Le dernier bilan publié par l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière confirme une dégradation de la situation sur les routes françaises. En 2025, 3 260 personnes ont perdu la vie dans des accidents de la circulation, soit une hausse de 2,1 % par rapport à l’année précédente. Une évolution qui tranche avec les discours officiels sur l’amélioration continue de la sécurité routière et relance le débat sur certains facteurs encore insuffisamment pris en compte.
Parmi eux, l’usage détourné du protoxyde d’azote, plus connu sous le nom de « gaz hilarant », est de plus en plus cité par les experts et les responsables publics comme un facteur aggravant des comportements à risque au volant.
Protoxyde d’azote : une réponse législative encore incomplète
Face à la diffusion massive de cette substance, initialement destinée à un usage médical ou industriel, le ministère de l’Intérieur souhaite durcir le cadre juridique. Laurent Nuñez a récemment évoqué l’intégration du protoxyde d’azote dans un futur texte consacré à la sécurité du quotidien, avec l’objectif de mieux réprimer son usage et son transport, y compris sur la route.
Mais sur le terrain, les forces de l’ordre se heurtent à une difficulté majeure : l’absence d’un dispositif de dépistage officiellement reconnu. Si certaines substances psychoactives peuvent déjà entraîner des sanctions en cas d’accident, le protoxyde d’azote reste largement invisible lors des contrôles routiers classiques, ce qui limite fortement la portée des évolutions législatives annoncées.
Des effets sur la conduite pourtant documentés
Cette invisibilité contraste avec les données disponibles sur les effets du protoxyde d’azote. Selon une étude de l’association 40 millions d’automobilistes, sa consommation peut multiplier par trois le temps de réaction d’un conducteur. Vertiges, troubles de l’équilibre, désorientation et perte de réflexes figurent parmi les conséquences les plus fréquemment observées.
Le problème tient au mode d’élimination rapide de la substance par l’organisme. Les analyses sanguines ou urinaires perdent rapidement toute pertinence, laissant une fenêtre de non-détection durant laquelle un conducteur ayant consommé peu avant un contrôle peut échapper à toute sanction.
Une solution technique pour combler le vide des contrôles
C’est dans ce contexte que la société française Olythe a développé un dispositif de détection spécifique du protoxyde d’azote. Baptisé OCIN₂O, cet outil repose sur une technologie infrarouge non dispersive (NDIR) capable d’identifier la présence de N₂O dans l’air expiré.
Le principe est comparable à celui d’un éthylotest : l’analyse est rapide, non invasive et exploitable directement lors d’un contrôle routier. Selon ses concepteurs, le dispositif permet une détection en une minute et jusqu’à cinq heures après la consommation, y compris à très faibles concentrations. Un atout décisif pour une substance dont la traçabilité biologique est particulièrement limitée.
Rendre la loi applicable sur le terrain
Des tests menés auprès de forces de l’ordre en Belgique et au Danemark auraient déjà montré l’intérêt opérationnel de ce type de solution. Reste désormais la question de sa reconnaissance officielle et de son intégration dans le cadre réglementaire français.
Pour Olythe, l’enjeu dépasse la simple innovation technologique. Tant que le protoxyde d’azote ne sera pas clairement intégré dans les substances assimilées à la conduite sous influence, et tant qu’aucun outil de dépistage ne sera homologué, une part croissante des comportements dangereux continuera d’échapper aux contrôles.
Alors que la mortalité routière repart à la hausse, le débat ne porte plus seulement sur la nécessité de légiférer, mais sur la capacité de l’État à rendre ses lois applicables. Sans moyens de contrôle adaptés, le protoxyde d’azote risque de rester un facteur invisible, mais bien réel, de l’insécurité routière.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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