La diffusion, le 27 janvier 2026, d’un reportage de CNews consacré à l’« influence idéologique » dans certaines universités françaises a provoqué une réaction en chaîne immédiate. Au premier rang des établissements mis en cause figurait Université Rennes 2, devenue en quelques heures l’épicentre d’une polémique nationale. Mais au-delà des indignations de façade, la mobilisation quasi unanime du monde universitaire a surtout mis en lumière ce que beaucoup dénoncent depuis longtemps : un gauchisme devenu institutionnel, de la direction aux syndicats étudiants, laissant peu – voire aucune – place à une autre voie.
Une réaction pavlovienne du monde universitaire
Dès le lendemain de la diffusion, France Universités, qui fédère les présidents d’université, a publié un communiqué d’une rare virulence. Le reportage y est qualifié de mensonger, partial et attentatoire à l’honneur de la communauté académique. La rhétorique employée, opposant une université présentée comme rempart démocratique à une prétendue menace politique extérieure, a surpris par son caractère idéologique assumé.
Plutôt que de répondre point par point aux accusations – blocages répétés, pressions militantes, domination de syndicats marqués à gauche –, l’organisation a préféré invoquer des chiffres globaux, l’excellence académique ou encore le prestige international de l’université française. Une manière d’éluder le cœur du débat : la réalité du climat politique sur certains campus, et notamment à Rennes 2.
Rennes 2, laboratoire militant assumé
À Rennes 2, la réaction a été immédiate et coordonnée. Syndicats étudiants, enseignants militants et représentants institutionnels ont dénoncé un « document hostile », tout en annonçant l’étude de recours juridiques, notamment auprès de l’ARCOM. Le principal syndicat étudiant de l’établissement, revendiquant ouvertement une ligne « à gauche », n’a d’ailleurs pas cherché à dissimuler son projet : faire de l’université un outil de transformation sociale, politique et idéologique.
C’est précisément ce que pointait le reportage : une université où l’engagement militant ne se contente plus d’exister, mais structure la vie du campus, influence les décisions, impose des blocages, dicte les thèmes légitimes et marginalise toute expression dissidente. À Rennes 2, les épisodes de fermeture de campus, de cours suspendus ou de mobilisations à caractère politique se sont multipliés ces dernières années, souvent sans véritable opposition interne.
Le plus frappant reste sans doute l’unanimité de la riposte. De France Universités aux syndicats étudiants, en passant par une grande partie du personnel, aucune voix dissonante ne semble trouver place dans le débat public. Cette homogénéité idéologique, loin de contredire les accusations de CNews, tend au contraire à les confirmer : l’université rennaise apparaît comme un espace idéologiquement verrouillé, où toute critique est immédiatement disqualifiée comme hostile, réactionnaire ou illégitime.
Le communiqué de France Universités, allant jusqu’à assimiler les critiques à une attaque contre la démocratie elle-même, illustre cette dérive. En érigeant l’institution universitaire en sanctuaire idéologique intouchable, ses dirigeants ferment la porte à toute remise en question interne.
Un débat évacué, une question intacte
Que le reportage de CNews soit contesté dans sa forme ou ses méthodes peut s’entendre. Mais la réaction collective qu’il a suscitée n’a apporté aucune réponse de fond sur la réalité du pluralisme intellectuel à l’université. À Rennes 2 comme ailleurs, la question demeure : quelle place reste-t-il pour des étudiants ou enseignants qui ne se reconnaissent ni dans le militantisme dominant, ni dans les mots d’ordre syndicaux, ni dans l’idéologie « progressiste » érigée en norme ?
En ce sens, la levée de boucliers observée ces derniers jours ne constitue pas un démenti, mais bien une confirmation. L’université rennaise, loin d’être un espace de confrontation équilibrée des idées, semble aujourd’hui fonctionner comme un système idéologique fermé, où la contestation n’est tolérée qu’à condition d’aller dans le « bon » sens. Une situation qui pose, au-delà de la polémique médiatique, la question du pluralisme réel dans l’enseignement supérieur français.
Illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle. Breizh-info.com, 2026, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention obligatoire et de lien do follow vers la source d’origine.