À Quiberon, dans le Morbihan, une copropriété a récemment décidé de tourner la page du traditionnel digicode permanent pour adopter un système de gestion d’accès plus sophistiqué. Une initiative qui intervient dans un contexte régional marqué par une progression sensible des cambriolages.
Selon les données du service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI), le Morbihan a enregistré 2 673 cambriolages en 2025, contre 2 305 en 2024. Soit 368 faits supplémentaires en un an. Une hausse qui alimente les inquiétudes, y compris dans des territoires réputés plus paisibles.
Des accès d’immeubles devenus poreux
Dans de nombreuses résidences, le code d’entrée est diffusé à grande échelle : livreurs, prestataires, visiteurs occasionnels, occupants en location saisonnière… Le problème, c’est que ce code est rarement modifié. Résultat : des milliers de personnes extérieures peuvent conserver un accès durable aux parties communes.
Une enquête menée par la start-up Kivala auprès de 1 103 résidents vivant en appartement met en lumière cette vulnérabilité. Seuls 51 % des Français vivant en immeuble disposent d’un code d’accès à l’entrée, un chiffre en progression par rapport à 2019 mais loin d’être généralisé. L’autre moitié fonctionne avec des interphones souvent vétustes.
Plus préoccupant encore : 65 % des répondants jugent le code d’accès classique inefficace contre les intrusions. Et 69 % déclarent ne pas se sentir protégés par ce dispositif.
Jusqu’à 3 000 personnes connaissent le code
Le chiffre avancé par l’étude a de quoi interpeller. Dans un immeuble moyen de 20 logements, avec en moyenne trois visiteurs extérieurs par semaine et par appartement, plus de 3 000 personnes peuvent connaître le code d’accès sur une année.
Vols de colis, de vélos, de poussettes, occupations illicites des parties communes : autant de situations qui prospèrent lorsque le contrôle d’accès devient symbolique.
La perception du risque est particulièrement forte chez les femmes : 74 % d’entre elles déclarent ressentir de la peur lorsqu’un inconnu sonne à leur porte, contre 18 % des hommes affirmant éprouver la même inquiétude.
Une solution basée sur des codes personnalisés
C’est dans ce contexte qu’un immeuble de Quiberon a choisi d’expérimenter une solution développée par la start-up française Kivala, fondée en 2023 par Jonathan Lascar, ancien de Bpifrance Le Hub.
Le principe : remplacer le code permanent par des codes personnalisés et à usage unique, générés via une application. Le résident peut autoriser l’accès ponctuel d’un visiteur, même à distance, communiquer en visio, et consulter l’historique des entrées.
La solution comprend une platine tactile installée à l’entrée et une interface dédiée aux syndics, permettant de gérer facilement les accès. L’entreprise indique équiper déjà 200 immeubles et avoir remporté le Grand Prix de la Copro 2024.
Une attente massive de modernisation
À la question « aimeriez-vous pouvoir personnaliser le code de votre immeuble afin de sécuriser les entrées ? », plus de 90 % des personnes interrogées répondent positivement. Le besoin de solutions plus souples et plus traçables semble largement partagé.
Pour les syndics et les copropriétaires, la question dépasse désormais le simple confort : il s’agit de limiter les risques d’intrusion et de restaurer un sentiment de sécurité, notamment dans les immeubles collectifs où la rotation des visiteurs est constante.
À Quiberon, la copropriété engagée dans cette démarche espère ainsi réduire les accès non maîtrisés et renforcer la protection des parties communes. Dans un département où les cambriolages progressent nettement, la sécurisation des entrées d’immeubles devient un enjeu concret du quotidien.