Adolescents français : une génération moins politisée, plus inquiète de la guerre et de l’insécurité

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Une étude Ifop pour Elle, réalisée fin 2025 auprès de plus de 1 000 adolescents âgés de 15 à 17 ans, dresse le portrait d’une jeunesse française souvent qualifiée de « bof génération ». L’enquête révèle en réalité un ensemble de tendances contrastées : recul de l’engagement politique, inquiétudes nouvelles, attachement fort à la sphère privée et rapport ambivalent à la nation.

Une jeunesse moins politisée et plus distante des partis

Premier enseignement majeur : la faible politisation des adolescents. Près de 45 % des jeunes interrogés déclarent ne se sentir proches d’aucune formation politique, soit deux fois plus que chez les adultes. Sur l’axe gauche-droite, plus d’un tiers refuse même de se positionner, une proportion en nette hausse par rapport aux années 1990.

Chez ceux qui acceptent de se situer idéologiquement, une bascule apparaît : 56 % des adolescents se disent plutôt de droite, contre 44 % à gauche. Cette tendance est très marquée chez les garçons, tandis que les filles restent majoritairement ancrées à gauche. Le fossé idéologique entre sexes apparaît désormais dès l’adolescence.

Des valeurs privées largement dominantes

L’étude confirme un recentrage massif sur la sphère intime. La famille et l’amitié sont les deux valeurs jugées « très importantes » par près de la totalité des adolescents. L’amour, la forme physique et l’argent suivent, loin devant le travail, la patrie ou la religion.

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Comparée aux générations précédentes, la jeunesse actuelle valorise davantage l’argent et la réussite personnelle, tout en entretenant un rapport plus distant au travail et au progrès scientifique. La patrie, elle, recule nettement dans la hiérarchie des priorités.

Une baisse nette du civisme et du sacrifice national

L’un des résultats les plus marquants concerne le rapport à la défense nationale. Seuls 23 % des adolescents se disent prêts à mourir pour défendre leur pays, contre 41 % au milieu des années 1980. La majorité affirme ne pas envisager un tel sacrifice, ou ne pas avoir d’opinion sur le sujet.

Cette réticence est particulièrement forte chez les jeunes sans religion et chez ceux se déclarant progressistes. À l’inverse, les adolescents se situant à droite ou se déclarant croyants religieux sont davantage enclins à envisager un engagement ultime pour le pays.

Guerre, insécurité et climat : nouvelles sources d’angoisse

Contrairement aux générations précédentes, le chômage n’est plus la principale source d’inquiétude. Aujourd’hui, les adolescents citent d’abord la guerre, l’insécurité et la pollution de la planète. La montée des conflits internationaux et le sentiment d’insécurité arrivent nettement en tête, devant les préoccupations économiques.

Si 66 % des jeunes se disent inquiets face à l’avenir, ce chiffre est toutefois en baisse par rapport aux années 1990. Les adolescents se montrent paradoxalement plus optimistes pour leur avenir personnel que pour celui de la France ou du monde.

Une jeunesse globalement heureuse mais désenchantée

Malgré ces inquiétudes, 71 % des adolescents se déclarent heureux, un niveau proche de celui observé chez les adultes. En revanche, ils sont beaucoup moins nombreux qu’autrefois à considérer vivre « le plus bel âge de leur vie ». Ce sentiment de désenchantement est plus marqué chez les jeunes très exposés aux écrans.

L’usage intensif du numérique apparaît comme un facteur structurant : plus le temps passé devant les écrans augmente, plus le niveau d’anxiété progresse et plus le sentiment de mal-être s’installe.

Réseaux sociaux : une jeunesse favorable aux restrictions

Contrairement aux idées reçues, les adolescents ne rejettent pas les limitations numériques. Une majorité se déclare favorable à l’interdiction des réseaux sociaux avant 15 ans, à un couvre-feu numérique nocturne et à une limitation quotidienne du temps d’écran.

Ces positions sont partagées par l’ensemble des profils idéologiques, avec un soutien particulièrement élevé chez les jeunes conservateurs et chez ceux qui passent déjà beaucoup de temps devant les écrans.

Cette étude dessine le portrait d’une génération moins idéologique, moins militante, mais attentive aux réalités du monde. Attachés à leur cercle proche, lucides sur les risques globaux et prudents face aux promesses politiques, les adolescents français apparaissent moins révoltés que leurs aînés, mais aussi moins confiants dans les institutions et les grands récits collectifs.

Illustration : DR

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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