A la découverte des Saints Bretons. Le 28 Novembre c’est la Sainte Heodez

Nous vous proposons dans cette rubrique de découvrir l’histoire des Saints Bretons. Les saints bretons désignent des personnalités bretonnes vénérées pour le caractère exemplaire de leur vie d’un point de vue chrétien. Peu d’entre elles ont été reconnues saintes par la procédure de canonisation de l’Église catholique (mise en place plusieurs siècles après leur mort), mais ont été désignées par le peuple, leur existence même n’étant pas toujours historiquement attestée. La plupart des vitae de saints bretons qui nous sont parvenues datent en effet des ixe et xe siècles ou ont été réécrites dans le contexte de la réforme grégorienne qui induit parfois les clercs à remodeler les documents hagiographiques, issus de traditions orales transmises aussi bien dans le vieux fond populaire que dans le milieu savant, dans leur intérêt (légitimation de la figure épiscopale, du bien-fondé d’une réforme d’une communauté monastique). Le développement du culte de ces saints se développe au Moyen Âge tardif lorsque plusieurs familles de l’aristocratie bretonne s’approprient les légendes hagiographiques en justifiant par des arguments généalogiques, de la protection particulière d’un saint ou de son adoption comme ancêtre de substitution dans leurs lignages.

Les historiens actuels éprouvent encore beaucoup de difficultés pour distinguer entre imaginaire et réalité. L’historicité des épisodes de la vie de ces saints reste ainsi souvent douteuse car ces épisodes se retrouvent dans l’hagiographie tels qu’ils apparaissent dans les coutumes ou dans le folklore. La structure même du récit des vitae se rencontre dans d’autres Vies de saints dont les auteurs reprennent généralement des « conventions littéraires d’un modèle biblique qui façonnait leurs modes de pensée et d’expression ».

En 2022, environ 170 saints bretons sont représentés, chacun par une statue, à la Vallée des Saints, en Carnoët.

Le 28 Novembre c’est la Sainte Heodez

Sainte Aude de Trémazan vivait au début du VIe siècle. Elle était la fille de Golon, seigneur de Trémazan, à l’Ouest du pays de Léon en Bretagne armoricaine. Elle était la sœur de Gourguy qui devint saint Tanguy. Elle meurt martyre en 545. Fête le 18 novembre.

Vers 520, Aude perd sa mère. Son père se remarie avec une femme qui n’a pas d’égard pour les deux enfants des premières noces de Golon. Après huit années de mauvais traitements, Gourguy quitte le domicile paternel. Aude reste parce qu’elle a décidé de se vouer à la prière. Sa belle-mère lui impose toutes les tâches domestiques les plus pénibles et prend un malin plaisir à l’éloigner de l’office divin célébré dans la chapelle du château. Puis elle écarte un à un tous les jeunes gens qui projettent d’épouser la fille de Golon. Elle décide même d’envoyer Aude travailler dans une métairie retirée. Mais la sainte en est ravie : elle peut s’adonner à la prière tout en besognant et sans être dérangée.

Un jour, elle aperçoit au loin un jeune homme accourir fou de rage. Il s’approche et d’un geste il la tue. Elle a tout juste le temps de reconnaître son frère Gourguy et de prier pour lui, puis elle meurt. Des paysans du voisinage apprennent à Gourguy désespéré que sa sœur est une sainte : sa marâtre l’avait abusé. Pour son geste criminel il fit pénitence, sous la direction de saint Pol Aurélien qui changea son nom, et il devint lui aussi un saint.

Crédit photo : DR

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