Figure de la scène militante britannique, Tommy Robinson (Stephen Yaxley-Lennon) affirme aujourd’hui avoir entamé un tournant spirituel. Dans un long entretien accordé à The European Conservative, l’ancien fondateur de l’English Defence League (EDL) explique qu’un passage en détention et un accompagnement pastoral régulier l’auraient conduit à se définir comme chrétien pratiquant, avec une formule qui revient comme un aveu : « I’m a Christian. I believe in Jesus. But I’d love to be a better Christian. »
Un itinéraire personnel mis en avant, sur fond de procès en “récupération”
Cette conversion proclamée survient dans un contexte polémique. Une partie du clergé anglican, et des commentateurs, accusent Robinson d’instrumentaliser le christianisme à des fins politiques. The European Conservative rappelle notamment les critiques formulées par le prêtre anglican Giles Fraser, qui l’accuse d’un usage “cynique” de la religion et dénonce ce qu’il appelle le « christian nationalism ».
Les rassemblements récents associés à Robinson ont en effet été marqués par une scénographie religieuse assumée, avec chants, slogans et symboles chrétiens. L’entretien mentionne aussi une cérémonie de chants de Noël organisée à Londres en décembre, qui a suscité une réaction publique de l’Église d’Angleterre, inquiète de voir le langage chrétien capté par des forces politiques.
“Une vie pécheresse”, un désir de “repartir à zéro”
Dans l’interview, Robinson choisit pourtant de ramener la discussion au terrain intime. Il dit avoir mené une existence « pécheresse », évoque ses fautes, notamment familiales, et affirme chercher une forme de “nouveau départ”. Il parle d’un cheminement intérieur plus que d’un repositionnement tactique, décrivant des échanges en prison avec un pasteur, des études bibliques régulières, et une volonté de “devenir un homme meilleur”.
Là où ses détracteurs voient un habillage religieux, lui insiste sur une conversion progressive, nourrie par l’expérience carcérale, l’isolement, et un besoin de sens. Il raconte avoir longtemps “voulu la foi” sans parvenir à l’atteindre, avant que ce travail en détention ne fasse “tomber” certaines résistances.
Critique frontale de l’Église institutionnelle et fracture sociale
L’entretien prend aussi une dimension sociale et politique. Robinson oppose fréquemment l’Église institutionnelle — qu’il accuse de ne pas comprendre les milieux populaires — à des pasteurs rencontrés dans des cadres plus proches du terrain, notamment en prison. Il met en scène une fracture : celle d’une Angleterre populaire, en colère, se disant abandonnée par les élites religieuses comme par les élites politiques, tandis que d’autres forces — en particulier l’islam, selon lui — seraient perçues comme plus structurées, plus disciplinées, plus offensives.
Ce discours s’accompagne d’attaques contre une partie du clergé anglican, accusé de céder sur les symboles, de se plier à des logiques idéologiques contemporaines, et de ne plus offrir un cadre spirituel solide à une jeunesse masculine qu’il décrit comme “désorientée”.
“Il existe une puissance plus grande que moi” : la foi comme issue à l’addiction et à l’autodestruction
Le passage le plus marquant de l’entretien est probablement celui où Robinson relie explicitement sa quête religieuse à une trajectoire d’addiction, de chute et de survie. Il affirme ne pas attribuer son parcours à un “miracle” spectaculaire, mais à une conviction grandissante : « I’ve always known there’s a far greater power than me. I’ve always searched for it. »
Dans le récit qu’il donne, la foi apparaît comme une force de redressement, mais aussi comme une discipline. Il dit avoir longtemps connu le Coran mieux que la Bible — conséquence, selon lui, d’une culture britannique “post-chrétienne” où l’islam aurait paradoxalement occupé plus d’espace symbolique que le christianisme. Il reconnaît au passage son ignorance des fondamentaux chrétiens, tout en affirmant vouloir combler ce vide.
Cette séquence dit quelque chose du moment européen : la repolitisation du religieux, la recherche d’un langage commun, et la tentation d’un retour identitaire par le christianisme — y compris chez des figures très controversées. L’entretien publié par The European Conservative met surtout en lumière un phénomène : le religieux redevient un marqueur public, et il attire autant qu’il divise.
Photo d’illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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Une réponse à “Tommy Robinson revendique une conversion chrétienne après la prison”
Pas étonnant que l’eglise officielle rejette les arguments de Robinson, ces gens-là aiment les migrants chez les autres et quand le petit peuple se révolte ils sont aux abonnés absents