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Dans une étude publiée dans La Bretagne Linguistique en 2018, le linguiste Francis Favereau propose une plongée érudite et accessible dans les racines celtiques de nos langues modernes. Intitulé « Du breton armoricain aux celticismes », son travail s’appuie sur plusieurs décennies de recherches lexicographiques et montre comment le breton constitue aujourd’hui encore un témoin privilégié du vieux fonds linguistique gaulois
Le breton, une langue clé pour comprendre le passé celtique
Professeur émérite de langue bretonne, Francis Favereau rappelle qu’il n’est pas un philologue « classique », mais avant tout un lexicographe, auteur du volumineux Dictionnaire du breton contemporain. C’est en travaillant sur cet outil monumental – plus de 4 000 pages – qu’il a peu à peu mis en évidence un phénomène frappant : la persistance, parfois discrète mais réelle, de très anciens mots celtiques dans le breton actuel, mais aussi dans le français et d’autres langues européennes.
Contrairement à certaines théories récentes qui remettent en cause l’existence même d’un peuplement celtique ancien en Armorique, Favereau défend l’idée d’un continuum linguistique. Selon lui, le breton armoricain, présent sur le continent depuis près de deux millénaires, permet de faire le lien entre le celtique antique et les langues modernes.
Des mots du quotidien hérités du gaulois
L’auteur montre que des milliers de mots bretons trouvent des correspondances directes dans le gaulois ancien. Il évoque par exemple le pluriel breton treid (« pieds »), quasiment identique à la forme attestée en gaulois tardif dans le glossaire de Vienne. Autre cas parlant : des radicaux comme Gall ou Mao, encore très présents dans les patronymes bretons, qui remontent à l’Antiquité.
Plus surprenant encore, Favereau avance des hypothèses audacieuses sur certains mots français. Il suggère par exemple un lien possible entre le mot « camion » et un ancien composé gaulois évoquant des pièces de bois courbes utilisées dans la construction navale. De même, il rappelle que le verbe français « craindre » serait issu d’un ancien radical celtique, toujours perceptible dans certaines prononciations bretonnes.
L’étude met également en lumière les échanges anciens entre le celtique et d’autres langues. Favereau cite ainsi des emprunts du basque à l’ancien celtique, notamment autour du mot argi (« clair »), proche de racines bretonnes liées à la lumière ou à la neige. Il montre aussi comment certains verbes latins, eux-mêmes issus du gaulois, sont passés dans les langues romanes avant de revenir en breton sous une forme transformée.
Sur le plan quantitatif, Favereau estime à environ 5 000 mots le fonds commun facilement identifiable entre le breton et le gallois. Le gaulois ancien, connu surtout par des inscriptions et des noms propres, représenterait près d’un millier d’unités lexicales. Un socle ancien qui a ensuite essaimé dans les langues modernes par dérivations successives.
Ce chiffre est d’autant plus parlant qu’il correspond au vocabulaire courant d’un locuteur moyen, preuve que ces héritages celtiques ne relèvent pas du folklore, mais bien de l’usage quotidien.
La conclusion de l’étude est claire : sans les langues dites « néo-celtiques » – breton, gallois, irlandais – il serait aujourd’hui presque impossible de comprendre les inscriptions gauloises antiques. Favereau insiste sur ce point : ce sont encore les Bretons et les autres peuples celtiques qui permettent d’interpréter ce patrimoine linguistique millénaire.
À travers ce travail, le linguiste livre ainsi une défense rigoureuse du breton comme langue savante autant que populaire, capable d’éclairer toute une part de l’histoire européenne. Une démonstration qui rappelle que la Bretagne n’est pas seulement un territoire, mais aussi un conservatoire vivant de la mémoire celtique.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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Une réponse à “Langues celtiques : comment le breton éclaire encore le gaulois et le français”
On a l’impression que monsieur Favereau réinvente la roue (de camion…) prenons donc l’étymologie de craindre de la base du Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales (inactif depuis 2012) https://cnrtl.fr/etymologie/craindre
On y observe précisément ce que semble découvrir monsieur Favereau. Malgré tout, je reconnais que monsieur Favereau pousse plus loin avec le mot camion, où le Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales est très prudent, comme la totalité des dictionnaires étymologiques.
C’est là que l’article de Breizh info, non signé, devient manipulateur. Oui il y a des débats d’érudits sur les processus qui ont mené à la formation des mots et des langues, oui ces débats sont toujours très vifs et des revues spécialisées comme wekwos y sont consacrées http://www.centchemins.com/wekwos.html (vous remarquerez que le mot gaulois apparaît 2 fois sur cette page web), mais pourquoi faut-il écrire « il a peu à peu mis en évidence un phénomène frappant », ou « ce sont encore les Bretons et les autres peuples celtiques qui permettent d’interpréter ce patrimoine linguistique millénaire »?
Il aurait été moins « excitant » mais moins manipulatuer, de mettre en exergue l’importance du travail de monsieur Favereau sans y ajouter des formulations destinées à laisser entendre quelque révélation révolutionnaire donnant à ce travail le statut de bombe linguistique et en émouvant les bretonnants puisque leur existence même y est la source du savoir linguistique suprême.
C’est dommage… j’aurais aimé un article donnat plus d’informations.