L’Europe entre dans une nouvelle ère démographique. L’édition 2026 de l’Observatoire Cetelem de la consommation met en lumière un basculement silencieux mais massif : la population européenne vieillit à grande vitesse, tandis que la natalité poursuit sa chute. Ce « choc démographique » n’est plus une projection théorique. Il transforme déjà en profondeur la société, l’économie et les comportements de consommation.
Selon les projections citées dans l’étude, l’Union européenne atteindrait un pic démographique en 2026 avant d’entamer un lent déclin, pour passer de 453 millions d’habitants à environ 419 millions en 2100. Les seniors représenteraient alors près d’un tiers de la population, avec un âge médian approchant les 50 ans. En France, les plus de 60 ans devraient être 23 millions dans les prochaines années, soit cinq millions de plus qu’en 2021.
Des seniors lucides mais inquiets
Les Européens estiment qu’on devient « senior » à 62 ans en moyenne. Pourtant, l’âge réel de départ à la retraite se situe autour de 65 ans. Cette génération, numériquement plus importante que jamais, se montre plus pessimiste que la moyenne sur la situation de son pays et sur son pouvoir d’achat. Plus d’un senior sur deux estime que son pouvoir d’achat a reculé ces derniers mois.
Le vieillissement est perçu comme un enjeu national majeur par 85 % des Européens. Le principal sujet d’inquiétude concerne le système de santé : 66 % anticipent un impact négatif du vieillissement sur ce secteur. Le renforcement du système de santé apparaît ainsi comme la priorité numéro un face à l’augmentation du nombre de seniors.
Santé, autonomie, cadre de vie : les nouvelles priorités
« Bien vieillir en bonne santé » est la priorité de 8 Européens sur 10, et de 91 % des plus de 60 ans. L’attachement à l’autonomie est massif : 83 % des seniors souhaitent vivre chez eux le plus longtemps possible.
La santé devient un poste économique central. Les dépenses de santé représentent déjà plus de 11 % du PIB en France et plus de 12 % en Allemagne. Parallèlement, les dépenses liées au bien-être représentent entre 8 % et 10 % du PIB dans plusieurs pays européens.
La numérisation accompagne ce mouvement : télémédecine, objets connectés et technologies prédictives suscitent un intérêt croissant. Quatre seniors sur dix utilisent déjà ces outils ou envisagent de le faire.
Une consommation plus mesurée, plus ciblée
Contrairement aux idées reçues, les seniors ne sont pas des consommateurs désengagés. Ils privilégient la qualité et le prix, réduisent certaines dépenses mais maintiennent celles liées aux loisirs et au bien-être. Leur consommation se numérise progressivement, même si l’adoption des nouvelles technologies reste plus prudente que chez les plus jeunes.
Le paradoxe est frappant : alors que 56 % des Européens déclarent vouloir accroître leur épargne en 2026, les intentions d’épargne des seniors sont nettement plus faibles. Leur priorité n’est plus l’accumulation mais la sécurisation et la transmission.
Un modèle social sous tension
Le croisement des courbes – baisse des naissances, hausse des décès liés au vieillissement – annonce une pression accrue sur les systèmes de retraite et de protection sociale. En France comme dans l’ensemble de l’Union européenne, le solde naturel est désormais négatif.
Pour autant, l’étude souligne un point essentiel : 7 Européens sur 10 considèrent les seniors comme une chance pour leur pays. Ils constituent un pilier économique, social et familial, apportant soutien financier, transmission des compétences et stabilité.
L’Europe vieillit. Elle devra adapter son modèle social, son système de santé, son organisation du travail et ses priorités budgétaires. Mais une chose est sûre : la consommation change d’âge, et avec elle, c’est tout un équilibre démographique qui redéfinit l’avenir du continent.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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