de traditions orales transmises aussi bien dans le vieux fond populaire que dans le milieu savant, dans leur intérêt (légitimation de la figure épiscopale, du bien-fondé d’une réforme d’une communauté monastique). Le développement du culte de ces saints se développe au Moyen Âge tardif lorsque plusieurs familles de l’aristocratie bretonne s’approprient les légendes hagiographiques en justifiant par des arguments généalogiques, de la protection particulière d’un saint ou de son adoption comme ancêtre de substitution dans leurs lignages.

Les historiens actuels éprouvent encore beaucoup de difficultés pour distinguer entre imaginaire et réalité. L’historicité des épisodes de la vie de ces saints reste ainsi souvent douteuse car ces épisodes se retrouvent dans l’hagiographie tels qu’ils apparaissent dans les coutumes ou dans le folklore. La structure même du récit des vitae se rencontre dans d’autres Vies de saints dont les auteurs reprennent généralement des « conventions littéraires d’un modèle biblique qui façonnait leurs modes de pensée et d’expression ».

En 2022, environ 170 saints bretons sont représentés, chacun par une statue, à la Vallée des Saints, en Carnoët.

Le 25 Novembre, c’est la Sainte Katell

Quoique située au début du IVe siècle, la légende et donc le culte de sainte Catherine d’Alexandrie ne se répandit qu’après les Croisades. Elle aurait subi le martyre en 307.

Sa fête est placée le 25 novembre (le 24 dans l’orthodoxie sous influence russe) et donne lieu à diverses célébrations populaires, dont celles des jeunes filles à marier de plus de 25 ans, appelées les catherinettes.

Catherine serait née vers 290 dans une famille noble d’Alexandrie, en Égypte. Douée d’une grande intelligence, elle acquit rapidement des connaissances qui la placèrent au niveau des plus grands poètes et philosophes du moment. Une nuit, elle vit en songe le Christ et décida de lui consacrer sa vie, se considérant comme sa fiancée. Le thème du mariage mystique est commun dans l’Est méditerranéen.

L’empereur de Rome, Maximien, venu à Alexandrie, y présidait une grande fête païenne. La jeune fille saisit cette occasion pour tenter de l’amener à se convertir au christianisme, mais cela ne fit que soulever sa colère. Pour la mettre à l’épreuve, il lui impose un débat philosophique avec cinquante savants, mais au grand dépit de l’empereur, elle réussit à les convertir. Maximien les fait exécuter et pourtant propose le mariage à Catherine qui refuse avec mépris. L’empereur ordonne alors de la faire torturer en usant d’une machine constituée de roues garnies de pointes. Par un miracle divin, les roues se brisent sur son corps, et les pointes aveugle les bourreaux. Obstiné, Maximien ordonne alors qu’elle soit décapitée.

Quelques centaines d’années plus tard, des moines d’un monastère construit au pied du Mont Sinaï, découvrirent au sommet d’une montagne voisine le corps intact d’une belle jeune femme qui fut reconnu comme étant celui de sainte Catherine d’Alexandrie déposé là par des anges. C’est à l’occasion des Croisades que la légende se répandit dans tout l’Occident, créant le motif d’une grande dévotion qui inspira profondément les artistes qui représentaient la sainte avec une auréole tricolore : blanche pour la virginité, verte pour la connaissance et rouge pour le martyre. La roue de son supplice est très souvent représentée auprès d’elle.

Les moines du monastère de Sainte-Catherine du Sinaï fûrent les gardiens du tombeau de la sainte. Les membres de l’Ordre de Sainte-Catherine du Sinaï eûrent la tâche de défendre le tombeau et le monastère contre les ennemis du christianisme.

Catherine d’Alexandrie dont l’existence historique a été mise en doute par l’Église catholique elle-même de 1961 à 2002 semble à certains historiens avoir été créée comme un contrepoint chrétien à la grande philosophe païenne Hypatie d’Alexandrie qui, comme elle, était vierge et très savante. Cette pureté attribuée à Catherine est inscrite dans son nom grec qui signifie pure.

La dévotion à sainte Catherine a été l’une des plus répandue en Europe, y compris dans les églises orthodoxes. Beaucoup d’églises contenaient sa statue ou un portrait figurant le plus souvent une roue. De très nombreuses corporations se sont placées sous son patronage : celles qui utilisaient des mécaniques comportant des roues et celles de l’intellect.

Crédit photo : DR

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3 réponses

  1. N’oublions pas la tire Sainte-Catherine, ce bonbon répandu au Canada français. Bonbon que les maîtresses d’école donnaient à leurs élèves le 25 novembre.

  2. E tiegezh va wreg, e Brasparzh, e menezioù Kernev, ne veze ket implijet an anv Katell, hag a oa brudet fall en tiegezh-se : « n’eo ket un anv seven » !- abalamour da Gatell Gollet marteze ? ne ouezan ket evit gwir, – ha neun, moereb va wreg a oa graet ganti « Katriin » e brezhong. Skriva a ran KATRIIN gant daou i, KATRIIN, rak ar pouez mouez a goueze sklaer war dibenn an anv. Iskis awalc’h, avat. Levezon ar galleg ha setu tout ? pe un dra all ? Notaet eo bet seurt tra gant tud all ?

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