La troisième journée du Tournoi des Six Nations 2026 a dessiné une ligne de fracture nette dans la compétition. D’un côté, une France solide, clinique, installée en tête. De l’autre, une Angleterre sonnée à Twickenham. Entre les deux, une Irlande impressionnante et un pays de Galles qui, malgré la défaite, a retrouvé un peu d’âme.
L’Irlande donne la leçon à Twickenham
À Twickenham, l’Irlande d’Andy Farrell a livré l’une de ses partitions les plus abouties de ces dernières années. Victoire large (42-21), maîtrise technique, domination au sol, et une capacité à accélérer dès que la défense anglaise s’effritait.
Jamison Gibson-Park, élu homme du match, a donné le tempo. Autour de lui, Stuart McCloskey, Caelan Doris ou Tadhg Beirne ont imposé une densité et une précision chirurgicales. Huit franchissements, 28 défenseurs battus, une avalanche de mètres gagnés après contact : l’Irlande n’a pas seulement gagné, elle a disséqué l’Angleterre.
Côté anglais, le constat est brutal. Après une série de 12 victoires consécutives en ouverture du tournoi, les hommes de Steve Borthwick ont enchaîné deux revers cinglants, d’abord à Murrayfield contre l’Écosse, puis à domicile face aux Irlandais. George Ford a promis une analyse « honnête » et « inconfortable ». Il le faudra.
La discipline est défaillante, les débuts de match catastrophiques. Deux semaines de suite, l’Angleterre s’est retrouvée à courir derrière le score. Freddie Steward et Henry Pollock ont payé au prix fort des fautes cyniques, et l’indiscipline chronique a offert des points faciles à l’adversaire. Au breakdown, l’Irlande a dominé sans partage : sept turnovers contre un seul côté anglais.
Ellis Genge a reconnu que le groupe avait peut-être « cru au battage médiatique » après le premier succès. L’Italie, prochaine étape à Rome, s’annonce désormais comme un match sous haute tension. Les certitudes ont disparu, les doutes s’installent.
La France, autorité tranquille à Lille
Pendant que Twickenham vacillait, le stade Pierre-Mauroy de Villeneuve-d’Ascq vibrait. Le XV de France a disposé de l’Italie 33-8 et reste seul en tête avec 15 points. Trois matches, trois victoires, un sans-faute.
Louis Bielle-Biarrey a lancé la soirée dès la 4e minute. Les Italiens, courageux, ont résisté en première période, mais les Bleus ont su construire leur avance avec patience. En seconde mi-temps, la maîtrise territoriale et physique a fini par étouffer la Squadra Azzurra.
Gaël Dréan, titularisé pour la première fois, a inscrit un essai précieux à la 72e minute, synonyme de bonus offensif. Emilien Gailleton a ensuite scellé le score. Ce succès n’a pas été flamboyant de bout en bout, mais il confirme une chose : la France sait gagner même lorsque tout n’est pas parfait.
La défense reste solide, la conquête stable, et l’équipe avance avec méthode. À mi-tournoi, les Tricolores ont pris une longueur d’avance psychologique.
Le Pays de Galles : la douleur et la promesse
À Cardiff, le Pays de Galles s’est incliné 26-23 face à l’Écosse après avoir mené 20-5 puis 23-12. Une défaite cruelle, la 24e en 26 matches depuis l’automne 2023, mais aussi l’une des prestations les plus cohérentes de l’ère Steve Tandy.
Aaron Wainwright a été immense, multipliant les charges et les plaquages. Dewi Lake et Rhys Carre ont redonné du tranchant au pack gallois. Sam Costelow, avant sa sortie sur blessure, a su orchestrer avec justesse.
La défense, longtemps friable ces derniers mois, a montré des progrès réels, même si le relâchement sur l’essai de Darcy Graham – sur un renvoi rapidement joué par Finn Russell – a coûté cher. Le Principality Stadium, plein à craquer, a retrouvé une ferveur qui manquait cruellement.
Le pays de Galles reste englué dans les statistiques négatives, mais il a montré qu’il pouvait encore rivaliser. Reste à transformer l’espoir en résultats.
Après trois journées, la France mène, l’Écosse et l’Irlande restent à l’affût, l’Angleterre doute, le pays de Galles lutte pour sortir la tête de l’eau. Le Tournoi 2026 n’est pas encore joué, mais les dynamiques sont claires.
Les Bleus avancent avec sérénité. L’Irlande rappelle qu’elle demeure une machine collective redoutable. L’Angleterre, elle, doit retrouver sa lucidité et sa rigueur, sous peine de voir sa campagne sombrer définitivement.
À mesure que le printemps approche, le Tournoi s’intensifie. Et déjà, chaque équipe joue plus que des points : elle joue sa crédibilité.
Illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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