Pendant des années, une règle tacite a structuré la prise en charge médicale de la ménopause : passé 65 ans, le traitement hormonal devait être arrêté. Une limite présentée comme évidente, presque intangible. Aujourd’hui, ce dogme est sérieusement remis en question par une partie croissante du corps médical, qui plaide pour une approche plus individualisée et moins idéologique de la santé des femmes âgées.
Une règle issue d’une lecture prudente… puis figée
L’origine de cette « règle des 65 ans » remonte au début des années 2000, après la publication des premiers résultats de la vaste étude américaine Women’s Health Initiative. Ces travaux avaient mis en avant certains risques potentiels du traitement hormonal substitutif (THS), notamment cardiovasculaires, chez des femmes plus âgées. Par prudence, de nombreux médecins ont alors appliqué un arrêt systématique des hormones à partir de 65 ans, transformant une recommandation circonstancielle en norme rigide.
Or, depuis, la lecture de ces données a évolué. Les analyses ultérieures et les études complémentaires ont permis de mieux distinguer les profils à risque des femmes pouvant bénéficier durablement d’un traitement.
Désormais, plusieurs grandes instances médicales américaines estiment qu’il n’existe pas de limite d’âge arbitraire au maintien d’un traitement hormonal, à condition que la patiente soit suivie régulièrement et ne présente pas de contre-indication majeure. C’est notamment la position de The Menopause Society et de l’American College of Obstetricians and Gynecologists, qui insistent sur l’évaluation annuelle de la balance bénéfices-risques plutôt que sur un seuil d’âge automatique.
La question centrale n’est donc plus « faut-il arrêter ? », mais « comment poursuivre en sécurité ? ».
Le rôle clé du moment de démarrage
Les médecins soulignent un point déterminant : le facteur le plus important n’est pas l’âge auquel on cesse un traitement, mais celui auquel on l’a commencé. C’est ce que les chercheurs appellent l’« hypothèse du timing ».
Lorsqu’un traitement hormonal est débuté au moment de la ménopause, généralement entre la fin de la quarantaine et le début de la cinquantaine, il accompagne l’organisme dans cette transition et participe à la protection des os, des vaisseaux sanguins et de l’équilibre nerveux. En revanche, un démarrage très tardif, plusieurs décennies après la ménopause, nécessite davantage de précautions, notamment sur le plan cardiovasculaire.
Les données scientifiques montrent que le THS reste l’un des moyens les plus efficaces de prévention de l’ostéoporose. Les traitements à base d’œstrogènes réduisent de manière significative le risque de fractures, notamment au niveau de la hanche et des vertèbres. Pour certaines femmes, ils améliorent également le sommeil, les douleurs articulaires et les symptômes vasomoteurs persistants, parfois encore très présents après 65 ans.
Les formes locales, comme les œstrogènes vaginaux, sont largement utilisées pour traiter les troubles urogénitaux liés à la ménopause, avec une absorption systémique minimale.
Des traitements mieux adaptés aux femmes âgées
Autre évolution notable : les modes d’administration. Chez les femmes plus âgées, de nombreux praticiens privilégient désormais les formes transdermiques (patchs, gels, sprays), qui évitent le passage hépatique et réduisent les risques thromboemboliques par rapport aux traitements oraux, une orientation également soutenue par des recommandations européennes.
Cette nouvelle approche repose sur un principe simple : l’autonomie éclairée des patientes, encadrée par une surveillance médicale rigoureuse. Certaines situations restent des contre-indications formelles, comme les antécédents d’accident vasculaire cérébral, d’infarctus ou de cancers hormonodépendants. Mais en dehors de ces cas précis, le traitement hormonal peut constituer, pour certaines femmes, un levier de maintien de la qualité de vie.
À l’heure où le vieillissement féminin est de plus en plus vécu comme une période active et engagée, cette remise en cause des automatismes médicaux traduit une évolution plus large : celle d’une médecine qui cesse de traiter l’âge comme une pathologie, et qui redonne une place centrale à l’individu, à son histoire et à ses choix.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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