A la découverte des Saints Bretons. Le 30 Novembre, c’est la Saint Tugdual

Nous vous proposons dans cette rubrique de découvrir l’histoire des Saints Bretons. Les saints bretons désignent des personnalités bretonnes vénérées pour le caractère exemplaire de leur vie d’un point de vue chrétien. Peu d’entre elles ont été reconnues saintes par la procédure de canonisation de l’Église catholique (mise en place plusieurs siècles après leur mort), mais ont été désignées par le peuple, leur existence même n’étant pas toujours historiquement attestée. La plupart des vitae de saints bretons qui nous sont parvenues datent en effet des ixe et xe siècles ou ont été réécrites dans le contexte de la réforme grégorienne qui induit parfois les clercs à remodeler les documents hagiographiques, issus de traditions orales transmises aussi bien dans le vieux fond populaire que dans le milieu savant, dans leur intérêt (légitimation de la figure épiscopale, du bien-fondé d’une réforme d’une communauté monastique). Le développement du culte de ces saints se développe au Moyen Âge tardif lorsque plusieurs familles de l’aristocratie bretonne s’approprient les légendes hagiographiques en justifiant par des arguments généalogiques, de la protection particulière d’un saint ou de son adoption comme ancêtre de substitution dans leurs lignages.

Les historiens actuels éprouvent encore beaucoup de difficultés pour distinguer entre imaginaire et réalité. L’historicité des épisodes de la vie de ces saints reste ainsi souvent douteuse car ces épisodes se retrouvent dans l’hagiographie tels qu’ils apparaissent dans les coutumes ou dans le folklore. La structure même du récit des vitae se rencontre dans d’autres Vies de saints dont les auteurs reprennent généralement des « conventions littéraires d’un modèle biblique qui façonnait leurs modes de pensée et d’expression ».

En 2022, environ 170 saints bretons sont représentés, chacun par une statue, à la Vallée des Saints, en Carnoët.

Le 30 Novembre, c’est la Saint Tugdual

Saint Tugdual, ou Tugal, ou Tual (en latin : Tugdualus), mort à Tréguier, est un religieux du vie siècle, originaire du Pays de Galles ou plus probablement de la Domnonée britannique (actuel Devon), venu avec soixante-douze religieux évangéliser l’Armorique en débarquant à Porz Pabu dans la Presqu’île de Kermorvan (actuellement en Le Conquet dans le Léon) selon son hagiographie. Il est aussi connu sous les noms de Pabu ou Paban, et Tudy, ces deux noms en seraient des formes hypocoristiques.

Il est fêté le 30 novembre, car selon ses hagiographes, il serait mort le .

Selon une vita tardive forgée par le scriptorium trécorrois au xie siècle afin de légitimer les origines du monastère de Tréguier, Tugdual serait né au Pays de Galles (ou peut-être en Domnonée britannique) au début du vie siècle. On ignore le nom de son père mais sa mère serait sainte Pompée, présentée comme une sœur de Riwal, le chef de la grande émigration bretonne vers 515. Il aurait étudié à Lan-Illtud-Fawr sous la direction de saint Ildut.

Vers 535, il aurait fondé le monastère de Traon-Trécor au confluent des rivières du Jaudy et du Guindy, dénommé par la suite Lann Treguer.

Il fut le premier évêque de Tréguier vers 550 et est considéré comme l’un des sept saints fondateurs de la Bretagne. La ville de Tréguier est une étape du pèlerinage médiéval des sept saints de Bretagne continentale appelé Tro Breizh (Tour de Bretagne), et son successeur est Pergat.

La plage de Porz Pabu dans la presqu’île de Kermorvan (c’est là qu’aurait débarqué saint Pabu).

Si son existence est attestée, comme son épiscopat, les récits de sa vie demeurent incertains et multiples. Sa vie est connue par de multiples traditions compilées entre le ixe et le xie siècle. Il serait alors le neveu de Riwal, premier prince de la Domnonée, et aurait fait un séjour en Irlande durant sa jeunesse. Il arriverait en Bretagne en débarquant près du Conquet. Il fonde les monastères de Trébabu puis de Tréguier avant 550. Sa famille est écartée du pouvoir, certains assassinés, par Conomor qui a alors l’appui de Childebert Ier6. Il se réfugie à Angers auprès d’Aubin, il y prend contact avec Childebert Ier qui renonce à soutenir Conomor ce qui lui permet de restaurer son autorité sur l’abbaye de Tréguier et les paroisses environnantes et de devenir évêque de cette ville. Dans certains écrits, il irait à Rome où il serait pape durant deux ans avant de revenir en Bretagne.

Lors des incursions Vikings, son corps serait transporté à Laval et à Château-Landon, mais sa tête serait à Chartres.

Crédit photo : DR

[cc] Breizh-info.com, 2022, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

- Je soutiens BREIZH-INFO -

PARTAGEZ L'ARTICLE !

LES DERNIERS ARTICLES

ARTICLES LIÉS