Charge mentale, stress chronique : et si votre “flemme” venait en réalité de votre charge allostatique ?

Il est 11 heures. Notifications en cascade, mails urgents, réunions qui s’enchaînent, café avalé trop vite, nuit trop courte. Vous vous sentez à plat. Pas d’élan. La moindre tâche semble demander un effort disproportionné.

On parle souvent de fatigue, de manque de motivation, voire de paresse. Pourtant, derrière cette impression de « ne plus avoir envie », il pourrait y avoir un mécanisme biologique bien documenté : la charge allostatique.

Comprendre la charge allostatique : l’usure invisible du stress

Le concept a été formulé par les chercheurs Bruce McEwen et Eliot Stellar à l’université Rockefeller. Il désigne l’“usure” physiologique accumulée par l’organisme lorsqu’il est soumis à des stress répétés.

En clair, chaque fois que le cerveau active la réponse au stress – libération de cortisol, d’adrénaline, mobilisation d’énergie – le corps s’adapte. Mais si ces adaptations se répètent sans récupération suffisante, la charge s’accumule.

Cette charge ne disparaît pas d’elle-même. Elle se transporte d’un jour à l’autre. Comme un muscle que l’on solliciterait sans jamais le laisser récupérer, le système nerveux finit par saturer.

À court terme, cela se traduit par une baisse de productivité, une irritabilité accrue, une difficulté à se concentrer. À long terme, les conséquences peuvent être plus graves : épuisement professionnel, troubles du sommeil, problèmes cardiovasculaires, voire maladies chroniques.

Pourquoi la performance s’effondre sans récupération

De nombreux professionnels cherchent à “tenir” plus longtemps, à travailler davantage, à optimiser leur agenda. Mais ils négligent une variable essentielle : l’énergie disponible.

Le temps est fixe. L’énergie, elle, est variable.

La performance de haut niveau ne repose pas sur un effort linéaire et continu, mais sur une alternance maîtrisée entre effort intense et récupération profonde. Des chercheurs comme Jim Loehr et Tony Schwartz parlent d’“oscillation” : le va-et-vient rythmique entre stress et repos.

Dans le sport, cela paraît évident. Un athlète ne s’entraîne pas en continu toute l’année sans pause. Il alterne charges d’entraînement et phases de récupération. C’est durant la récupération que se produit la “surcompensation” : le niveau de performance augmente après le repos.

Dans le monde professionnel, en revanche, beaucoup fonctionnent en mode linéaire : pression constante, disponibilité permanente, récupération minimale. Cette absence d’oscillation conduit au burn-out, équivalent professionnel du surentraînement.

Relaxation n’est pas récupération

Après une journée difficile, beaucoup se détendent devant un écran, parfois avec un verre d’alcool. Cela procure une sensation de relâchement, mais ce n’est pas nécessairement de la récupération au sens physiologique.

La relaxation subjective ne suffit pas toujours à activer le système nerveux parasympathique – celui qui permet réellement au corps de réparer, digérer, ralentir et restaurer ses ressources neurochimiques.

La récupération dite “active” vise précisément à réduire la charge allostatique et à rééquilibrer le système nerveux.

Parmi les pratiques étudiées :

– exercices de respiration contrôlée (comme la cohérence cardiaque ou la respiration 4-7-8) ;
– méditation régulière ;
– exposition au froid ou au chaud (bains froids, sauna) ;
– activité physique fractionnée (HIIT) ;
– immersion en nature ;
– interactions sociales de qualité ;
– sommeil et siestes réparatrices.

Un indicateur objectif souvent utilisé est la variabilité de la fréquence cardiaque (HRV) : plus elle est élevée, plus le système nerveux montre une bonne capacité d’adaptation et de récupération.

Travailler comme un sprinteur, pas comme un marathonien épuisé

Une idée forte ressort des travaux sur la performance : il ne s’agit pas de travailler plus, mais de mieux alterner.

Les profils les plus performants adoptent une logique binaire : soit ils sont totalement engagés, concentrés, à haute intensité ; soit ils sont complètement déconnectés, en récupération réelle. Ils évitent la “zone grise” du demi-travail, où l’on reste devant un écran sans réelle concentration ni véritable repos.

Cette approche implique de planifier la récupération comme on planifie une réunion :
– chaque jour, un temps dédié à la respiration, à la méditation ou au mouvement ;
– chaque semaine, une journée ou demi-journée de coupure réelle ;
– régulièrement, des périodes plus longues de déconnexion numérique ;
– chaque année, de véritables vacances sans surcharge cognitive.

Relever son plafond de performance

Intégrer la récupération active dans son organisation ne relève pas du luxe, mais d’une stratégie de performance durable.

En réduisant la charge allostatique, on élève son niveau de base. Et quand le niveau de base monte, le plafond – la capacité maximale – monte lui aussi.

Autrement dit, ce qui ressemble à de la paresse peut être un signal biologique d’un système nerveux saturé. Nettoyer cette charge accumulée ne rend pas seulement plus productif : cela redonne accès à la concentration profonde, à la créativité, et à cette sensation de fluidité que les chercheurs appellent “flow”.

Osciller plutôt que s’épuiser. Alterner plutôt que s’acharner. À l’heure où le burn-out progresse dans de nombreux secteurs, cette logique pourrait bien devenir un enjeu majeur de santé publique autant que de performance économique.

Photo : Pixabay (cc)

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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