A la découverte des Saints Bretons. Le 6 décembre c’est la Saint Winoc

Nous vous proposons dans cette rubrique de découvrir l’histoire des Saints Bretons. Les saints bretons désignent des personnalités bretonnes vénérées pour le caractère exemplaire de leur vie d’un point de vue chrétien. Peu d’entre elles ont été reconnues saintes par la procédure de canonisation de l’Église catholique (mise en place plusieurs siècles après leur mort), mais ont été désignées par le peuple, leur existence même n’étant pas toujours historiquement attestée. La plupart des vitae de saints bretons qui nous sont parvenues datent en effet des ixe et xe siècles ou ont été réécrites dans le contexte de la réforme grégorienne qui induit parfois les clercs à remodeler les documents hagiographiques, issus de traditions orales transmises aussi bien dans le vieux fond populaire que dans le milieu savant, dans leur intérêt (légitimation de la figure épiscopale, du bien-fondé d’une réforme d’une communauté monastique). Le développement du culte de ces saints se développe au Moyen Âge tardif lorsque plusieurs familles de l’aristocratie bretonne s’approprient les légendes hagiographiques en justifiant par des arguments généalogiques, de la protection particulière d’un saint ou de son adoption comme ancêtre de substitution dans leurs lignages.

Les historiens actuels éprouvent encore beaucoup de difficultés pour distinguer entre imaginaire et réalité. L’historicité des épisodes de la vie de ces saints reste ainsi souvent douteuse car ces épisodes se retrouvent dans l’hagiographie tels qu’ils apparaissent dans les coutumes ou dans le folklore. La structure même du récit des vitae se rencontre dans d’autres Vies de saints dont les auteurs reprennent généralement des « conventions littéraires d’un modèle biblique qui façonnait leurs modes de pensée et d’expression ».

En 2022, environ 170 saints bretons sont représentés, chacun par une statue, à la Vallée des Saints, en Carnoët.

Le 6 décembre c’est la Saint Winoc

Selon la légende, il serait le fils du mythique roi Hoël III, frère d’Urielle de Trémeur. Selon sa vita, il serait le frère de saint Guinien et aussi le frère ou, selon une chronologie plus satisfaisante, le fils ou le neveu de saint Judicaël, roi de Domnonée en Bretagne; où il serait né, dans le pays de Dol plus précisément.

Avec trois compagnons, saint Josse, son oncle putatif, saint Madoc et saint Arnoc, il se rend dans l’évêché de Thérouanne, où il devient le disciple de saint Bertin, abbé de Sithiu (aujourd’hui Saint-Omer), lui-même disciple d’un successeur de saint Colomban. Selon la tradition, dans le monastère de Sithiu, Winoc fut chargé de moudre le blé pour la communauté. La légende veut que, fort âgé, il se fît aider par un ange à tourner la meule. Ainsi les meuniers firent de lui leur saint patron.

Winoc se serait retiré entre 665 et 675 avec quelques compagnons (dont saint Doetval, saint Ingenoc et saint Eumaël, qui seraient des princes de Bretagne) sur ce qui deviendra plus tard Bergues, sur le « Groenberg (Le mont vert) », une colline isolée en bordure des anciens marais côtiers et y fonde un premier monastère.

En 695, à la demande d’Audomar, il fonde à Wormhout un monastère et un hospice pour les pauvres, malades, pèlerins sur un domaine nommé Woromhold et en devient 1er abbé.

Winoc crée des bâtiments sur le modèle de ceux de l’abbaye de Saint-Bertin de Saint-Omer. Il y meurt le . Enterré dans l’église du monastère, son tombeau attire des dévotions, voire des miracles.

Le monastère dura environ deux cents ans, il suivait la règle de saint Benoît. À l’approche des Vikings, vers 846, le corps de saint Winoc fut transporté à l’abbaye de Saint-Bertin. Saint Folquin, évêque de Thérouanne l’enterra avec les autres précieuses reliques de l’abbaye pour les cacher.

Le monastère, déjà ravagé par les Normands lors des précédentes invasions fut totalement détruit par les Vikings en 881.

En 1022, Baudouin IV fait bâtir à Bergues une nouvelle abbaye de bénédictins, l’abbaye de Saint-Winoc, à l’emplacement du premier monastère. Les reliques de saint Winoc, présentes à l’église de Saint-Omer depuis le milieu du ixe siècle, sont apportées à la nouvelle abbaye de Bergues une fois le calme retrouvé. Lors de la Révolution française, cette abbaye est presque intégralement détruite.

En Bretagne, son culte est attesté à Plouhinec (Finistère) où, dans l’église Saint-Winoc, il est représenté en habit de bénédictin, près de ses reliques. On trouve des traces du culte de saint Winoc, non seulement à Plouhinec, mais à Briec-de-l’Odet, Combrit, Landrévarzec et Plourin. On retrouve aussi son nom à Landévennec (dont le nom vient de LanToWinnoc). C’est aussi un prénom et un nom de famille connu en Bretagne : Guénec, Guennec et Guennoc.

Un saint du même nom est honoré en Cornouailles sous le nom de Wednack et en sont dérivés les noms de Lanwenock et de Landewednack (équivalent de Landévennec).

Au Pays de Galles, on trouve un saint Gwynnog (ou Gwynno) et un saint Winoch. Le nom de lieu Llanwnog y fait référence.

Crédit photo : Abbaye de St Winoc (cc wikipedia)

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Une réponse

  1. Le saint germanique WINOC ne peut être en pays breton que GWINOG, de la même façon que le saint franc GASTON (diminutif de GAST) est saint VAAST en Normandie, en Picardie et en Wallonie, et sint WAAST en Flandre, ou que le saint germanique WEIT ou VITH sera GUY en pays roman et GWI(ON) en breton.

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