Davos : victoire possible de Trump sur l’État profond mondialiste ? [L’Agora]

Donald Trump a, une fois de plus, mystifié tout le monde médiatique. Tous s’attendaient à un drame sur fond de Groenland et sont restés sur leur faim. Mais de drame, il n’y a pas eu. Il faut dire qu’il n’avait pas ménagé ses efforts en menaçant tous les pays d’Europe qui enverraient des troupes, même en quantité homéopathique, sur le sol de ce pays quasi inhabité géographiquement partie intégrante du continent nord-américain, de droits de douanes à croissance exponentielle. Il ciblait particulièrement la France, et surtout son président Emmanuel Macron.

Un discours d’une portée beaucoup plus générale

En fait, le Groenland était un peu secondaire dans le propos du président américain. On ressentait  que cette réunion de Davos était pratiquement dédiée à lui et que sa parole allait à la fois répondre aux questions géopolitiques et tracer les grandes orientations d’un monde en devenir.

L’Union Européenne, si tant est que le terme « union » soit encore approprié, n’a pas échappé à sa critique acerbe. Visiblement, il ne veut pas rentrer dans le jeu qui veut faire d’une chimère une réalité. Les dirigeants européens ont une tendance marquée à considérer que l’Europe existe en tant qu’État-nation pourvu de toutes les institutions nécessaires alors qu’il considére, un peu comme le rappelait de Gaulle, que « les seules réalités internationales ce sont les nations »

Et parmi ces nations, certaines l’inquiètent plus que d’autres, et notamment la France. Il ne croit pas à un grand marché de 450 millions de consommateurs mais préfère rappeler les différences  pour ne pas dire les divergences existantes entre les nations européennes.
Mais la grande nouveauté, pour ne pas parler d’un grand bouleversement, arrive sous la forme d’un « Conseil de la Paix » en cours de création qui sera destiné à supplanter l’ONU.

Une attaque directe contre l’État profond supranational

Depuis 1945, se sont essentiellement développées des institutions « multilatérales ». Par leur nature même, ces institutions s’opposent aux relations « bilatérales » qui régissaient les relations entre deux Etats. La première créée fut l’ONU, sous l’égide du CFR (Council on Foreign Relations) qui reprenait l’esprit de la SDN (Société des Nations) créée en 1919  et dissoute en 1946, remplacée par l’ONU. La charte de l’ONU avait vocation à établir un droit international auquel toutes les nations devaient se conformer. Le rôle historique du CFR dans la politique étrangère américaine après la seconde guerre mondiale est décrit par Daniel Estulin dans son livre « La véritable histoire des Bilderbergers » :

« Depuis 1940, tous les Secrétaires  d’État américains (à la seule exception de James Byrnes, qui devint par la suite Gouverneur de Caroline du Sud) sont membres du Council on Foreign Relations et/ou de son extension, la Commission Trilatérale. Depuis 1940 également, presque tous les Secrétaires à la Guerre et/ou à la Défense sont des membres du CFR. Depuis les 80 dernières années, quasiment tous les conseillers essentiels de la Sûreté Nationale et des Affaires Étrangères  américaines sont membres du CFR. Pratiquement tous les individus au grade de général ou d’amiral, y compris ceux de l’État Major des armées, sans oublier un grand nombre d’officiers supérieurs, sont ou ont été membres du Council on Foreign Relations. » 

Or, le CFR n’était, d’après Carol Quigley dans son livre « l’histoire secrète de l’oligarchie anglo-américaine » que la version américaine du RIIA (Royal Institute for International Afffairs. Ce dernier trouvait son origine dans la très élitiste et mondialiste « Round Table » à laquelle appartenait, entre autres Cecil Rhodes, et voici ce que Quigley écrivait à la page 39 de son livre :

« Cecil Rhodes croyait, comme John Ruskin, que seule l’élite britannique pouvait et devrait diriger le monde pour le bien et le bonheur de l’humanité »
Ce propos est capital et explique idéologie de la domination mondiale et comment les banquiers mondialistes l’ont mise en place. On peut la rapprocher de ce que disait David Rockefeller devant les médias en 2015 : « Nous sommes reconnaissants au Washington Post, au New York Times, Time Magazine et d’autres grandes publications dont les directeurs ont assisté à nos réunions et respecté leurs promesses de discrétion depuis presque 40 ans. Il nous aurait été impossible de développer nos plans pour le monde si nous avions été assujettis à l’exposition publique durant toutes ces années. Mais le monde est maintenant plus sophistiqué et préparé à entrer dans un gouvernement mondial. La souveraineté supranationale d’une élite intellectuelle et de banquiers mondiaux est assurément préférable à l’auto-détermination nationale pratiquée dans les siècles passés. » 

Lorsque l’on connaît le rôle éminent qu’il a joué dans la création de l’ONU, il ne subsiste guère de doute sur le coté globaliste de cette organisation. Et c’est justement la raison pour laquelle Donald Trump, adversaire résolu du globalisme, a décidé d’annoncer à Davos la création de son « Conseil pour la Paix » qui constituerait un véritable acte de décès de l’ONU.

Marc Carney reconnaît implicitement le monde multipolaire

Peu de gens connaissent Marc Carney. Cet « homme de l’ombre » est pourtant un des piliers de la finance mondialiste. Son discours d’août 2019 lors de la réunion annuelle des banquiers centraux à Jackson Hole peut être considéré comme un marqueur du « Great Reset »
A l’époque il terminait son mandat de gouverneur de la Banque d’Angleterre après avoir exercé la même fonction auprès de la Banque du Canada. Bien qu’ayant officiellement dénoncé les dangers du réchauffement climatique en septembre 2015, il décide en 2025, devenu 1er Ministre canadien, de renacer les énergies fossiles afin de faire du Canada «une super-puissance » en matière d’énergie.
Son discours de Davos, se situe un peu en miroir de celui de Donald Trump. Voici ce que publie Le Monde sur ce sujet :

« Sans citer nommément Donald Trump, le premier ministre, issu du Parti libéral du Canada, a fustigé les grandes puissances qui utilisent les droits de douane « comme levier » et les chaînes d’approvisionnement comme « vulnérabilités à exploiter ». Il a diagnostiqué la fin d’un ordre mondial fondé sur des règles, « une fiction utile », et sommé les puissances moyennes de rejeter la coercition des grandes : « Lorsque les règles ne vous protègent plus, vous devez vous protéger vous-même. »

Il reconnaît ainsi la fin de l’ordre mondial actuel basé sur des régles, prélude à la mise en œuvre d’un gouvernement mondial et tente de s’opposer au monde multipolaire qu’il réduit aux trois grandes puissances en tête desquelles figure l’Amérique de Trump. Il appelle ainsi les puissances « moyennes » à se coaliser contre les « grandes ». Il leur reconnaît une potentielle souveraineté d’action qui tranche singulièrement avec la volonté manifeste des mondialistes de vouloir faire disparaître les souverainetés nationales.

Davos 2025 sera probablement le « grand tournant » de la géopolitique mondiale

Si Davos peut être considéré comme la place des joutes verbales où s’opposent les tenants du monde « globalisé » à ceux d’un monde « partagé », l’épicentre du tremblement de terre est ailleurs.
Une lutte sans merci s’est déjà engagée contre la suprématie du dollar. Le mode d’émission de cette monnaie fait qu’un tout petit nombre de personnes la contrôlent sans partage et l’écart entre sa valeur faciale et son coût réel de production fait qu’elle peut être émise pratiquement sans limite.

Beaucoup de pays qui, dans le passé, ont dû passer sous le joug de ses « fourches caudines », se regroupent aujourd’hui afin de s’affranchir de son utilisation et des risques qui y sont inhérents tel, par exemple, à celui de l’extra-territorialité du droit américain. Or, le dollar ne peut rester un instrument de domination qu’à la condition qu’il conserve son double caractère de monnaie internationale d’un côté et monnaie domestique américaine de l’autre. La conséquence de ce double aspect avait été décrite dans le « Dilemme de Triffin » et montre que le dollar est une monnaie non-stable qui génère de par sa conception une inflation permanente.
Le retour à une monnaie stable et possédant une valeur intrinsèque s’impose pratiquement aujourd’hui au système financier, au grand dam de ceux qui émettent le dollar à leur profit. Il est logique de penser que ceux qui gagneront la guerre de la monnaie imposeront finalement leur conception du monde.

Jean Goychman

Crédit photo : Flickr (cc)

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